- Holly give me some of your English lovin' !
- If I did that Jack I'd have one in the oven...
(autant pour la gloire des White Stripes que pour la beauté figurative et ludique de cette expression tout en délicatesse)

- Holly give me some of your English lovin' !
- If I did that Jack I'd have one in the oven...
(autant pour la gloire des White Stripes que pour la beauté figurative et ludique de cette expression tout en délicatesse)

- So you're an old, old dog, you've been around the block
- So many times... And it's the same old turns, same old feelings straight down the line
- Yeah, I can love you, grab that leash and drag you to a place you've never known
- I know where my bones are buried. May take me a while, but I'd find my way home
(Plus personne ne chante comme Stuart Staples. Ce type devrait être punaisé sur tous les murs de jeunes filles en fleurs, on dirait un Jude Law qui aurait bien vieilli.)

(Girl afraid)
-Where do his intentions lay ? Or does he even have any ?
(She says :)
- He never really looks at me. I give him every opportunity. In the room downstairs, he sat and stared. Ill never make that mistake again !
(Boy afraid)
- Prudence never pays, and everything she wants costs money. But she doesnt even like me ! And I know because she said so ! In the room downstairs, she sat and stared. Ill never make that mistake again !
(Lors de mon premier cours de philosophie, à l'époque bénie où les derniers bubons délaissent enfin les joues des jeunes gens écervelés, mon prof, qui par ailleurs était fou et moustachu, nous a expliqué en dix minutes l'art de la dissertation en nous citant ce passage de Tristes Tropiques :
" Là [en classe de philosophie], jai commencé à apprendre que tout problème, grave ou futile, peut être liquidé par lapplication dune méthode, toujours identique, qui consiste à opposer deux vues traditionnelles de la question; à introduire la première par les justifications du sens commun, puis à les détruire au moyen de la seconde; enfin à les renvoyer dos à dos grâce à une troisième qui révèle le caractère également partiel des deux autres, ramenées par des artifices de vocabulaire aux aspects complémentaires dune même réalité: forme et fond, contenant et contenu, être et paraître, continu et discontinu, essence et existence, etc. Ces exercices deviennent vite verbaux, fondés sur un art du calembour qui prend la place de la réflexion; les assonances entre les termes, les homophonies et les ambiguïtés fournissant progressivement la matière de ces coups de théâtre spéculatifs à lingéniosité desquels se reconnaissent les bons travaux philosophiques."
De même, si les Smiths étaient enseignés en cours de Relations Sexuées, que de temps gagné, de désillusions évitées, de mandales esquivées ! J'en toucherai deux mots à qui de droit. Penser à éviter Girlfriend in a coma quand même. Quoique, c'est complètement positive attitude, si on y refléchit bien.)

- Tes beau, tes beau parce que tes courageux de regarder dans le fond des yeux celui qui te défie dêtre heureux
- Arrête, tu m'gênes là... Bon, c'est vrai, des fois j'm'auto-kiffe devant ma glace...
- Tes beau, tes beau comme un cri silencieux, vaillant comme un métal précieux qui se bat pour guérir de ses bleus
- Oui, enfin là j'suis pas sûr de tout saisir, mais pour sûr que j'suis un vaillant-précieux-machin qu'tu dis... à mes heures... 'fin j'imagine... T'aurais pas repris la fumette toi ?
- Cest comme une rengaine, quelques notes en peine, qui forcent mon cur, qui forcent ma joie quand je pense à toi
- Si j'peux rendre service, hein !
- Toi qui sors de scène, sans armes et sans haine, jai peur doublier, jai peur daccepter, jai peur des vivants à présent.
- Bah, tu t'en remettras, hauts les coeurs ! Allez, pour la peine, c'est pour moi le Schweppes, cadeau d'la maison ! Bon, dis, steup, tu m'le redis, le début là, que j'suis beau et précieux et tout ? Hein ? Quoi ? Ah oui, merde, remettre la chanson au début, j'oublie à chaque fois...

(C'est pas qu'il soit inoubliable son album à Pauline, mais celle-là, elle passe bien en boucle dans la tête, façon tournicoti-tournicoton - ou alors c'est un truc de mec, possible. En même temps, moi, les filles qui chantent, c'est pas tenable, j'fond plus vite qu'un Mister Freeze à Benicassim, du genre à écouter pendant une heure non-stop la bluette nippone qui clôt Le royaume des chats...)
A heart that's full up like a landfill,
a job that slowly kills you,
bruises that won't heal.
You look so tired-unhappy,
bring down the government,
they don't, they don't speak for us.
I'll take a quiet life,
a handshake of carbon monoxide,
with no alarms and no surprises,
no alarms and no surprises,
no alarms and no surprises,
Silent silence.
This is my final fit,
my final bellyache,
with no alarms and no surprises,
no alarms and no surprises,
no alarms and no surprises please.
Such a pretty house
and such a pretty garden.
No alarms and no surprises,
no alarms and no surprises,
no alarms and no surprises please.

