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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 00:03

 

 

Les bistrots, forcément, mais il ne faudrait pas négliger les vieilles brasseries mi-tradis mi-décaties, surtout le dimanche, j'aime bien aller au Général le dimanche, parce qu'il y a encore des repas de famille, à l'instant une maman trop blonde pour être blonde vient de souffler à l'oreille de son fils il faut que tu ailles dire merci à papi, c'est lui qui nous a invités au restaurant, souvenirs, le papi frétille d'aise sous les baisers moyennement spontanés de ses petits-enfants, il n'est pas idiot il se souvient et absout cette gratitude obligée, il y a aussi une dame d'un certain âge qui déjeune seule près de la fenêtre, guettant la rue en engouffrant un veau marengo ou des joues de boeuf braisées ou ce qu'on sert à manger dans ce genre d'endroits, mais toujours guettant, il y a aussi quelques couples de quarantenaires fashion venus cultiver leur street credibility auprès des permanentes pastels, il y a deux habitués qui causent politique au bar, des boiseries partout et des appliques très vaguement art nouveau, dehors le sosie de Balkany fume une clope, si ça se trouve c'est vraiment Balkany d'ailleurs, si ça se trouve cette même bouche qui tire sur la clope a un jour embrassé le cul de Bardot, vraiment le monde est petit, les serveurs s'engueulent toujours un peu entre eux pour rester alertes, le vieux carrelage est à tomber le jour du cambriolage c'est ce que je volerai en premier, plus tard j'irai trouver une connexion au MacDo voisin, ils font de fort honnêtes muffins sais-tu, l'après-midi c'est devenu salon de thé dans les MacDo, pour les permanentes pastels réduites aux pensions congrues, derrière moi une d'entre elles discute assidûment avec un jeune papa maghrébin très beau et son jeune fils très beau aussi, je reste persuadé que ce pays exploserait sans ses bistrots, et puis enfin dans le métro, station Oberkampf avec 5 minutes d'attente, une trentaine de personnes sur le quai, et cet incroyable silence, un silence assourdissant, comme une fanfare qui réveillerait un village désert, pas un bruit dans la station, au bout de deux minutes on commence à se regarder, à se sourire, à entretenir ce miracle, happening mutique, tous ensemble dans le silence, j'aime ces irruptions de réel.

 

 

 

 

 

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Published by boultan - dans à vivre
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commentaires

ficelle 14/04/2010 09:09



beau billet parisien…



cee 13/04/2010 08:23



Jolijolijolie la mélodie de la brasserie.