à vivre

Mardi 19 avril 2005

- Papa, papa, t'as vu, j'ai dessiné un super dragon de l'espace qui mange les gens en mettant du sang partout !

- (Formidable...) C'est pas très gentil dis donc ce qu'il fait, ce dragon...

- Oui, t'as raison, faudra qu'il essuie après !

(note pour plus tard : lui lâcher un peu la bride sur le rangement de sa bauge, avant que ça ne devienne obsessionnel)

Par boultan
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Samedi 23 avril 2005

- Rrr... rrr... hum... j'suis désolée, je tombe de sommeil à chaque fois qu'on s'voit...

- C'est pas grave.

- En plus, je tourne aussi samedi prochain, on a pris du retard

- C'est pas grave, dors.

- Mmm... désolée...

- Dors...

- Rrr... rrr...

- Dors. On a bien le temps.

 

(Je pète le nez à coups de pistaches au prochain qui traite les intermittents de feignasses)

Par boultan
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Lundi 2 mai 2005

- Allo, oui c'est moi... Voilà, je sais que c'était mon tour mais faudrait que tu t'occupes du p'tit ce soir, j'ai une crise de migraine là, j'ai failli vomir sur un client...

(...)

- Allo, oui, c'est moi... Je sais pas si on pourra se voir ce soir, j'ai encore une crise de migraine, j'vais me mettre dans le noir et essayer de dormir...

 

 

(Le problème, quand on préfère les femmes de tête, c'est qu'elle les fait parfois souffrir. On peut donc excuser ces malheureux qui se rabattent sur les blondes. Je ne vois pas d'autre explication.)

Par boultan
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Vendredi 13 mai 2005

Des nuits entières à mener les Etats Papaux vers leur glorieuse destinée, à ré-éduquer de l'infidèle à la débroussailleuse anale, à convertir de l'hérétique en chantant "c'est la bible à Dudule", à tabasser les voisins à coups d'encensoir plombé - en attendant que le petit fasse son cauchemar d'une heure du mat'.

A oser des jeux de mots comme "le Toscan dût planter", "tiare ta gueule à la récré" ou "certains slaves au saint-siège" et à vanter les vertus euphorisantes du démembrage de lapereaux vivants - pour combler les soirées d'hiver qui commencent à 16h30.

A conquérir le monde avec Super-Bougnat, le super-héros auvergnat armé de cabécous explosifs et du redoutable Confit Mental qui transforme par télékynésie les armes adverses en confit d'oie, ou de canard, selon l'hygrométrie - pour faire marrer les nouveaux potes qu'on a.

A narrer le fabuleux destin de Rosalie Clitoria, anonyme actrice de Voisin Voisine élevée près d'une station d'épuration et repérée par Marc Dorcel suite à une improvisation très, très libre de son texte - maintenant que le clic-clic du touchpad n'empêche plus personne de dormir.

Et même, souvent, à apprendre plein de choses, à m'amuser vraiment, et surtout à rencontrer des croque-morts, des chauves, des grosses masses, des X-men, des représentants en briquets, des chats à sang bleu, des audomarois, des de chez moi et assimilés, des membres turgescents (si, si) de l'éducation nationale, et toute cette sorte de choses, grâce au jeu qui aura sûrement le plus empiété sur mon temps si précieux (hum), Europa Universalis II.

Pour ceux qui s'en foutent, j'vous préviens, j'peux aussi continuer à saouler tout le monde avec ma life, alors mouftez pas hein !

 

 

 

Par boultan
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Lundi 23 mai 2005

J'ai joué au foot et fait des crêpes à mon amour à moi que j'ai (enfin que j'aurai jusqu'à ce qu'il me traite de vieux con fasciste au premier poil qui poussera, encore 7 ans de répit selon mes calculs), ce qui m'a fait passer du satut de demi-dieu à celui de grand Stratégaire pour la journée.

Marseille a perdu, me fournissant mon lot de vanne hebdomadaire envers qui de droit (au but).

La femme de Cat va bien finir par mettre bas incessamment sous peu.

Ma génétrice retrouve l'usage de sa jambe, ce qui peut toujours servir, avouons-le.

Les filles qui ont compté, et même celle qui compte encore, ont l'air d'avancer dans leurs brouillards respectifs, vaguement et vaillamment à la fois.

Le frigo est plein de hoummos et de chocolat, assurant mon équilibre nutritionnel pour la semaine.

Mon tricasse préféré va commencer la grande carrière qu'il mérite à la seuneusseufeu - faites gaffe quand même en prenant le train, incidents à prévoir au départ de la gare de l'Est.

Dans la boite à images, le grand Robert parvient par instant à surpasser la version originale de Pornography devant des berlinois médusés.

Je bois mon litre de thé vespéral, fume un peu, et pense à ma semaine à venir - aller mater La revanche du Shit avec la princesse Leïa herself, boire non-stop avec une Boucles d'or aphone pendant trois bonnes heures, servir de planque à des échappés de ma campagne, remater la fin de The Office (midinette que je suis), finir enfin Resident Evil 4, forumer et bloguer avec des détraqués fraîchement échappés de Sainte Anne pendant la crise de cinq heures.

