diablogues

 
Samedi 5 avril 2008
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    (oui, faute d'idée pour le titre, autant verser dans le fédérateur)


  • Et voilà, j'avais fait une compil d'avril et en plus ça rimait et vlatipa qu'over-blog a dû décider de ne pas remplacer un admin parti en retraite sur deux ou je sais pas mais c'est la chienlit les enfants, j'vous l'dis, la chienlit.
    Donc en lieu et place j'ai tout mis bout à bout ici. Te plains pas, ça te fait comme un blind-test, c'était très la mode il y a, fiou, longtemps longtemps, la première dame ressemblait encore à Jeanne Calment, t'as qu'à voir.

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    mots-clé du jour :
     Douches collectives pour militaires / Aldo Maccione

Vendredi 28 mars 2008
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  • Après l'overdose de "nouveau rock" subie il y a déjà quelques années (dont le pendant franchouillard peuplé de prépubères éructant maladroitement du Iggy Pop revisité par Plastic Bertrand ne fut pas le moindre des désagréments), je deviens de plus en plus irritable à chaque fois que j'entend une petite voix de fille armée d'une guitare qui m'explique à la radio que l'amour c'est compliqué toussa. Les filles et les garçons, arrêtez de croire que chantonner tout seul avec une guitare, c'est fastoche. Non, c'est pas fastoche, ça demande une grande précision ou quelques tripes, ce qui ne court pas les rues, surtout les deux ensemble.

    C'est bien simple, pour un peu, je zapperais La nouvelle star, qui déborde de guitareux livrés directement avec le tabouret dans le cul. En plus, c'est Amandine qui va gagner, on va pas s'mentir, alors, à quoi bon. Au moins, la voir en prime permettra de décider si elle ressemble à Courtney Love jeune ou à un vieux cocker. Ou alors c'est Courtney qui ressemble à un cocker. Va savoir, ces derniers temps, on la croirait plutôt sortie d'un remake moldave de Nip/Tuck. Etrangement, c'est pile-poil au milieu de cette reflexion ô combien essentielle que je zappais sur la ouane, tombant sur un gros plan de Ribéry.
    Tout ça pour dire que j'ai eu du mal à m'endormir.

    Demain, j'te raconte mon fils de 8 ans qui me demande "c'est quoi en fait, la baise ?". Ou pas.

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    mots-clé du jour :
    Enfer abrupt / Rick Hunter sur Gigistudio

    PA : cherche 3 pièces à louer à Paris, prox. Gare du Nord, entre 50 et 500 m², loyer mensuel max. 6000
    (6000 francs s'entend)

par boultan publié dans : à vivre
Samedi 22 mars 2008
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  • Trois monstres à la maison, pyjama-party, 8 ans, des cadeaux et de la pizza, heavy rotation entre les ateliers Gamecube, flipper, photos et Légo.


  • - Moi, j'adore Groland, je regarde tout l'temps !
    - Euh, c'est pas un peu pour les grands ? Tu regardes chez ton père ou chez ta mère ?
    - Bah, c'est pareil, ils sont encore ensemble mes parents !


  • (donc, ça existe encore)(étonnement)


  • L'intérêt d'accueillir les gosses des autres, c'est de se rappeler pourquoi, en avoir fait un, ça suffit bien.

    (Encore que)(dans d'autres circonstances)


  • Les garçons, c'est bien parce que c'est couillon, intégralement premier degré. Ca chuchote à 120 dB, ça roule des mécaniques. Pas méchant pour deux ronds, à cet âge-là.

    - Venez les mecs, j'ai les jumelles, on va voir si y'a des femmes toutes nues en face !


  •  En brochette sur le canap', beaux comme une pub Benetton.

  • La mère d'U., c'est le sosie de Shirley (pas de Shirley Manson, de Shirley et Dino), avec du vert en placo sur les yeux et les lèvres roses que même les vendeuses de chez Ed, elles osent pas.
    Et le père est fan de Dick Rivers, j'en suis sûr.


