diablogues

 
Vendredi 29 avril 2005

- T’es beau, t’es beau parce que t’es courageux de regarder dans le fond des yeux celui qui te défie d’être heureux

- Arrête, tu m'gênes là... Bon, c'est vrai, des fois j'm'auto-kiffe devant ma glace...

- T’es beau, t’es beau comme un cri silencieux, vaillant comme un métal précieux qui se bat pour guérir de ses bleus

- Oui, enfin là j'suis pas sûr de tout saisir, mais pour sûr que j'suis un vaillant-précieux-machin qu'tu dis... à mes heures... 'fin j'imagine... T'aurais pas repris la fumette toi ?

- C’est comme une rengaine, quelques notes en peine, qui forcent mon cœur, qui forcent ma joie quand je pense à toi

- Si j'peux rendre service, hein !

- Toi qui sors de scène, sans armes et sans haine, j’ai peur d’oublier, j’ai peur d’accepter, j’ai peur des vivants à présent.

- Bah, tu t'en remettras, hauts les coeurs ! Allez, pour la peine, c'est pour moi le Schweppes, cadeau d'la maison ! Bon, dis, steup, tu m'le redis, le début là, que j'suis beau et précieux et tout ? Hein ? Quoi ? Ah oui, merde, remettre la chanson au début, j'oublie à chaque fois...

 

 

(C'est pas qu'il soit inoubliable son album à Pauline, mais celle-là, elle passe bien en boucle dans la tête, façon tournicoti-tournicoton - ou alors c'est un truc de mec, possible. En même temps, moi, les filles qui chantent, c'est pas tenable, j'fond plus vite qu'un Mister Freeze à Benicassim, du genre à écouter pendant une heure non-stop la bluette nippone qui clôt Le royaume des chats...)

Jeudi 28 avril 2005

Gould eut quatorze ans. Shatzy offrit à tout le monde un dîner dans un restaurant chinois. A la table à côté d'eux il y avait une petite famille : père, mère, et une fille, petite. La fille s'appelait Melania. Le père s'était mis en tête de lui apprendre à se servir des baguettes. Il parlait avec un accent un peu nasal.

- Prend la baguette dans ta petite main… comme ça… d'abord une, chérie, prends-la bien, tu vois ? tu dois la serrer comme ça entre le pouce et le majeur, pas comme ça, regarde… Melania, regarde papa, tu dois la tenir comme ça, voilà, c'est bien, maintenant serre un peu, non, pas si fort tu dois juste la prendre… Melania, regarde papa, entre le pouce et le majeur, tu vois, comme ça, non, c'est lequel le majeur Melania ? c'est celui-là le majeur, chérie…

- Pourquoi tu la laisses pas tranquilles ? dit alors sa femme. Elle le dit sans lever les yeux d'une soupe d'abalone et germes de soja. Elle avait les cheveux teints en rouge et un corsage jaune avec des épaulettes matelassées. Le mari continua comme si personne n'avait rien dit.

- Melania regarde-moi, regarde papa, assieds-toi bien, et prends la baguette, allez, comme ça, voilà, tu vois que c'est simple, il y a des millions d'enfants en Chine, tu ne voudrais tout de même pas qu'ils fassent à chaque fois autant d'histoires… maintenant prends l'autre, MELANIA, assieds-toi droite, vas-y, regarde comment fait papa, une baguette, et ensuite l'autre, donne ta petite main, allez…

- Si tu la laissais tranquille.

- Je lui apprends…

- Tu ne vois pas qu'elle a faim ?

- Elle mangera quand elle saura.

- Quand elle saura tout sera froid.

- MISERE DE DIEU, JE SUIS SON PERE, JE PEUX…

- Ne crie pas.

- Je suis son père et j'ai parfaitement le droit de lui apprendre quelque chose, étant donné que sa mère a évidemment mieux à faire qu'à éduquer sa fille unique qui…

- Mange avec ta fourchette, Melania.