Jusqu'ici, tout ne va pas si mal.

Et même en cas de déprime passagère, il me restera toujours la parade ultime : une bonne vieille photo de Buck Rogers torse-poil.

 

N'est-ce pas ?

Par boultan
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Jeudi 2 juin 2005

- Oui mais je lui ai dit pardon, alors c'est pas grave si je lui ai cassé une dent, hein ?

 

 

A un an, il courait partout, mais il ne savait pas marcher. A deux ans, il trempait des fraises dans le roquefort et trouvait ça "chuculent". A trois ans, pour son premier jour d'école, il se foutait à poil dans la cour de récré, en haut du toboggan, "j'avais trop chaud". A quatre ans, il plongeait dans l'Océan et tentait de découvrir les fonds marins la bouche grande ouverte. A cinq ans il est fan de Mel Brooks, de Miyazaki et de New Order. J'enjoins toutes les personnes adultes et responsables de l'assistance à souscrire immédiatement à une retraite complémentaire : faudra pas compter sur les jeunes, ils ne pensent qu'à vivre.

 

Par boultan
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Vendredi 3 juin 2005

Avis à toutes celles qui passent le cap (ou un autre cap, tout est bon à prendre) en cette belle saison : 30 piges, si c'est pas l'occasion de jouer les princesses, merde alors !

 

 

(photos d'Elinor Carucci piquées sur le New York Times qui regorge de diaporamas souvent sublimes)

Par boultan
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Lundi 13 juin 2005

Par le pouvoir du crâne ancestral et du grand Stratégaire réunis, mon blog, ce héros, il troue le cul. Si. Y'a qu'à voir : samedi, une vanne à deux balles pour faire relâcher Florence Obi-Wan et son chauffeur Mansour Barami, et vlan, qui s'est-y qu'est libéré dimanche ? Hein ? Trop puissant j'te dis. Limite, ça fout les j'tons. A peine démurgé, je démiurge ! Donc, ça urge, faut pas laisser refroidir les super-pouvoirs, vite, une liste non exhaustive de trucs-à-demander-au-Saint-Blog :

- Que toutes les fraises du monde aient le goût de celles du jardin de ma grande-tante de quand j'étais petit
- Que Jonnhy Marr arrête ses conneries, fasse un gros poutou à Morrissey et relance l'affaire
- Que mon rédac'chef soit arrêté en rase campagne par un garde-chasse moustachu et affectueux pour zoophilie envers lapins nains non consentants, et mis à l'ombre jusqu'à la retraite, avec rempotage du bambou quotidien par un codétenu serbe surnommé "le boucher de Dragomir"
- Qu'on me laisse enfin emménager gratuitement dans ce triplex de 400 m² en plein 14ème, lieu de douce débauche du dernier réveillon
- Qu'un séisme déplace la région Champagne-Ardennes de 800 km à l'ouest, face à l'Océan
- Que les cheat codes "crédits illimités" de Sim City fonctionnent également sur le site internet du Crédit Lyonnais
- Que me soit rendue l'entière maitrise de mes muscles et assimilés, de mes terminaisons nerveuses, de mes neurones. Et de mes cheveux, tant qu'à faire, parce que ça va mal finir cette histoire de golfes clairs à sa mère
- Que Chirac dissolve l'assemblée - et Sarkosy dans l'acide d'urine d'âne priapique

Je crois que l'essentiel est là.

 

Par boultan
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Mercredi 15 juin 2005

T'es là, assis, tranquille, dans ton repère, pépère.

En train de penser à cette soirée, à cette nuit, à ce matin, avec le demi-sourire cotonneux qui sied à cette heure ô combien aubinale (ie 10:35am sur le fuseau légèrement décalé de l'assimilé-cadre parisien intra-muros).

Songeant qu'une véritable sociologie des toilettes d'entreprise restent à écrire. Bon, il y a bien eu des essais dans Ally Mac Beal, mais qui se limitent malheureusement à des gesticulations vaudevilesques de jambes soufreteuses entre deux portes battantes, avec Vonda Shepard beuglant en bruit de fond, en plus.

Et puis, il faut voir la vérité en face, ta voisine de bureau ressemble davantage à Chow Yun-Fat qu'à Lucy Liu, d'où, j'imagine, ton empressement très limité à demander lors des dernières réunions du CE le lancement d'un happening "toilettes mixtes" digne de ce nom au sein du septième étage de l'immeuble, entre la compta et service du personnel.

Bref, tu médites à des choses sacrément importantes.

Et là, soudain, ce bruit.

Chttchoouuuuuuuuufffff.

La première fois, t'as cru à un collègue vaguement attardé qui soulagerait sa vessie dans une pissotière contigüe en imitant le côté obscur de la trachéite d'Anakin.

Mais non.

Chttchoouuuuuuuuufffff.

