à s'demander

Jeudi 21 avril 2005

- Allo ?

- Oui ?

- Allo !

- Oui ?!

- ALLO !

- OUI !!

- Ah, euh, oui, ici le service informatique

- Oui ?

- Voilà, vous vous êtes inscrit à l'opération "un PC pour un euro" et...

- Ah non.

- Comment ça, non ?

- Bah non, ça ne me dit rien votre histoire...

- Bah si, j'ai votre nom là sur la liste et...

- Mais elle date de quand, votre liste ?

- Euh, de 2000...

- (abasourdi)

- Ca veut dire que vous n'êtes plus intéressé ?

- C'est-à-dire qu'entre-temps, j'ai trouvé le temps de m'équiper...

- Ah, oui, je comprends. Non parce qu'on vient de recevoir les PC, là, et...

- Les PC de 2000 ?

- Oui.

- Ecoutez, j'ai un rendez-vous, là, j'vais vous laisser...

- Très bien, au revoir monsieur.

 

Et là, l'angoisse poignante : comment raconter l'indicible sans passer pour un mythomane à la petite semaine ?

 

Par boultan
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Vendredi 22 avril 2005

- Nan, appuie là, juste là, doucement...

- Mais j'y arrive pas j'te dis, c'est trop gros ton truc, où je mets mon doigt !?

- Mais là, à la base de la tige rigide, regarde !

- Ah oui ! Et alors, ça va faire quoi ?

- Bah normalement ça aide à faire sortir la grosse boule...

- Quelle grosse boule ?

- Là elle est cachée, mais regarde, si tu saisis bien l'engin, hop, elle sort toute seule !

- Et après, j'en fais quoi de la grosse boule toute rouge ?

- Bah tu la mets dans ta bouche, c'te question !

- Avec l'emballage ?

- Nan, enlève le plastique, ça sera meilleur pour toi

- Mais c'est très gros, j'vais m'étouffer !

- Meuh non, voyons, vas-y essaie...

- (slurp slurp) Wouaou, t'as raison, c'est super bon dans la gorge !

- J'te l'avais bien dit... Allez reprends-en encore un peu... Et t'inquiètes pas pour la caméra, Virginie, c'est comme ça que le métier rentre...

 

 

 

Par boultan
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Mercredi 27 avril 2005

(Résumé des épisodes précédents

Ce traité de constitution-qui-n'en-est-pas-une est un mauvais traité, mais moins mauvais que ceux d'avant même s'ils resteront en vigueur quoiqu'on vote. D'un côté, les oui-oui, qui estiment que les pouièmes d'avancées sont toujours ça de pris, que les non-non n'ont rien compris, qu'on va encore nous prendre pour des grandes gueules. De l'autre, les non-non, à qui déplaisent fortement des points capitaux du texte, qui en ont marre de se faire traiter de con-con par les oui-oui et qui pensent possible une remise à plat du texte en fonction de leurs desiderata bigarrés. Entre les deux, les peut-être, qu'en ont marre du chômage, qu'ont peur des turcs ou qui pensent qu'un autre monde est possible, alors une autre Europe, pensez donc.

Episode 27 : El Chi, européen de toujours

- "N'ayez pas peur !" exhorte le patriarche, mort de trouille face à ces jeunes qui n'hésitent pas à lui couper la parole. "Vive l'Europe !" continue cette anti-européen convaincu, seulement contraint de tourner casaque pour obtenir son pied-à-terre sur les Champs. "Avec l'Europe, combattons le libéralisme !" termine le représentant le plus illustre du plus grand parti libéral de France, qu'il a créé de toutes pièces. Au sortir du studio, les non-non ont presque des remords d'avoir embêter ce vieux monsieur, les oui-oui s'échangent des regards anxieux, les peut-être regardent le ciel et prévoient encore un temps pourri pour demain.)

 

 

- Disons que c'est pas que je l'ai trouvé bon Chirac, mais je l'ai trouvé meilleur que le concept et le déroulement de l'émission. Après, qu'il se fasse passer pour un pourfendeur du libéralisme à l'anglo-saxonne, j'espère que plus personne n'est dupe. On peut tromper une personne mille fois, mais on ne peut pas tromper mille personnes... euh... non, on peut tromper mille personne mille fois, mais... euh...

- Et puis, depuis quand une constitution se devrait de comporter des éléments de politiques économiques? Qu'elles soit libérale, libérale/sociale ou communiste n'est pas vraiment le problème. Qu'elle aille plus loin que définir le cadre de la vie politique au sein des institutions est en soit déjà une erreur.