- IL N'EN EST ABSOLULMENT PAS QUESTION, Melania, chérie, écoute papa, maintenant on va faire voir à maman qu'on peut manger aussi bien qu'une mignonne, splendide petite fille chinoise…

Melania commença à pleurer.

- Tu l'as fait pleurer.

- JE NE L'AI PAS FAIT PLEURER.

- Et elle fait quoi alors ?

- Melania, ce n'est pas nécessaire de pleurer, tu es grande maintenant, tu ne dois pas pleurer, prends cette baguette, vas-y, donne ta petite main, DONNE-MOI CETTE MAIN, voilà, c'est bien, doucement, Melania, tout le monde nous regarde, arrête de pleurer et prends-moi cette foutue baguette…

- Ne dis pas de gros mots.

- JE N'AI PAS DIT DE GROS MOTS.

Melania se mit à pleurer plus fort.

- MELANIA, Melania tu vas bientôt te prendre une claque, tu sais que papa est patient mais tout a une limite, MELANIA, PRENDS CETTE BAGUETTE OU ON SE LEVE DE TABLE ET ON RENTRE IMMEDIATEMENT A LA MAISON, et tu sais que je ne plaisante pas, allons, d'abord une baguette, ensuite l'autre, courage, entre le pouce et l'index, pas l'index, LE MAJEUR, serre maintenant, comme ça, c'est bien, tu vois que tu es capable, continue, maintenant tu prends l'autre, l'autre baguette chérie, AVEC L'AUTRE MAIN, PUTAIN… tu la prends avec L'AUTRE MAIN et tu la mets dans CETTE MAIN-CI, tu as compris ? c'est pas compliqué, et arrête de pleurer, qu'est-ce que t'as à pleurer ? tu veux devenir grande, oui ? ou bien tu préfères rester une idiote de gamine de…

Alors Diesel se leva. C'était une fatigue pour lui, toujours, mais il le fit. Il s'approcha de la table de la petite famille, pris dans une main les deux baguettes de la petite fille et, serrant la main, les cassa en petits morceaux exactement au-dessus du plat de canard laqué du père.

Melania cessa de pleurer. Le restaurant avait sombré dans un silence qui sentait la friture et le soja. Diesel parla doucement, mais on pouvait l'entendre même dans la cuisine. Il se contenta de poser une question.

- Pourquoi vous faites des enfants ? dit-il. Pourquoi ?

Le père se tenait immobile et regardait devant lui sans oser se retourner. Sa femme avait la cuillère à mi-chemin entre la bouche et l'assiette. Elle regardait Diesel avec une stupéfaction désolée : on aurait dit la concurrente d'un jeu télévisé qui connaissait la réponse mais n'arrivait pas à s'en souvenir.

Diesel se pencha sur la petite fille. Il la regarda dans les yeux.

- Mignonne, splendide petite fille chinoise.

Dit-il.

- Mange avec la fourchette, ou je te tue.

Puis il se retourna et revint à sa table.
A sa façon, ce fut un bel anniversaire.

 

 

(Un passage de City, en clin d'oeil à S. qui m'a fait découvrir à la fois les joies de l'éducation et Alessandro Baricco, et bien d'autres choses encore. "Sauvons la planète Terre des ongles de pieds vernis" est l'inscription marquée sur le sac de l'héroine, must-have pour les fashionistas qui passeraient par ici.)

par boultan publié dans : à lire
Mercredi 27 avril 2005

(Résumé des épisodes précédents

Ce traité de constitution-qui-n'en-est-pas-une est un mauvais traité, mais moins mauvais que ceux d'avant même s'ils resteront en vigueur quoiqu'on vote. D'un côté, les oui-oui, qui estiment que les pouièmes d'avancées sont toujours ça de pris, que les non-non n'ont rien compris, qu'on va encore nous prendre pour des grandes gueules. De l'autre, les non-non, à qui déplaisent fortement des points capitaux du texte, qui en ont marre de se faire traiter de con-con par les oui-oui et qui pensent possible une remise à plat du texte en fonction de leurs desiderata bigarrés. Entre les deux, les peut-être, qu'en ont marre du chômage, qu'ont peur des turcs ou qui pensent qu'un autre monde est possible, alors une autre Europe, pensez donc.

