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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 17:07
 
  
Toute ma vie j'ai fait le même rêve. C'est ce qu'on appelle un rêve récurrent ; il débouche toujours sur la même conclusion. Sauf le 9 octobre 2002. Le rêve a commencé comme d'habitude, dans un pays bas de plafond où tout le monde est obligé de ramper sur les mains et les genoux. Mais cette fois-ci je me suis rendu compte que tous les gens autour de moi faisaient l'amour, c'était une conséquence de la vie à l'horizontale. J'étais furieuse, j'ai essayé de séparer les couples, mais ils étaient collés les uns aux autres, comme des scarabées en train de s'accoupler. Et puis, soudain, je l'ai aperçu, Will. Dans le rêve, je savais que c'était une célébrité, mais je ne savais pas laquelle. Je me sentais très gênée parce que je savais qu'il avait l'habitude d'être entouré de jolies jeunes filles et qu'il n'avait probablement encore jamais vu quelqu'un comme moi. Mais petit à petit j'ai réalisé qu'il avait relevé l'arrière de ma jupe et qu'il enfouissait son visage entre mes fesses. Il faisait ça parce qu'il m'aimait. C'est une sorte de tendresse que je n'aurais jamais crue possible. Et ensuite je me suis réveillée. C'est comme ça que je terminais toutes mes histoires à l'école : Et ensuite je me suis réveillée. Mais ce n'était pas fini, car quand j'ai ouvert les yeux, une voiture est passée, dehors, avec la musique à fond, ce qu'habituellement je déteste, en fait j'estime que ça devrait être interdit, mais cette chanson était magnifique - les paroles disaient "Tout ce qu'il me faut c'est un miracle, tout ce qu'il me faut c'est toi". Ce qui correspondait exactement à la sensation dans laquelle le rêve m'avait laissée. Je suis sortie du lit et, comme s'il me fallait d'autres preuves, j'ai ouvert The Sacramento Bee, et là, dans la rubrique "Nouvelles internationales", il y avait un article sur la visite d'un HLM de Glasgow par le prince Charles, voyage qu'il avait fait avec son fils, le prince William Arthur Philip Louis. Une photo illustrait l'article. Il avait exactement la même tête que lorsqu'il l'avait enfouie dans mes fesses, la même charmante blondeur, la même assurance, le même nez.

Miranda July, No one belongs here more than you
 
 
http://boulyzekid.free.fr/blog/july2.jpeg
 

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Published by boultan - dans à lire
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commentaires

Marc E 29/03/2010 00:37


Tu crois que si ma femme ne veut pas me faire ça, c'est parce qu'elle ne m'aime pas ?


julip 28/03/2010 23:18


c'est beau...