  • - Moi, mon cousin, il est chanteur de rap
    - Oh, comme à la télé ? Il est bling-bling, ton cousin ?


  • Et de me re-raconter cette magnifique idée d'A., gros nounours limité mais gentil, qui voulait "écraser les boules rouges des arbustes de l'école et les servir à l'apéritif à Nicolas Sarkozy pour l'empoisonner".


  • Comme disait l'ancien mari de l'ex-femme de la cible, "les enfants sont formidables"

    (bon, sinon, je peux plus faire les toutes petites lettres)
    (plaintes de la société française d'ophtalmologie)

   

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    mots-clé du jour :
    charles villeneuve / david hamilton

par boultan publié dans : à vivre
Mardi 18 mars 2008
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  • Voilà, c'est tout.

    Ah, si : marre de devoir débattre avec d'horripilants contradicteurs gauchistes ? Que n'as-tu pas encore retiré ton exemplaire du merveilleux petit livre rouge-brun, gorgé d'arguments prêts à l'emploi !
     


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Mercredi 12 mars 2008
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  • Cher Claude Lelouch,
     
  • Hier, on a vu ton dernier film, Paris. Et bah, comme tous les chouettes films que tu as signés de ce curieux pseudonyme de Klapisch (ça veut dire "clapier" en allemand, non ?), on n'a pas été déçu, y'avait tout ce qu'on aime dedans. 
    Déjà, les jolis monuments de Paris, enfin, les trois plus connus, on les voit super bien. C'était une chouette idée de les caler en longs travelings entre chaque plan, c'est joli comme une carte postale et aussi fidèle que les grands films américains sur Paris, on a l'impression de voyager !
    Y'a aussi une belle brochette de personnages hauts en couleur, comme ils disent dans Téléstar : une boulangère raciste, un taxi râleur, une assistance sociale paumée, un maraicher relou, un prof d'histoire en velours côtelé... Mais où vas-tu chercher tout ça ? Quelle imagination, c'est dingue ! Avec toutes ces nuances, heureusement que tu n'hésites jamais à bien surligner ce que pense chaque personnage, sinon, on aurait été un peu perdu. Alors que là, pas du tout, c'est clair comme un bon Julie Lescaut. 
    On a aussi appris plein de trucs, par exemple que tous les gentils africains rêvent de venir chez nous vider les poubelles, comme le chantait si bien le grand philosophe Pierre Perret avant sa fameuse diatribe post-freudienne "Le zizi". 
    Y'a aussi des métaphores trop futées, comme ces top-models idiotes qui se font prendre comme des ouvrières au milieu des carcasses de viande à Rungis... 
    On avait déjà adoré tes récents sitcoms avec tout plein de jeunes gens venant de tout plein de pays (j'ai oublié les titres, mais tu sais, y'avait l'italien qui parle avec les mains, l'allemand sérieux, le russe alcoolique, le français dragueur, l'anglaise timide... trop bien vu cloclo !). Mais là, c'est bien simple, on a décidé d'écrire au directeur des programmes de FR3 pour qu'il te confie la direction artistique de Plus belle la vie. Juste, faudra plus faire travailler Juliette Binoche à l'avenir, elle n'est pas dans le ton, la pauvre, elle fait trop de nuances. Prends plutôt Bérénice Béjo ou Ophélie Winter, c'est un conseil de cinéphiles.
     
  • PS : On n'a pas bien compris pourquoi les journaux parlent d'un "film Coral". Le rapport avec la lessive nous a échappé. A vrai dire, on aurait plutôt appelé ça un film "Panini", avec tout plein de vignettes criardes dedans. Encore bravo.
     