Ou alors, c'est la stagiaire qui s'est assise sur le rebord de l'évier en carrelage et qui fait ventouse. Vu le gabarit tout à fait poméranien du type qui vient la chercher le soir en Ford Transit, la chose semble parfaitement plausible.

Mais non.

Chttchoouuuuuuuuufffff.

Et là, tu sens comme une présence. Le bruit vient du confinement de la pièce. L'ennemi invisible est tapi dans la place forte. Tu sens déjà son odeur pestilentielle, qui rappelle un peu celle des pelotes de poils et d'herbe à chat prédigérées que ton soi-disant compagnon à quatre pattes aime à disséminer dans les endroits les plus inaccessibles de ton appartement biscornu ("original" disait l'annonce). Bientôt, cette infection semble t'envelopper d'un halo nauséabond, faisant disparaitre, selon le jour, l'odeur amicale d'un épiderme étranger, le parfum de cette eau de toilette offerte par ta mère à Noël et qui se trouve être également celle de ton père (ce qui amuse beaucoup ton psy), ou simplement la non-odeur de l'après-douche matinale qui n'aurait pas encore cédé la place à la tiédeur un peu rance de cette putain de climatisation dont les filtres ont été changés pour la dernière fois sous Pompidou et qui prend son aspiration directement sur le périphérique.

Bref, ça schlingue.

Et, soudain, l'ennemi est là.

Devant tes yeux, qui s'étaient levé vers le ciel dans un reflexe judéo-chrétien mal refoulé, ou alors telles les mirettes de Bruce ligoté sur sa chaise dans l'armée des douze singes, c'est selon, ce blog est multi-confessionnel.

Et là, enfin, tu visualises la chose, qui a pris la forme apparemment innofensive (mais on ne te la fait pas, ça non !) d'une boîte en plastique rigide, d'une couleur, disons, crémasse, fixée à deux mètres de hauteur, et dont l'orifice crachotant fait face à l'émail légèrement jauni qui constitue la pièce maitresse de ce lieu d'aisance. Dans une perspective freudienne, c'est l'Armageddon.

Ces salauds des Services Généraux ont installé en douce des pschi-pschitteurs désodorisants dans les chiottes. Des saloperies qui vaporisent à intervalle parfaitement régulière leur pestilence musquée sur ton petit corps surpris dans sa plus grande vulnérabilité.

Tu tressaute même en remarquant soudain la recharge "Country Club" posée comme une menace sur le dévidoir à PQ, et qui arbore une splendide illustration de golfeur lancé dans un swing majestueux - une posture pourtant peu commune dans le huit-clos des wawas.

Ca y est. On y est.

Le fin du fin : la synergie corporate par l'odorat. De quoi reconnaitre un collègue à vingt mètre les yeux bandés au milieu du salon de l'Agriculture.

'M'est avis qu'ils en profitent même pour bromurer tout ce petit monde, les salauds.

Bientôt les code-barres, pour sûr, rien ne les arrêtera.

Et comme par hasard, tout ça seulement quelques jours après le retour de Sarkosy.

Voilà, il fallait que le monde sache.

 

En plus y'a presque plus de papier.
 

 

Par boultan
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Samedi 25 juin 2005

Chanson de la pluie, attente taraudée, Taroudant

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Love will tear us apart, sous les tristes toits tricasses

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Cigarettes and Alcohol, tour de roue en banlieue ouest

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Nude as the news, Yatzee & Leffe aux Quinconces

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Ca valait la peine, certes, mais encore

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Pyramid song, vautré dans l'herbe à Union Square

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Do you remember the first time, hiver rémois, même pas froid

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Fox in the snow, Barcelonette, chasseur, même pas peur

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La disparition, pour l'ora(n)ge, tout de suite

 

 

Dans des temps immémoriaux, on écoutait un disque d'un bloc, sauf à se lever sans cesse pour déplacer le rubis ou remplacer la galette. Forcé de suivre l'ordre imposé, les hauts et les bas. Quelque chose d'aussi aberrant que de regarder un film dans toute sa longueur sans pouvoir sauter un chapitre, ou de lire un classique autrement qu'en collection Profil. A peine si on zappait en regardant la télé, c'est dire ! Bref.
Aujourd'hui, on case sa discothèque dans un demi-paquet de clope nippon équipé d'une prise jack et de cette terrible fonction : le cheufeul. Le cheufeul, c'est la dawa, le bronx, le portnawak, les orgues de Staline qui te bombardent de morceaux cul par-dessus tête. Des morceaux de musique, oui, mais pas seulement, ça serait trop simple, tu penses. Souvent, ce sont carrément des morceaux de vie qui te tombent sur la gueule. Des pépites, des noyaux, des grumeaux, tout ensemble. Ca touille pas, le nippon, ça t'envoie tout tout cru comme des sashimis d'une fraîcheur douteuse, démerde-toi après pour faire le tri.

La bande-son de ta vie dans un demi-paquet de clope. On verra plus tard si ça nuit gravement à la santé, pour l'heure on bêta-teste.

(la semaine prochaine, nous parlerons de maquillage, de Joel Robuchon et de Romain Gary)

Par boultan
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