- La pilule libéral, il faut bien comprendre que c'est ce qu'on a pour l'instant, et que l'Europe s'est construite comme cela : un marché économique commun, dans lequel on abolit les frontières. Donc supprimer l'aspect libéral et construire une Europe politique revient à effacer ce qu'on a fait depuis 50 ans et à créer quelquechose de nouveau ex nihilo. Je rappelle de plus que ce n'est pas une Constitution, vu qu'il n'y a pas création d'un état. C'est un traité interétatique, réglementant une structure à nulle autre pareille, dépassant le simple cadre d'une zone d'échange économique, n'allant pas jusqu'à une confédération et encore moins une fédération, un OVNI sans comparaison dans l'histoire contemporaine.

- Des pays ont dit non à Maastricht, ils n'ont pas été mis au ban de l'Europe pour autant. Le Royaume-Uni fout le dawa depuis des années, on ne peut pas dire qu'il pèse moins dans les débats, bien au contraire. Français et Allemands se sont torchés avec le pacte de stabilité, il a été remanié. Si la France dit non au TECE, il sera remanié et vidé de sa substance économique, principal point d'achoppement - quand bien même cette substance, résultante des anciens traités, continuerait de s'appliquer durant quelques années, elle ne serait pas gravée dans le marbre. Il faut arrêter de penser qu'on ne pourra jamais revenir sur des traités commerciaux vieux de plusieurs décennies. D'autre part, si jamais un non français créait un séisme politique et stoppait tout progrès européen à long terme, il n'y aurait peut-être pas grand chose à regretter devant une structure aussi fragile. Un peu comme si la cinquième république avait implosé à la première cohabitation.

- En fait je suis prêt à accepter n'importe quelle constitution pour l'UE tant le fait d'avoir une constitution - démocratique cela va de soi- pour l'UE est plus important que son contenu. La démocratie est basée sur trois piliers :
1) le choix par les citoyens de la politique economique, buidgetaire, judiciaire, etrangere, etc...
2) selon le principe majoritaire
3) où un homme = une voix

Or ce projet de constitution ne respecte aucun de ces trois piliers !

Que la politique soit ultra-libérale, libérale, libéral-sociale, social-libérale, social-démocrate ou collectiviste doit être déterminé par le résultat des élections. Si la constitution ne le permet pas -et elle ne le permet pas- ce n'est pas démocratique (et, à vrai dire, ce n'est, alors, même pas une constitution !).

Un Espagnol doit valoir autant qu'un Danois qui doit valoir autant qu'un Français qui doit valoir autant qu'un Slovène. Un homme, une voix, qu'il soit riche ou pauvre, noir ou blanc, Luxembourgeois ou Allemand. Or dans l'instance décisionnaire de l'UE un citoyen luxembourgeois est 80 fois plus représenté qu'un citoyen allemand. Ce n'est pas démocratique.

Une constitution est la loi fondamentale. Comme toute loi elle doit pouvoir être modifiée selon le principe majoritaire. La plupart des constitutions demandent une majorité qualifiée des parlementaires pour cela (ou une majorité des citoyens directement consultés). Mais ce projet de constitution pour l'UE exige une unanimité totale. Ce n'est pas démocratique.

- On fait quoi alors, en cas de non ?

- Le président de la République, qui est celui qui a décidé de laisser au peuple le choix de ratifier ou non le TECE, a annoncé qu'il resterait en place en cas de non ratification.
Or la constitution française stipule que le Président de la République négocie les traités. Donc en cas de non ratification de ce traité, il reviendra donc à Jacques Chirac de décider de ce qu'il conviendra de faire. Genre, signer un nouveau traité par lequel les Etats-membres décideraient de faire élire aux citoyens européens une assemblée constituante qui élaborerait un projet de constitution (dans des limites fixées par le traité) qui serait ensuite ratifié par ces mêmes citoyens européens.

- Euh, ça peut marcher, ça ?

- Bof... Charybde, Scylla, tout ça...

 

Par boultan
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Mercredi 11 mai 2005

- Enculé !

- Hé, toi, t'arrêtes de mater le cul de ma princesse, vicelard !!

- Il reste des bières ?

- Aïe... aïe... aïe... AIEEEEUUUUU !

- 'Me suis fait défoncé par un singe moi, si j'm'assois j'fais ventouse...

- ATTENTION J'ARRIIIIIVEEEEEE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!

- Tiens, des géantes vertes, c'est beau comme un ballet russe dis donc

- Putain de dino, 'm'a fait tomber dans la baille...

- Ah oui, il en reste des fraîches là...

- Oh, la belle bleue !