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par boultan publié dans : à voir
Jeudi 6 mars 2008
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  • Juste pour dire que le mix de mars sent bon la guitare et le feu de camp (faut dire ça caille)(alors hein).
    Et aussi pour le plaisir de partager quelques chouettes mots-clés :  

    Delanoé passe la surmultipliée : plage nudiste en republique
    mauvaise adresse : photo de jonnhy haliday
    mais c'est vrai ça : que devient corrine charby
    âge mûr et : pieds qui chauffent
    trop rapide pour google : clara morgane voir mintenant des extrait de 5 minu...
    bernard, on t'a reconnu : pj harvey sans culotte 
    éternel fantasme du rayon surgelés : levrette liste de courses 


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Jeudi 28 février 2008
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  • Chère Nadine Morano,
     
  • J'avoue, durant la dernière campagne présidentielle, je vous confondais un peu avec Valérie Pecresse. Même idolâtrie du chef, même coiffeur-visagiste Sainte-Algue, mêmes symptômes évidents du virus de la rage : vous ne me facilitiez pas la vie de citoyen, infoutu que j'étais de discerner bougredane de bougredandouille. Cela faisait même tâche dans le parfait casting de l'aéropage féminin du candidat UMP : une noire, une arabe, mais deux fausses blondes à bagouses. On se serait davantage cru à Cannes qu'à l'Elysée. Bref.
     
    J'ai, depuis, appris à vous distinguer de votre consoeur (en un mot) dont la ténacité de pitbull épileptique et la mauvaise foi érigée en mode de communication s'adoucissent parfois d'un demi-sourire presque humain et, parait-il (mais on dit tellement de choses), de certaines compétences professionnelles. Autant dire que la différence est nette avec vous, Nadine, à qui l'on s'est bien gardé de confier le plus insignifiant des maroquins - vous auriez de toute façon sans doute demander à Brice Hortefeux d'expulser l'importun illico presto. La décence m'interdit bien sûr d'évoquer ici votre physique qui, à défaut de vous ouvrir les portes du harem des femmes-de-présidentiables, vous laisse quelques espoirs en femme-de-ministrable si jamais Claude Allègre force un peu trop sur la Clairette de Die lors de sa future nomination au gouvernement.
     
    Vous le devinez, ce sont vos récentes déclarations qui m'ont poussé à vous écrire ces quelques mots, comme le dégoût pousse l'ado à s'éclater une pustule. Accompagnée en cela par l'innénarable souverainiste Yges Jégo, vous accusâtes, en réaction aux timides balbutiements de reproches sussurés par quelques responsables de l'opposition à l'encontre des gesticulations constitutionnelles relatives à la loi promulguant l'emprisonnement à vie des peut-être-coupables-un-jour-sait-on-jamais, vous accusâtes, donc, les socialistes "de se ranger du côté des assassins". Phénomène amusant, selon les sismographes les plus précis, on aurait alors très distinctement perçu Marcel Déat et Pierre Poujade flatuler d'aise du fond de leurs tombeaux, rendant ainsi hommage à la gluante abjection de cette tirade sordide. Cette résurrection, même éphémère et purement gastrique, mérite d'être soulignée.
     
    Sachez, madame, que je ne suis moi non plus pas complètement persuadé que l'enfermement à vie d'individus seulement coupables d'être suspects constitue une avancée décisive vers l'excellence humaniste. Je dois donc, en toute logique, être rangé aux côtés des violeurs d'enfants. Vous comprendrez que cela me gène un peu aux entournures.
     
    Mais, après tout, j'éprouve aussi quelques doutes quant à la pertinence d'écraser un gamin de 9 ans vivant en France sous le poids d'un gamin de 9 ans mort en Pologne. J'imagine que cela me met en bonne place parmi les responsables de l'holocauste. Quitte à être affublé d'un uniforme, j'aurais préféré devenir pompier, 'voyez.
     
    Sans vouloir trop plomber mon dossier, j'ajouterais quand même au tableau que la mode des grumeaux religieux régulièrement touillés avec le fait politique me parait du plus mauvais goût. En cela, je confesse avoir davantage subi l'influence de mes maitres d'école que de mon curé de paroisse, ce qui a le mérite de me classer dans le référentiel "Tout devient possible" parmi les imoraux incapables de distinguer le bien du mal, et m'absout sans doute des turpitudes susnommées.
     
