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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 00:18
 
 
J'ai souvent juré que jamais je ferai de pot de départ, si jamais un jour je quittais un boulot autrement que par perte et fracas s'entend, et ma foi, je commence à mettre de l'eau dans mon vin.
(c'est une expression)
Et pas seulement parce que le pot de départ, c'est une des rares excuses socialement acceptables pour zigzaguer dans les rues à même pas vingt heures, rapport aux deux bouteilles et demi de champagne eclusées à vitesse grand V - et en plus j'ai droit au "tiens le champenois, ouvre donc une bouteille", c'est systématique, ça permet de remplir sa flute en premier.
Nan mais c'est vrai, sans les pots de départ, le nombre de commerciaux à cravates Disney auxquels j'aurais jamais adressé la parole, c'est incroyable. Alors que ces gens-là te mettent de bonne humeur, si peu que tu aies déjà deux grammes pour supporter leurs vannes lourdasses, ils sont épatants, ces gens ne doutent de rien, ou du moins leurs doutes ils les placardent à triple tour si bien qu'il n'en parait rien, c'en est impressionnant, moi à deux grammes je craquèle de partout et je commence à raconter des trucs qu'il faudrait pas comme non tu sais je n'y vais plus là-bas et non j'ai pas envie d'en parler, eux ils tiennent bon, l'habitude sans doute, les déjeuners arrosés au Madiran devant les clients qui n'ont pas encore signé le chèque, à force, total contrôle. Là par exemple, deux commerciaux, le premier au bout de cinq minutes à peine il réussit à faire tomber le frigo, tomber le frigo, t'imagines, le second, égal à lui-même, le Convenant fan du PSG de Johnny des blagues mysogines et de Citroën, que j'ai haï si longtemps jusqu'à apprendre au détour d'une phrase, à un pot de départ évidemment, qu'à côté il gérait aussi des assoces de descendants de déportés rapport à une partie non négligeable de sa famille partie en fumée mais ça il n'en parle jamais, il te raconte comment il a fini la séminaire son slip sur la tête au milieu de la rue en hurlant la blague des deux putes mais ça il n'en parle jamais, la schyzophrénie du commercial. Et l'autre aussi, pas commercial mais qui aurait pu, qui fête justement son pot de départ à lui ce soir, qu'on voyait par la vitre trimballer consciencieusement des sacs et des sacs de bouteilles pendant qu'on émasculait les drosophiles en réunion, lui qui part en retraite, bonne retraite qu'on dit, et bon divorce qu'on pense, laminé qu'il est, la cinquantaine bien mûre et un chtiot tout petit et le divorce payé par les indemnités de départ, il continue de vanner les filles de l'équipe, qui le pratiquent depuis si longtemps, qui savent, il vanne sec mais là il a les yeux qui brillent, il ne veut pas partir, c'est raide, s'il pouvait tous les soirs il reviendrait faire son pot de départ, pour pas partir.
Donc, peut-être que je ferai un pot de départ, quand même, pour tous les schyzophrènes professionnels. Et moi en preum's.
 
 
http://boulyzekid.free.fr/blog/tumblr_kv4ap0zYUL1qzn3qto1_500.jpg
 
 

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Published by boultan - dans à vivre
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commentaires

boultan 12/01/2010 12:46


chez nous on fait le pot de Noël bien avant de distribuer les primes, donc c'est un concours de lèchage de fion, on s'aime tous on est une grande famille on a plein d'idées pour l'an prochain


empcam 12/01/2010 10:11


Je sais pas le pire : le pot de départ ou le pot de Noël, celui où l'on distribue les primes. En tout cas, fais gaffe en manipulant la bouteille de champagne, un accident est si vite arrivé.


boultan 12/01/2010 10:07



benrouf : attention, le marcom c'est encore autre chose


cee : "la coupe est pleine", c'est comme ça qu'on dit non ?



cee 12/01/2010 09:33


On avait dit ( cf la note précédente je crois ) que c'était justement *vider ta flûte en premier* ta mission pour 2010...


Benrouf 12/01/2010 09:18


Il y aurait donc des êtres humains cachés dans les commerciaux ? Ca s'applique aussi au marketing ? Perso je préfère le filage à l'anglaise aux pertes et fracas mais bon, on dit toujours ça...