- C'est bon, c'est bon, c'est bon, vas-y... ARGGGGGGGG qui c'est qui m'a coupé juste avant la fin ?!!!!!!!!!!

- C'est moi, hé hé

- Batard de ta mère la pute qui suce des bites en enfer !!!!!!!!

- Tu m'auras pas aux compliments

- Où il est le décapsuleur ?

 

 

L'homme moderne, ce héros au nom si doux, est une grosse boule de tendresse. Tout en conservant sa mâle virilité qui le rend, ne nous voilons pas la face, proprement irrésistible, il assume désormais parfaitement sa "part féminine", cuisine les tartes salées comme pas deux, écoute patiemment toutes les récriminations de sa moitié sans mater le match par-dessus son épaule en loucedé, et verse même une larme dans les grosses occasions (rayure sur la carroserie du Scénic, pénurie de cacahouètes, premier tiers prévisionnel). Pourtant, quelque chose d'animal, sûrement situé dans la zone reptilienne de son encéphale (ou alors un mètre plus bas), le pousse parfois à agir comme un gros con cro-magnonesque, éructant d'infâmes insanités et buvant comme un trou en se tapant la bourre avec ses effrayants semblables à Mario Kart. C'est un peu comme une fille qui s'épile les aisselles : ça a son utilité sociale, mais on n'a pas envie de voir ça. La prochaine fois, nous parlerons des filles vociférant sur leur joystick et des garçons qui s'épilent les dessous de bras. Et là, fini de rire.

Par boultan
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Jeudi 12 mai 2005

La trouille.

Des angoissés, partout. Plus je regarde autour de moi, au plus près même, plus je constate, effaré, la proportion halucinante d'angoissés. Bloqués, coincés, écrasés par la flippe. Pas doués pour le bonheur, mais alors pas du tout. Tétanisés du relationnel. Des fuyants, des qui mettent les bouts dès que ça touche à l'os, dès que ça dure, dès que ça devient un quelque chose, ça, oui, à la pelle, j'ai plus de doigts pour les compter. En plus, je les attire, va comprendre. Ou alors, des qui font tout pour que ça foire, juste pour se conformer à leur schéma habituel. Des atteints du syndrome de la prophétie auto-réalisatrice. Je suis nul, je foire tout, alors vite, ce petit truc, là, qu'a l'air bien, sain, porteur, vite, le planter, le jeter, comme ça j'aurai bien raison, je serai nul, je foirerai tout. Implacable. Injuste, pour les mal accordés, les petit-bouloteurs, les vrais cabossés qui, eux, n'attendent que ça, d'avoir un truc bien qui leur passe à portée de main. Toute leur vie, des fois, ils attendent. Sans qu'une main ne se tende, sans "tuteur de résilience" comme dit Cyrulnik.

La résilience d'un métal, c'est son aptitude à reprendre sa structure après un coup.

Alors, on s'demande, un truc tout con : comment ils faisaient, comment ils ont fait, nos parents, nos grands-parents, pour éviter ça. Pour être ensemble, pour supporter leur boulot, pour rester dans leur maison. Pas les soixante-huitards, ceux d'avant. Et puis même les soixante-huitards, beaucoup du moins, en vieillissant. Z'avaient pas la bougeote comme nous, pas aussi fort, pas pour tout. C'est pas qu'ils résiliaient naturellement comme des dingues. Simplement, il y a des questions qui ne se posaient pas. C'était comme ça, et pas autrement. Chape de plomb sur les traumas.

Donc, on s'demande encore, peut-être qu'il suffit d'être bien conditionné pour être heureux. Parce qu'ils le sont, souvent, heureux. Et quand ils ne le sont pas, limite on s'en veut, nous. De l'être, ou qu'ils ne le soient pas. Nous, est-ce qu'on a progressé ? Est-ce qu'on se tripote le nombril en croyant qu'on est juste victime colatérale d'un stade de conscience plus avancé, entrainant logiquement des exigences sinon supérieures, du moins différentes ? Non, je pense qu'on l'est vraiment. Plus conscients. On formule tout cela plus facilement. Ce dont il faudrait être sûr, c'est savoir si ça nous rend plus heureux pour autant. Parce que la conscience de l'insatisfaction, de l'incapacité, du surplace ou de la fuite n'importe où, merci bien. Sacré progrès de l'humanité. Chapeau Darwin. Faut la digérer, cette conscience, s'en faire une amie, l'aprivoiser, y puiser une force. Faut pouvoir les regarder en face, les traumas, ceux de quand on était petit, échappés quand on a soulevé la chape de plomb. C'est pas donné à tout le monde, quand on ne t'encadre pas de balises. Ceux qui ont du mal, qu'on n'a pas équipé pour, prennent le temps qu'il faut. Etudient à rallonge. Saccagent leurs premiers amours. Réalisent à force d'années qu'ils n'auront ni Nobel, ni Pulitzer, ni Palme. Qu'il n'y a nulle place où fuir, ni de raison de le faire. Trouvent leurs tuteurs à eux. On se reposera quand on sera mort. En attendant, fonçons dans le tas, je dis. De l'action, de la parole, de la création, tout est bon à prendre, et vaut mieux que la trouille.