    Votre mentor, que vous finirez bien par dépecer au jour de sa déchéance avec les autres hyènes qui l'entourent, s'était, un soir de débat télévisé, montré des plus narquois envers une rivale dont la "saine colère" lui avait paru outrancière et incompatible avec la fonction présidentielle. Il est vrai que la discorde ne portait alors que sur le sort des handicapés, et pas sur une poignée de main refusée à un égo dont on ne sait plus s'il est soutenu par le Medef ou dopé par Medellin. Et bien, chère Nadine, c'est sous l'emprise d'une saine colère que je me permet, aujourd'hui, de vous conchier et de vous souhaiter tout le malheur du monde.

    Bien à vous 
    (le malheur)
     
  • PS : Je laisse à mon brillant lectorat le soin de trouver une illustration qui siéra (animaux autorisés).
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Dimanche 17 février 2008
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    J'allais t'expliquer longuement pourquoi Cloverfield manque le coche à peu de choses près (manque d'empathie pour les personnages, concept de caméra embarquée visiuellement sous-employé et carrément ignoré pour la prise de son, reflexion sur le citoyen-cinéaste restée à l'état embryonnaire) malgré plein de bonnes idées. 
    J'allais aussi te raconter qu'un film comme Juno où les gens rient sur Belle & Sebastian et pleurent sur Cat Power entre illico dans le panthéon des "bons petits films indés US" - catégorie "made-my-day-movies".
     

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    Mais j'ai mieux.
     
    Beaucoup mieux.
     
    *suspense*
     
    Over-blog a changé d'interface de gestion et donne désormais les mots-clés google ayant permis d'accéder au bouzin ! 

    Florilège :
     
  • faux-jeton : Avril lavigne et ses occupations
    plus franc : Avril lavigne levrette
    cinéaste amateur : mise en scènes salopes backs
    droit au but : pas de culotte
    petites annonces : femme 60 ans libre pour l'amour 92
    grolandais du bled : je mourirais pour toi en algerien
    enfermé chez lui avec 2000 boites de raviolis : ouvre boite
    décidemment il est partout : Petit avec des grandes oreilles
    bande de malades : Guy Carlier petite fille a rio
    chacun sa came : marie ange nardi en collants
    l'inconnue du mois : karine tessandier
    littérature et intoxication alimentaire : mayonnaise verte moderato cantabile
    enfin une bonne recherche : musique pour faire l'amour
    JP Pernaut surfe aussi : tut nu victoria roue de la fortun
    ma fierté : trotsky tue le ski
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par boultan publié dans : à voir
Jeudi 14 février 2008
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    M. Sarkozy a affirmé avoir "demandé au gouvernement, et plus particulièrement au ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, de faire en sorte que, chaque année, à partir de la rentrée scolaire 2008, tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d'un des 11.000 enfants français victimes de la Shoah".

    Questions :
     
  • - Y'aura un kit pour expliquer aux parents comment parler de l'holocauste à un enfant de 10 ans ? 
    - Y'a trois synagogues autour de l'école de mon gamin, on fera des "regroupements familiaux" pour que le jeune Joshua puisse parainner son grand-oncle mort à Aushwitz ?
    - Est-ce que le journal d'Anne Franck sera lu dans les vestiaires des bleus à l'Euro cet été ?
    - Est-ce qu'on pourra parrainner un tsigane ou un homosexuel, ou bien c'est pour l'année prochaine ?
    - Est-ce qu'on notera les enfants pour récompenser les bons parrains des mauvais parrains ?
    - Est-ce qu'on allègera le rythme des expulsions de maliens pour libérer un peu de temps aux policiers - dont la contribution zélée mériterait sans doute quelque hommage posthume, à l'heure où il est de bon ton de blâmer l'inefficacité de la fonction publique ?
     