Episode 27 : El Chi, européen de toujours

- "N'ayez pas peur !" exhorte le patriarche, mort de trouille face à ces jeunes qui n'hésitent pas à lui couper la parole. "Vive l'Europe !" continue cette anti-européen convaincu, seulement contraint de tourner casaque pour obtenir son pied-à-terre sur les Champs. "Avec l'Europe, combattons le libéralisme !" termine le représentant le plus illustre du plus grand parti libéral de France, qu'il a créé de toutes pièces. Au sortir du studio, les non-non ont presque des remords d'avoir embêter ce vieux monsieur, les oui-oui s'échangent des regards anxieux, les peut-être regardent le ciel et prévoient encore un temps pourri pour demain.)

 

 

- Disons que c'est pas que je l'ai trouvé bon Chirac, mais je l'ai trouvé meilleur que le concept et le déroulement de l'émission. Après, qu'il se fasse passer pour un pourfendeur du libéralisme à l'anglo-saxonne, j'espère que plus personne n'est dupe. On peut tromper une personne mille fois, mais on ne peut pas tromper mille personnes... euh... non, on peut tromper mille personne mille fois, mais... euh...

- Et puis, depuis quand une constitution se devrait de comporter des éléments de politiques économiques? Qu'elles soit libérale, libérale/sociale ou communiste n'est pas vraiment le problème. Qu'elle aille plus loin que définir le cadre de la vie politique au sein des institutions est en soit déjà une erreur.

- La pilule libéral, il faut bien comprendre que c'est ce qu'on a pour l'instant, et que l'Europe s'est construite comme cela : un marché économique commun, dans lequel on abolit les frontières. Donc supprimer l'aspect libéral et construire une Europe politique revient à effacer ce qu'on a fait depuis 50 ans et à créer quelquechose de nouveau ex nihilo. Je rappelle de plus que ce n'est pas une Constitution, vu qu'il n'y a pas création d'un état. C'est un traité interétatique, réglementant une structure à nulle autre pareille, dépassant le simple cadre d'une zone d'échange économique, n'allant pas jusqu'à une confédération et encore moins une fédération, un OVNI sans comparaison dans l'histoire contemporaine.

- Des pays ont dit non à Maastricht, ils n'ont pas été mis au ban de l'Europe pour autant. Le Royaume-Uni fout le dawa depuis des années, on ne peut pas dire qu'il pèse moins dans les débats, bien au contraire. Français et Allemands se sont torchés avec le pacte de stabilité, il a été remanié. Si la France dit non au TECE, il sera remanié et vidé de sa substance économique, principal point d'achoppement - quand bien même cette substance, résultante des anciens traités, continuerait de s'appliquer durant quelques années, elle ne serait pas gravée dans le marbre. Il faut arrêter de penser qu'on ne pourra jamais revenir sur des traités commerciaux vieux de plusieurs décennies. D'autre part, si jamais un non français créait un séisme politique et stoppait tout progrès européen à long terme, il n'y aurait peut-être pas grand chose à regretter devant une structure aussi fragile. Un peu comme si la cinquième république avait implosé à la première cohabitation.

- En fait je suis prêt à accepter n'importe quelle constitution pour l'UE tant le fait d'avoir une constitution - démocratique cela va de soi- pour l'UE est plus important que son contenu. La démocratie est basée sur trois piliers :
1) le choix par les citoyens de la politique economique, buidgetaire, judiciaire, etrangere, etc...
2) selon le principe majoritaire
3) où un homme = une voix

Or ce projet de constitution ne respecte aucun de ces trois piliers !