Un jour, à une fille occupée à me piétiner le coeur avec le plus désarmant des sourires et une honnêteté telle qu'il m'était même difficile de lui en vouloir tout à fait, je répondis en diversion, scorie d'une impassibilité d'apparat que je m'échine à éradiquer jour après jour, que, quelle que soit le problème, Chet Baker avait forcément la solution quelque part dans le moelleux de sa voix, avant d'appuyer sur la touche play de la machine assurant la sonorisation de cette soirée hors du commun. Las, il n'en sortit qu'un instrumental trompettant des plus désespérants, le genre de signe divin qui te fait comprendre que tu n'es définitivement pas dans un mauvais téléfilm où tout s'arrange avant la pub, que rien n'est fait pour t'aider dans la vraie vie et qu'il va falloir cravacher encore un peu plus et t'arracher le reste de tes tripes pour arriver à la trouver, la solution, ou apprendre à vivre sans elle, la fille. Ce qui n'est pas toujours possible. Bref. Tout ça pour dire que, dans de telles situations en apparence désespérées, il ne faut pas non plus compter sur le secours de Radiohead qui, tout meilleur groupe du monde de l'univers intergalactique qu'il est, ne distille dans ses quelques titres intelligibles qu'une déprime livrée en demi-gros, treize à la douzaine, et des échantillons en sus, cadeau de la maison. Et au glockenspiel en plus. A moins de vouloir transformer une soirée rabibochage en expérience défenestrage, auquel cas Morrissey (qui, lui, a tous les problèmes et aucune solution) hululant There is a light that never goes out suffit amplement. Bon week-end.
Aux enfants de la chance, qui n'ont pas connu les rances de l'Est de la France, je veux dire en substance qu'ils ont eu un sacré cul. Radiophoniquement parlant, entre autres. Car ce quart du pays n'est pas seulement connu pour ses sangliers retors, ses faits divers sordides et ses brevages qui font des bulles ou hument la prune pourrie. C'est aussi, ex-aequo avec la Patagonie inférieure et une portion d'océan Indien située au large de Madagascar, le plus grand désert radiophonique connu sur terre. C'est bien simple, tu prends la bande FM, tu la coupes en deux, et bah NRJ s'étale sur la première moitié et Fun Radio sur l'autre. Glenn Medeiros ou Jason Donovan, choisis ton camp camarade. Même la convention de Genève doit prévoir quelque chose contre ça, j'en suis sûr. Restent Radio-Londres en ondes courtes par beau temps et vent de nord/nord-ouest force 7, et notre locale à nous, RTL from ze Great Duchy. A s'flinguer.
Quand, donc, un indigène originaire de ces contrées parvient à passer les barrages de police pour pénetrer incognito dans la Capitale, l'une de ses premières surprises, avec la découverte de viandes comestibles autres que porcines, réside dans la variété proprement hallucinante de stations autorisées à émettre. Quand, par exemple, l'indigène, rattrapé par les autorités, est forcé d'exécuter ses obligations militaires dans quelque caserne coincée entre un zoo et un château tous deux en ruines, et qu'il rentre chaque soir ivre-mort à 3h dans son baraquement en pierre de taille du 18ème siècle, la possibilité lui est offerte de s'endormir tendrement en écoutant Beat, whisky et poésie, ie des animateurs/trices aussi ivres que lui déclamant du Bukowsky, du Kerouac et/ou des trucs salaces (à tel point que l'ortographe exacte de l'émission demeure à ce jour sujette à caution), avec en fond sonore les Throwing Muses, Field Mice ou St Etienne. Comparé à Radio Champagne annonçant la nomination d'un nouveau brigadier-chef à la gendarmerie de Saint-Parres-aux-Tertres entre deux Johnny... Bref.
Plus tard, ayant gagné ses galons de jeune bourgeois reproducteur quasiment assimilé à la faune locale, se trahissant seulement lors de la rencontre impromptue de quelque autre rescapé(e) de l'horreur par l'échange de borborygmes et d'onomatopées de "là-bas", le garçon passera moultes soirées d'hiver sur la même radio dite "rock" dans Le Monde De Monsieur Fred, èlèmmdémeuf pour les intimes. S'émerveillera de la turgescence morale du gynécologue tyrolien Helmut Perchut, de la franchise priapique de Niluje (hybride d'humain et d'oppossum collectionnant les carcasses de poulet), de la profondeur philosophique de Marguerite la chaussette-qui-pue-qui-parle, des copulations adolescentes de Virgine, 14 ans, from seizième, de l'intrépidité surfique de Stef-dans-le-tuyau, du bon sens menuisier de Mr Meuble, etc. Soit un joyeux boxon orchestré, qui l'eut cru lustucru, par le rejeton du tenancier du théatre de l'Empire et d'une exaspérante pervenche - dont il tente aujourd'hui d'aider la carrière de one-woman-showeuse. Avec des titres d'émissions comme "Spéciale Blatteman", "Y'a plus de merguez dans le frigo", "Le gallinacé est l'avenir de l'homme", "Equation philosophique spatio-temporelle du mal-être", "Daredevil au Mexique" ou "Le vagin de Mélanie Griffith", le décor se plante. J'étais jeune, pardonnez-moi. Bon week-end.