"Le premier tranquillisant que l’homme ait inventé, c’est le silex taillé"

(Contrairement aux apparences, cette note se voudrait optimiste et énergisante. Je recommencerai, en moins confus.)

Par boultan
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Vendredi 20 mai 2005

1 - "Hors de mes proches, les gens, c'est des PNJ"

2 - "Dans les vraies troisièmes mi-temps, manger, c'est tricher"

3 - "Quand t'es un vrai joueur de PMU, tu peux pas manger de cheval"

4 - "Coito ergo sum"

5 - "Cette fille est un goret galactique"

Tirez votre sujet et rompez. Z'avez deux heures avant l'oral. Merci aux profs qui ont mis au point les questions.

 

Par boultan
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Lundi 30 mai 2005

- C'est marrant, ce pote, il était sur le tournage de Dancer in the dark, au début il n'arrêtait pas de s'engueuler avec Björk - comme tout le monde d'ailleurs - mais à la fin ils étaient super amis. Elle l'a même invité à la fête de réveillon qu'elle donnait chez elle en Islande pour le passage de l'an 2000.

(tronche de congre du fan transi qui arrive difficilement à trouver d'autres mots que "l'enculé de sa race !")

- Et... et alors, c'était comment ?

- Ah, il n'y est pas allé, il avait un autre truc à faire, je sais plus quoi...

Arghhh (le congre s'étrangle) mais qu'est-ce qu'on peut avoir de mieux à faire SUR TERRE que de changer le millénaire chez Björk ????

 

Par boultan
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Mercredi 1 juin 2005

- Je trouve que le traité soumis à ratification a de gros défauts. Et je trouve que ne pas le ratifier a de gros inconvénients. Et pourtant, il me semblait difficile de ne pas exprimer de suffrage. C'est ce que j'avais fait pour le quinquenat et depuis je le regrette. Ne pas choisir entre deux candidats, par exemple (au hasard ?) Sarkozy ou Hollande, ne me gènera pas. Mais j'ai constaté que ne pas choisir à un referendum me faisait me sentir mal même si aucune des deux alternatives ne me plait.

Ca me rapelle mon experience de membre de conseil d'administration. On avait à voté pour ou contre et c'était toujours des psychodrames. Sauf avec une gestionnaire qui proposait plusieurs budgets (au moins trois). Elle indiquait pour lequel elle allait voter mais on ne votait par pour ou contre une proposition unique (avec une question sans réponse : qu'est qui se passe si le budget proposé est repoussé ?) mais pour la solution A ou la solution B ou la solution C. Cette fille était ou très démocrate ou très maline mais on n'avait pas l'impresion avec elle d'être une simple chambre d'enregistrement qui avait le choix entre accepter ce qu'on voulait nous imposer ou provoquer un blocage à l'issue inconnue.

A la reflexion, quand cela est possible, un referendum ne devrait pas consister à être pour ou contre un projet unique mais à choisir entre plusieurs projet.

Imaginer si il y avait eu trois projets en concurence : projet A (égal au traité consolidé Maastricht/Amsterdam/Nice) ou projet B (égal au TECE) ou projet C (retrait de l'UE). La campagne aurait été bien différente. Evidemment si le résultat n'est pas le même dans les 25 pays, il y aurait eu un problème. Mais c'est aussi le cas avec le système actuel : un projet unique qu'on accepte ou qu'on refuse. Si certains pays l'acceptent et d'autres le refusent, il y aura bien également un problème.

 

 

- La réponse est : NON. 55 % des Français ont rejeté un texte minable que la propagande officielle a porté au pinnacle. Le peuple s'est réaproprié le débat et la classe politique française n'a plus qu'à se remettre en cause. Maintenant, je vais aller me délecter devant ma télé pour voir les pleureuses se lamenter.

- Quelle "victoire". Il est amusant d'imaginer que ceux qui ont voté contre la partie III n'auront que cette partie III.

- Maintenant faut négocier ça à l'Anglaise : donnez-nous ce qu'on demande sinon on bloque tout.

