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18 mai 2005 3 18 /05 /mai /2005 00:00

Y'a cette expression, "ni fait ni à faire". Gus Van Sant, il l'a fait, Last days, et plutôt bien fait dans un sens. Reste à savoir si c'était à faire.

Qu'on ne se méprenne pas : le film est cohérent, parfois très beau, et on l'imagine parfaitement en adéquation avec la vision du réalisateur (pour lequel il ne s'agit que d'une fiction inspirée de). Seulement, du coup, il est à peu près aussi attachant qu'Emile Louis. Aucune empathie, ce qui est bien sûr voulu - non seulement Van Sant n'avait pas envie de provoquer des suicides collectifs à la sortie des salles obscures, mais surtout c'est précisemment un des trucs que Cobain ne supportait pas, qu'on le prenne pour modèle, égérie ou symbole, de qui de quoi, va savoir, de rien peut-être, de la "blank generation" que chantait Richard Hell quinze ans plus tôt et qui revient à peu près à chaque génération, sans doute, arg, au secours, je n'arrive plus à finir cette phrase, aidez-moi bordel, vite, balancez-moi un point, vite, hop, merci, c'est bon, je l'ai, j'le pose, juste là.

Mais à force de se cogner contre la bulle isolant le héros, on en reste un peu en dehors du film. Kurt/Blake est mal, perdu, inadapté. Il commence par se casser la gueule en descendant un talus alors qu'il y a un escalier juste à côté, et finit par se casser la gueule (déjà refroidie) du brancard des ambulanciers ramassant son corps. Soit. On parvient souvent à sentir le vide, l'absurdité, le malaise, l'ennui (ça, on le ressent TRES bien parfois, faut reconnaitre), la fragilité face au monde externe ; mais ressentir ça pendant deux plombes ne laisse pas une grande impression et ne fait pas forcément un grand film. D'autant plus que le réalisateur reste toujours extérieur au héros, dans une sorte de neutralité embarassée. A titre d'exemple, les boucles temporelles, figurant sans doute le fait que le héros tourne en rond et à vide, n'apportent pas grand chose en dehors de l'effet de style.

Qu'en retenir ? Une poussée de nostalgie malsaine pour les anciens camés, peut-être, et encore. Perso, quelques souvenirs de sous-bois de ma campagne champenoise, qui, à 7 ans déjà, me parassait déprimante et vaguement inquiétante. Quelques drôleries quand même, d'autant plus efficaces qu'elles surnagent au milieu du naufrage du héros, quelques symboles lourdingues (les VRP cathos et leur discours sur le sacrifice du p'tit jésus, un brin too much), une chanson formidable, et l'apparition d'une Kim Gordon classieuse (là c'est le fan qui parle).

 

 

Sinon, Ian Curtis s'est pendu il y a 25 ans aujourd'hui.

Re-sinon, je pense à me racheter des caleçons, mais bon, rien n'est moins sûr, j'ai peur de m'engager à la légère.

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Published by boultan - dans à voir
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commentaires

Tolga 19/05/2005 11:35

Si un jour le bloc thermo-nucléaire explose ta tête de beau gosse pour en faire une nouvelle tête de l'emploi... Tu pourras toujours te recycler dans la critique de cinéma.
Ca t'irait comme un gant...
Et ça ne serait pas déplaisant..

Cat Lord 18/05/2005 13:22

"C'est le problème du film, comment filmer l'ennui sans susciter l'ennui."

Bref c'est un "Madame Bovary" au cinéma, ricain et raté, donc.

C'est ca ?

paleblueyes 18/05/2005 12:40

Bien compris le message, je mets le mot slip dans ma prochaine note, histoire de susciter....)

moch'té outrée 18/05/2005 12:05

Si tu fais ça, je dis à tout le monde ce que tu fais vraiment avec tes caleçons...

Pas con pour Depardiou, dans le cochon tout est bon... c'est connu...

boultan 18/05/2005 12:02

Moch'té, gare à tes fesses, j'ai ici des documents (tend une enveloppe craft tel Me Collard) qui pourraient te nuire au plus haut point, alors poupoune
Pas con l'idée de film sur Béré, Télérama va adorer, j'appelle Depardieu pour voir s'il peut caler ça entre deux téléfilms TF1