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2 juin 2006 5 02 /06 /juin /2006 19:48
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  • Alors, moi qui n'ai pas vraiment suivi la machine marketing attenante à Marie-Antoinette, j'ai appris après-coup que l'objet avait été annoncé comme étant particulièrement subversif et original. J'avoue que je n'ai pas bien compris, du coup, le rapport avec cette guimauve rose à mi-chemin entre Jane Austen et David Hamilton que je venais de voir. Cotonneux et sans changement de rythme, M-A oublie le fond et, pour la forme, se laisse prendre au piège de l'exhibition béate de Versailles, des robes et des choux à la crème (et comment fait-elle pour s'empiffrer de patisseries et de champagne et conserver sa silhouette bizarre de cintre tordu ?)(nan parce que moi, j'en ai vu de près, des autrichiennes, on m'la fait pas)(c'est plus proche du hanneton que de la libellule ces choses-là). Comme écrasée par sa machine, Sofia Coppola perd son film de vue pour se contenter de scènes buccolico-nunuches et de panoramas convenus sur les jardins royaux, hormis quelques plans plus personnels et réussis. C'est joli tout plein, mais la vie de Paris Hilton (et sans la cassette porno en plus), ça ne fait pas un film. On comprend bien que la réalisatrice a essayé de traduire la vacuité et l'ennui en répétant jusqu'à la nausée les mêmes scènes (M-A à l'opéra, M-A est triste, M-A accouche, M-A reprend un petit four), mais l'ennui passe trop bien à l'écran, jusqu'à engourdir le spectateur dans une ouate de taffetas et de chantilly assez indigeste.
    Et puis, il n'y a pas de dialogues, sorti de quelques gloussements de gourdasses emperruquées.
    Et puis, une fois Louis XV mort et Asia Argento renvoyée, il n'y a pas un seul personnage qui soit un tant soit peu piquant. Même le roi devient in fine plus touchant que Lorie Antoinette.
    Et puis, la bande-son. Glisser quelques standards new-waveux bien choisis (en l'occurence New Order, Siouxsie et The Cure déboulent assez opportunément), c'est sympa. En balancer un toutes les dix minutes, ça devient une recette arty, vaguement prétentieuse ("écoutez comment j'ai trop bon goût") et qui tombe souvent à côté.
    Alors voilà, on sort aussi déçu et frustré qu'on avait été enchanté par les deux premiers films de Sofia, et, sans même invoquer Barry Lyndon ou Amadeus, on en vient presque à regretter L'allée du roi, Roméo+Juliette et les Angélique où, au moins, il se passe quelque chose.
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  • 5 bonnes raisons d'aller voir Marie-Antoinette quand même :
    - se dégoûter des sucreries juste à temps pour la plage et, enfin, rentrer dans ce deux-pièces acheté un peu hâtivement et sans essayage
    - se dédouaner de posséder 47 paires de pompes toutes plus chamarrées (= importables) les unes que les autres
    - se rassurer sur la qualité de sa vie sexuelle
    - s'écouter Ceremony à fond les ballons avec de jolies images
    - rire un bon coup avec Marianne Faithfull en archiduchesse viennoise, le menton posé sur les seins

 

 

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Published by boultan - dans à voir
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commentaires

tronbinoskop 17/06/2006 21:56

j'aime les macarons...

boultan 14/06/2006 14:14

je te rassure, je ne pensais qu'à mon lectorat féminin : perso je suis toujours cul nu

griz 14/06/2006 14:02

le débat est clos, mais je ne savais pas que tu portais des deux-pièces

pamela sue 05/06/2006 00:18

ce bel objet ne sursaute pas, ce serait sans doute trop mal élevé.

Stéfanie 04/06/2006 12:27

J'ai pas compris la phrase "une fois Louis XV mort et Asia Argento renvoyée..." : est-ce que ça veut dire que, du coup, je dois voir le film pour mieux saisir le (apparemment seul) sursaut du scénar ?