- Chirac a au moins reussi un de ses objectifs : torpiller le PS pour 2007.

- Plus je lit des ouiouiste feliciter les nonistes de leur vote sur un ton ironique et limite agressif, plus je suis satisfait de voter non.

- N'empêche, avec le non, on a déjà un temps de merde, il pleut et ça se rafraichit.

- La c'est le bon moment si vous voulez torpiller la PAC. Et p'têt le rebate britannique apres.

- Pres d'un demi siècle après la création du Parlement Européen, celui-ci en est encore au stade du Corps Législatif sous Napoléon III : se contenter de voter, d'amender ou de rejeter les projets qu'on lui soumet faute de disposer du droit d'initiative législative. Si un demi-siècle n'a pas été suffisant pour que cela murisse, cela prouve que l'on ne se contente pas de rouler lentement, cela prouve qu'on a choisi un mauvais moteur. Personnellement j'attribue cet échec à ce qu'on a élargi plus vite qu'on a laissé mûrir. Si La CEE avait été créée en 1957 à 6, puis s'était élargie à 8 en 86 (Espagne et Portugal) puis à 9 en 95 (Autriche), on en serait ce soir à recueillir les demandes d'adhésion à l'Europe fédérale, pas à se demander si celle-ci existera un jour.

- Les deux seuls partis à avoir une campagne de parti intéressante et mesurée étaient les Verts et l'UDF. Mais du coup, vu qu'ils disaient que le projet était gris, et non blanc ou noir, c'était forcément beaucoup moins vendeur.

- Sur ce il est tard, je bosse demain et j'ai un tchadien à ramener dans sa dernière demeure (et là, c'est pas l'europe qui va m'aider... à ce propos, vous saviez que les vivants peuvent se balader comme ils veulent en europe, mais que les morts passent toujours par une demande de visa ?)

Par boultan
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Jeudi 23 juin 2005

Dans la série "l'oeuf et la poule", je demande l'intimité ou l'attirance. Non pas ce qui est indispensable, les deux le sont. Mais ce par quoi il conviendrait de commencer dans le meilleur des mondes possibles, quand tout débute et que ce tout, d'abord, n'est rien, ou si peu, mais déjà mieux que rien, bien mieux. Evidemment

 

L'intimité et l'attirance, donc.

Rassuré et intrigué.

La cristallisation et la surprise.

L'exactitude des rythmes et la maladresse des heurts.

Se comprendre d'un regard et ne pas toujours trouver les mots.

Etre nu déjà, mais se dévoiler à peine.

La destination ou le voyage.

Les livres qu'on a lu, et ceux qu'on écrirait si.

Le sms ponctuel ou l'oeil inquiet sur le portable.

La récompense et l'épreuve.

Partager Rachmaninov et dénicher un Toppaloff.

Comprendre, apprendre.

Les casseroles déclarées d'emblée et les couscoussières avouées sur le tard.

L'odeur de son parfum, et ces goûts-là, là.

Le récit de la journée, l'élude de l'enfance.

Le fond de teint soigné et l'épiderme à vif.

Etre là, enfin bientôt.

 

 

En même temps, ce n'est jamais qu'un balancement de l'un à l'autre...

(Manu Larcenet, Le combat ordinaire, tome 1)

 

 

Par boultan
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Mardi 28 juin 2005

Parce que c'est joli, une fille qui se maquille. Même pas très bien. D'ailleurs, les filles ne se maquillent souvent pas très bien. Aussi vrai qu'on ne reconnait pas sa propre voix au téléphone parce qu'on a l'habitude de l'entendre résonner dans sa boîte cranienne plutôt que, bêtement, par l'oreille, on est toujours la dernière personne au monde à être capable de juger ce qui nous va - ou pas. Parce que l'image que renvoit le miroir passe certes par la rétine, mais le nerf optique prend ensuite une chicane, quelque part entre le reptilien et quelque lobe antérieur où logent les traumas, et subit des distorsions telles qu'il arrive méconnaissable à destination. Comment s'étonner, après. De ce pantalon porté trop haut, qui ferait presque passer un si beau cul pour un gros pétard avachi. De ces toutes petites plaques de fond de teint, parfaitement inutiles sur une peau de bébé qui donne envie de mordre. De cet eye-liner qui parfois bave un peu, comme si on pouvait voir autre chose que de tels yeux. Tout ça parce que ceci ou cela, une remarque vacharde de cour de récré, un papa tendre comme un rabot rouillé, un premier mufle comme pas permis. Bref. Finalement, au lieu de dissimuler, on expose tant de choses qu'on comptait cacher.

 

Par boultan
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