Que la politique soit ultra-libérale, libérale, libéral-sociale, social-libérale, social-démocrate ou collectiviste doit être déterminé par le résultat des élections. Si la constitution ne le permet pas -et elle ne le permet pas- ce n'est pas démocratique (et, à vrai dire, ce n'est, alors, même pas une constitution !).

Un Espagnol doit valoir autant qu'un Danois qui doit valoir autant qu'un Français qui doit valoir autant qu'un Slovène. Un homme, une voix, qu'il soit riche ou pauvre, noir ou blanc, Luxembourgeois ou Allemand. Or dans l'instance décisionnaire de l'UE un citoyen luxembourgeois est 80 fois plus représenté qu'un citoyen allemand. Ce n'est pas démocratique.

Une constitution est la loi fondamentale. Comme toute loi elle doit pouvoir être modifiée selon le principe majoritaire. La plupart des constitutions demandent une majorité qualifiée des parlementaires pour cela (ou une majorité des citoyens directement consultés). Mais ce projet de constitution pour l'UE exige une unanimité totale. Ce n'est pas démocratique.

- On fait quoi alors, en cas de non ?

- Le président de la République, qui est celui qui a décidé de laisser au peuple le choix de ratifier ou non le TECE, a annoncé qu'il resterait en place en cas de non ratification.
Or la constitution française stipule que le Président de la République négocie les traités. Donc en cas de non ratification de ce traité, il reviendra donc à Jacques Chirac de décider de ce qu'il conviendra de faire. Genre, signer un nouveau traité par lequel les Etats-membres décideraient de faire élire aux citoyens européens une assemblée constituante qui élaborerait un projet de constitution (dans des limites fixées par le traité) qui serait ensuite ratifié par ces mêmes citoyens européens.

- Euh, ça peut marcher, ça ?

- Bof... Charybde, Scylla, tout ça...

 

Mardi 26 avril 2005

- Salut Marcel, ça va ? Mets moi un 102, steup. Ah, tiens, Bouly, Avy, ça roule ? (et, LE truc phénoménal) Quelqu'un a des feuilles ?

- Rien que des A4. Désolé. Un ballon d'rouge par ici, siouplaît !

- Des feuilles, j'en ai toujours okazou, t'inquiètes... Z'avez autre chose que de l'essence de hamster priapique à mettre dessus ? Non parce que la dernière fois, avec votre mélange Curly / semence séchée de cochon d'Inde, vous m'avez dézingué pour la journée entière !

- Marcel, t'as pas des chipsters ? J'crois qu'il est en manque, là, l'Bouly. Regarde. Il lit Les Nuits Fauves. Ca a pas l'air d'aller. Ca...

- Un 'tit Medieval Madness, ça tente quelqu'un ? on peut jouer jusqu'à 4 !

- Ha! Ha! Peasant Madness, machin Madness, tutti Madness, pis les cavaliers, là, trop bu, bon estomac, mauvaise mémoire, tous coup sur coup j'vous les fait! 2 millions le premier château, puis 3, 4, 5..Ca va vite, hein. M'enfin, comme vous le savez, on se bat contre la machine, pas contre les autres...Faut claquer, hein. (oui, bon, c'est vrai, je ne peux m'empêcher de sentir ma petite vanité titillée quand je vous rétame d'une main, mais bon...). (voilà...ça fait sa maline et ça se retrouve seule toute devant le flipper...tout moi, ça..).

Hélène, euh, Bouly et les garçons admiraient cette frêle créature qui luttait d'arrache-pieds contre la machine d'acier, l'entraînant dans une sorte de tango monstrueux digne des pires John Carpenter. L'avenir de l'homme, se disaient-il, est définitivement la femme, enfin ce genre-là du moins.

- Sarah Connor ? dit Laurent d'un seul rot afin de fêter dignement l'alliance bientôt consumée dans un Tilt orgasmique de la femme et de la machine.