  • "Si les religions sont impuissantes à préserver les hommes de la haine et de la barbarie, le monde sans Dieu, que le nazisme et le communisme ont cherché à bâtir, ne s'est pas révélé tellement préférable" - soit un non-sens total de la laïcité assimilée à un monde sans Dieu, mixé avec un parallèle immédiat avec le nazisme et le stalinisme (rebaptisé communisme pour l'occasion, on n'est plus à ça près) 
        
  • "Je ne rencontrerai pas, je ne serrerai pas la main de gens qui refusent de reconnaître l'Etat d'Israël", bah voyons...
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Samedi 9 février 2008
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  • Hier dans le métro, mon volubile voisin de banquette lançait à son pote un savoureux :
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  • - T'vois, c'te fille, déjà elle est teubé mais en plus elle a trop les yeux globuleux, comme un poisson pané !
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  • juste quand je lisais l'équivalent balzacien dans Modeste Mignon :
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  • Madame Latournelle, fille du greffier du tribunal de première instance, se trouve suffisamment autorisée par sa naissance à se dire issue d'une famille parlementaire. Cette prétention indique déjà pourquoi cette femme, un peu trop couperosée, tâche de se donner la majesté du tribunal dont les jugements sont griffonnés par monsieur son père. Elle prend du tabac, se tient roide comme un pieu, se pose en femme considérable, et ressemble parfaitement à une momie à laquelle le galvanisme aurait rendu la vie pour un instant. Elle essaye de donner des tons aristocratiques à sa voix aigre ; mais elle n'y réussit pas plus qu'à couvrir son défaut d'instruction. Son utilité sociale semble incontestable à voir les bonnets armés de fleurs qu'elle porte, les tours tapés sur ses tempes, et les robes qu'elle choisit. Où les marchands placeraient-ils ces produits, s'il n'existait pas des madame Latournelle ? Tous les ridicules de cette digne femme, essentiellement charitable et pieuse, eussent peut-être passé presque inaperçus ; mais la nature, qui plaisante parfois en lâchant de ces créations falottes, l'a douée d'une taille de tambour-major, afin de mettre en lumière les inventions de cet esprit provincial. Elle n'est jamais sortie du Havre, elle croit en l'infaillibilité du Havre, elle achète tout au Havre, elle s'y fait habiller ; elle se dit Normande jusqu'au bout des ongles, elle vénère son père et adore son mari. Le petit Latournelle eut la hardiesse d'épouser cette fille arrivée à l'âge anti-matrimonial de trente-trois ans, et sut en avoir un fils. Comme il eut obtenu partout ailleurs les soixante mille francs de dot donnés par le greffier, on attribua son intrépidité peu commune au désir d'éviter l'invasion du Minotaure, de laquelle ses moyens personnels l'eussent difficilement garanti, s'il avait eu l'imprudence de mettre le feu chez lui, en y mettant une jeune et jolie femme. Le notaire avait tout bonnement reconnu les grandes qualités de mademoiselle Agnès (elle se nommait Agnès), et remarqué combien la beauté d'une femme passe promptement pour un mari. Quant à ce jeune homme insignifiant, à qui le greffer imposa son nom normand sur les fonts, madame Latournelle est encore si surprise d'être devenue mère, à trente-cinq ans sept mois, qu'elle se retrouverait des mamelles et du lait pour lui, s'il le fallait, seule hyperbole qui puisse peindre sa folle maternité. 
  • - Comme il est beau, mon fils !... disait-elle à sa petite amie Modeste en le lui montrant, sans aucune arrière-pensée, quand elles allaient à la messe et que son bel Exupère marchait en avant. 
  • - Il vous ressemble, répondait Modeste Mignon comme elle eût dit : Quel vilain temps !
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  •  L'esprit français demeure.
  • (hum)
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par boultan publié dans : à lire
 
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