Il pleut
C'est malheureux
Il pleut depuis ce matin
Il veut
S'emparer de mon être
Sans paraître malhonnête
Il pleut
Dans ces gouttes de pluie
Mes doutes s'enfuient
Je ne m'ennuie plus
Il pleut
Mais ce n'est pas la pluie
Qui occupe mes nuits
(Emilie Simon)

Bah oui quoi, il pleut. Ca fait remonter d'étranges odeurs de bitume délavé - à défaut de campagne humide. Ca donne un sujet de conversation quand le cerveau sommeille encore. Ca fouette un peu le visage après une nuit trop courte. Ca lave, tout juste, et laisse augurer d'un nouveau temps à venir. Et là, dans la queue de la boulangerie, j'me sens comme Noé sauvant du déluge un couple de chocolatines, pour que les générations futures puissent se repaître de leur descendance.
Tonight we fly
Over the houses
The streets and the trees
Over the dogs down below
They'll bark at our shadows
As we float by on the breeze
Tonight we fly
Over the chimney tops
Skylights and slates -
Looking into all your lives
And wondering why
Happiness is so hard to find
Tonight we fly
Over the mountains
The beach and the sea
Over the friends that we've known
And those that we now know
And those who we've yet to meet
And when we die
Oh, will we be
That disappointed
Or sad
If heaven doesn't exist
What will we have missed
This life is the best we've ever had

(photo R. Monfourny)
A la St Médard, fuck les geignards, dont acte.
Lorsqu'il arrive à corseter son lyrisme et ses appétits philarmoniques, Neil Hannon reste quand même un pur génie. Et, autant pour tous ceux qui planent très très haut que pour ceux qui ont touché le fond et qui commencent à remonter en varap' (bise au T, à M. et aux autres en passant, qu'ils soient dans l'une ou l'autre catégorie ou même coincés dans l'interstice), ça vaut bien le coup de risquer Alcatraz pour promouvoir Divine Comedy, en exhortant les foules à courir acheter Liberation et Promenade, et le reste aussi. Promis, à la prochaine note, retour du mauvais esprit. Ou pas, c'est moi le chef après tout, aillame zekingofzeu oueurlde.
1989, rentrée au lycée, les Docs, les gros pulls Blanc-Bleu, les filles qui gloussent mais plus pareil, les Craven-A à moins de 10 balles et les vynils pas chers qu'on pouvait encore choisir sur la foi d'une maison de disque amie ou d'une pochette réussie. Reading, writing & arithmetics, avec des coquillages noirs et blancs, premier album des Sundays, groupe bristolo-londonien signé chez Rough Trade. "Harriett chante comme du Champagne" disait à peu près la critique de Rock&Folk (Les Inrocks alors mensuels ne sortiraient de l'anonymat qu'un peu après). C'est exactement ça. Sparkling. En plus elle était jolie Harriet, et les chansons aussi, à mi-chemin entre les Smiths et Cocteau Twins, genre. Disque d'or US et UK (entré #4 dans les charts britons). Un deuxième opus suivra, Blind, qui rencontrera aussi le succès, tournées partout, et puis plus de nouvelles jusqu'au récent Static & Silence (1997). Harriet filerait toujours le parfait amour avec le guitariste, David Gavurin, et profite gentiment de la vie, se reproduisant deci delà. Tranquille.
(en extrait dans la radio, là, en haut à droite)
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