Sans lâcher du regard la bille de vif-argent qui tourneboulait les entrailles de la machines, elle lance:

- Hé, c'est qui...hmmpf!!...C'est Calvino ou c'est Eco qui dit que les femmes sont mieux outillées que les hommes pour jouer au flipper...non mais, han!...enfin, justement passqu'elles l'ont pas l'outil qui fait obstacle..oh la! Mais prends ça tiens! Hii! Pfiou...obstacle avec la machine...Wouaye, nique ton château duke of machin !

La bille filait d'un trait, passant le pont levis, franchissant la grille ouvert de moult coups de boutoirs. Pour ressortir aussitôt. Clipsou para l'avion d'un vigoureux coup de hanche assortit d'un "Han!" puissant.

- On joue quand nous ?

- Hé, Mary ! Salut ! Arrive, Avy est parti sortir les cockers et remplir son devoir con-jus-gale...

Happée par la bouche monstrueuse des géhennes flippériennes, la bille de vif-argent disparut; dans un râle, Clips' accueillit Mary...

- Nan parce que là ça fait vingt bonnes minutes clip-clip, c'est pas glop du tout, pi t'es en sueur, pi les camionneurs au comptoir commencent à te regarder avec envie... T'as un standing merde ! Laisse la main !

 

 

 

Bouly sort des chiottes, braguette oubliée dans sa hâte, sans avoir vu que l'irréparable avait déjà eu mieux..lieu... Regard noir lancé par Eclipse.

- C'est à toi, drôle...

- Ca lui arrive tout le temps!!! J'te jure, on a beau lui faire remarquer discrétement, il imprime pas!! C'est fou ça, Boultan! Faut lui donner des Curly, ça va aller mieux aprés...

- C'était donc ça dans le sac plastique ? Bah, laisse béton Marylou, c'est pas pour dire mais tout ce qui est stocké dans ta caisse prend un drôle de goût... Pi là c'est mon tour, j'me suis pas radiné dard-dard le zgouaille aux quatre vents pour laisser passer ma chance. Duke, ton heure a sonné, sache-le.

- L'pauv Boubou, qui va jouer comme ça, le kiki à l'air... Pfftt...

Dans un ralenti cinématographique, deux neuronnes opérèrent une jonction dans le cervelet embrumé de Laurent. L'étincelle qui en résulta l'éblouit une trop longue fraction de seconde.

Duke, ton heure a sonné, sache-le.
Duke, ton heure a sonné, sache-le.
Duke, ton heure a sonné, sache-le.
Duke, ton heure a sonné, sache-le.
Duke, ton heure a sonné, sache-le.

- By Jove, voilà qui sent la contrepèterie !

- Chuis désolé, mais j'ai vu des trucs organiques avec plusieurs pattes qui couraient sur les sièges arrières... C'est un peu la Christine de Montbeliard ton carosse... Faut avouer...
(et personne qui me remettrait la Retrodor dans son sachet, pourtant ils voient bien que j'ai les mains prises, mais non, ah les hobereaux, 'pensent qu'à me faire perdre tiens...)

- Non, mais....Bon, voilà, faut qu'on t'dise...La dernière fois qu'on est tous montés, tu t'souviens ? Makhno devant à cause des jambes, avec PCM sur les genoux, et Leep, Laurent, Avy, Leeloo, sens d'sus dessous derrière, pis Bouly et bibi dans l'coffre...Ben on a un peu renversé de sangria...Mais c'est pas moi qu'a vomi!!!!

- Bande de chiens, voilà, obligé de jouer à une main pour retrouver un peu de cet air mystérieux qui plait tant aux femmes, entre 3 et 7 heures du matin, dans mes rêves... AHHH merde, j'ai loupé ma fourchette, forcément... 'm'le paierez... Bon, au suivant, j'ai soif !

(rideau)

 

par boultan publié dans : à boire
Lundi 25 avril 2005

(Girl afraid)

-Where do his intentions lay ? Or does he even have any ?

(She says :)

- He never really looks at me. I give him every opportunity. In the room downstairs, he sat and stared. I’ll never make that mistake again !

(Boy afraid)

- Prudence never pays, and everything she wants costs money. But she doesn’t even like me ! And I know because she said so ! In the room downstairs, she sat and stared. I’ll never make that mistake again !

 

 

(Lors de mon premier cours de philosophie, à l'époque bénie où les derniers bubons délaissent enfin les joues des jeunes gens écervelés, mon prof, qui par ailleurs était fou et moustachu, nous a expliqué en dix minutes l'art de la dissertation en nous citant ce passage de Tristes Tropiques :

" Là [en classe de philosophie], j’ai commencé à apprendre que tout problème, grave ou futile, peut être liquidé par l’application d’une méthode, toujours identique, qui consiste à opposer deux vues traditionnelles de la question; à introduire la première par les justifications du sens commun, puis à les détruire au moyen de la seconde; enfin à les renvoyer dos à dos grâce à une troisième qui révèle le caractère également partiel des deux autres, ramenées par des artifices de vocabulaire aux aspects complémentaires d’une même réalité: forme et fond, contenant et contenu, être et paraître, continu et discontinu, essence et existence, etc. Ces exercices deviennent vite verbaux, fondés sur un art du calembour qui prend la place de la réflexion; les assonances entre les termes, les homophonies et les ambiguïtés fournissant progressivement la matière de ces coups de théâtre spéculatifs à l’ingéniosité desquels se reconnaissent les bons travaux philosophiques."

De même, si les Smiths étaient enseignés en cours de Relations Sexuées, que de temps gagné, de désillusions évitées, de mandales esquivées ! J'en toucherai deux mots à qui de droit. Penser à éviter Girlfriend in a coma quand même. Quoique, c'est complètement positive attitude, si on y refléchit bien.)

 

Dimanche 24 avril 2005

- "Un conte capillaire où les garçons jouent à qui aura la plus longue (banane) et les filles, la choucroute la plus vertigineuse"

- Oui, ça, on peut pas dire, z'ont le cheveu long et bien tenu - c'est même un des seuls bons gags du film, quand la cheerleader se laque la touffe avant de foncer dans le tas comme un bélier. M'enfin, ça fait pas un film non plus.

- "Narrativement plus rigoureux que ses précédentes oeuvres, plastiquement d'une cohérence sans faille et nanti de personnages réellement consistants, Hair High a quelque chose de la maturité"

- On n'a pas du voir le même film - ou alors mieux vaut éviter ses précédents...

- "Bill Plympton, le trublion du dessin animé américain, monte une charge au vitriol contre tous les clichés et mythes de la civilisation teenager. Hardi, rude et salace, ça décoiffe"

- Pas faux, mais ça a tellement déjà été fait avant qu'on se demande si ça ne devient pas franchement cliché de dénoncer ces clichés-là.

- "Plympton (plus féroce et déjanté que jamais) signe par ailleurs une oeuvre personnelle dans laquelle il passe en revue toutes ses références ciné (De Palma, Svankmajer, Waters, nommément cités)"

- Mouais, moi j'ai surtout vu du Vuillemin mâtiné de Groening - et Vuillemin, on a beau aimer, sur une heure et demie ça tire à la ligne.

- Alors, verdict ?

- Déjà, de ne pas se faire un avis sur la seule fois de critiques glanées sur Allociné. Ensuite, que c'est un ovni, qui ne laisse pas indifférent, qui recèle quelques scènes intéressantes et d'autres franchement poilantes (la mascotte priapique, facile mais efficace) mais assennées au lance-roquette. On en ressort usé, un peu vaseux, comme après s'être enfilé une des gigantesques glaces dont raffolent les héros. Et, entre The Warriors et Brice de Nice, mon cholesterol n'avait pas besoin de ça...

 

par boultan publié dans : à voir
Samedi 23 avril 2005

- Rrr... rrr... hum... j'suis désolée, je tombe de sommeil à chaque fois qu'on s'voit...

- C'est pas grave.

- En plus, je tourne aussi samedi prochain, on a pris du retard

- C'est pas grave, dors.

- Mmm... désolée...

- Dors...

- Rrr... rrr...

- Dors. On a bien le temps.

 

(Je pète le nez à coups de pistaches au prochain qui traite les intermittents de feignasses)

par boultan publié dans : à vivre
Vendredi 22 avril 2005

- Nan, appuie là, juste là, doucement...

- Mais j'y arrive pas j'te dis, c'est trop gros ton truc, où je mets mon doigt !?

- Mais là, à la base de la tige rigide, regarde !

- Ah oui ! Et alors, ça va faire quoi ?

- Bah normalement ça aide à faire sortir la grosse boule...

- Quelle grosse boule ?

- Là elle est cachée, mais regarde, si tu saisis bien l'engin, hop, elle sort toute seule !

- Et après, j'en fais quoi de la grosse boule toute rouge ?

- Bah tu la mets dans ta bouche, c'te question !

- Avec l'emballage ?

- Nan, enlève le plastique, ça sera meilleur pour toi

- Mais c'est très gros, j'vais m'étouffer !

- Meuh non, voyons, vas-y essaie...

- (slurp slurp) Wouaou, t'as raison, c'est super bon dans la gorge !

- J'te l'avais bien dit... Allez reprends-en encore un peu... Et t'inquiètes pas pour la caméra, Virginie, c'est comme ça que le métier rentre...

 

 

 

Jeudi 21 avril 2005

- So you're an old, old dog, you've been around the block

- So many times... And it's the same old turns, same old feelings straight down the line

- Yeah, I can love you, grab that leash and drag you to a place you've never known

- I know where my bones are buried. May take me a while, but I'd find my way home

 

(Plus personne ne chante comme Stuart Staples. Ce type devrait être punaisé sur tous les murs de jeunes filles en fleurs, on dirait un Jude Law qui aurait bien vieilli.)

 

Jeudi 21 avril 2005


- Alors, chef-d'oeuvre ou pas ?

- Chef de l'oeuvre d'Eastwood, peut-être. Accomplissement du style fait de justesse, de suggestion. Mine de rien, Clint choisit régulièrement des sujets casse-gueule au possible et parvient à éviter les chausse-trappes avec maestria. Là, la boxeuse n'est pas violée par ses petits camarades de gymnase, ne tombe pas amoureuse de l'entraineur-septuagénaire-mais-qui-dégage-une-telle-aura, ne devient pas championne planétaire avant de sombrer dans la drogue... Seule sa famille n'échappe pas à la caricature, mais pour eux on sent que Clint s'est vraiment fait plaisir

- Ca reste très mélo non ?

- Et alors ? C'est pas une insulte non plus, quand c'est bien fait. Il est bien parvenu à limiter le pathos de Meryl Streep et le cabotinage de Tommy Lee Jones... Le vrai choc dans Million Dollar Baby, c'est que Clint pleure. A chaudes larmes, le visage dans les mains. Et là, t'as toute ton enfance, passée à aduler le cowboy impassible en poncho, qui te saute à la gueule : tu prends quelques années d'un coup, et Clint aussi d'ailleurs, qui balance cette scène comme pour dire "si je claque demain, je l'aurais faite, au moins".

- Et dans la salle ?

- M'en parle pas, que des couples, ça papote pendant le film et ca se démonte les mandibules dès le générique de fin. Vivement qu'elle bosse un peu moins, j'en ai marre d'aller au cinoche tout seul, je m'aigris à vue d'oeil.


 

 

par boultan publié dans : à voir
 
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