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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 00:02
 
 

Hier j'ai posé la question et je n'ai eu aucune réponse convaincante donc je réitère.
La question est :
Pourquoi l'hiver ?
Non mais c'est vrai, personne sait au juste, c'est complètement désespérant, et on est là, on fait rien, on fait comme si c'était normal, on se caille en silence, on se trempe comme des cons et personne pour nous expliquer, la moindre des choses quand même, nous expliquer pourquoi, on voit bien à la télé qu'ailleurs c'est différent, oserais-je dire c'est mieux, ça se dore la rondelle à qui mieux-mieux alors qu'ici, le gris imputrécible, les pics à trois degrés qui ne durent qu'une journée, les deux manteaux à peine enfilés ça te gratte pile au milieu du dos et t'es comme un scarabée qui s'essaie pathétiquement au Taï-Chi, tu peux pas rencontrer quelqu'un parler à quelqu'un essayer d'intéresser quelqu'un sans avoir le nez rouge la goutte au bout le teint blaffard, alors qu'il suffirait d'un peu de solidarité, d'un regain d'unité, qu'on s'entende tous, et on bouge tous, là-bas, où le soleil, où les vagues, on déménage on emmène les maisons les enfants les boulots les espoirs et voilà, si on y va tous ils seront bien obligés de faire avec.
On serait mieux, quand même.
Alors je dis, très officiellement, après l'église après le syndicat après le parti après le grand soir après la productivité après la Star Ac, décrétons d'utilité publique la seule vraie cause commune moderne, l'héliotropisme.
Et vite.

 
 
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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 00:15
 
 
J'ai pas arrêté les diners aux noix de cajou, ni les déjeuners aux cakes, ni les petits déjeuners à la pizza, ni les séries qui tiennent éveillé jusqu'à 4 heures, ni les soirées à relire au lieu de lire, ni les bars, ni le vague, ni l'intuition...
Mais j'ai quand même pris une bonne résolution.
 
 
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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 00:26
 
 
Je ne suis pas féru de jazz, je suis à peu près aussi manouche que Brice Hortefeux est humaniste mais j'avoue une passion innocente pour le jazz manouche. Ce soir, à la Grosse mignonne, c'était concert jazz manouche et ça a suffi à ce que je me sorte les doigts pour aller siroter des bières surtaxées. Le jazz manouche (tendance slavo-yiddish en l'occurence, tout pour me plaire), c'est comme la bossa nova, c'est à la fois triste et gai, selon l'humeur comme la jolie chanson d'Autour de Lucie, tu prends ce que t'as envie d'y prendre, ici c'était de la chaleur et des rires dans ce lieu où se cotoient encore les très petites filles bondes hyper sapées et les grands blacks de la voirie de Montreuil. Et en voyant la violoniste j'ai repensé à ces quelques amis qui partagent un fantasme indéfectible pour les violonistes (et les violoncellistes c'est encore mieux, size does matter), je n'avais jamais bien compris le trip et ce soir j'ai compris, ça n'est pas qu'une question de port de tête altier, ça a trait à ce mythe de la pureté féminine je crois, pour eux une fille qui joue du Vivaldi ou du Reinhard c'est une fille sublimée - donc sublime ie irréelle - et ça ne doit pas péter au lit, la belle musique comme une robe haute couture, si tu pisses partout t'es pas Chanel du tout comme l'a écrit Karl himself au-dessus des waters de son repaire, évidemment ils se fourvoient, la fille elle a beau jouer du violon elle a les mêmes inconséquences gastriques que tout un chacun mais que veux-tu, les garçons n'assument pas toujours la nature humaine des filles.
 
 
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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 00:03

 
 
Quand j'étais petit, j'arrêtais pas de mentir.
Je pensais à ça, enfermé dans un bocal surchauffé face à mon nouveau chef en train de faire mon entretien de fin
d'année, c'était ubuesque vu qu'il est mon chef depuis deux semaines donc le bilan 2009 c'est pas fastoche pour lui de statuer dessus, mais ça m'a pas empêché de lui faire la grande scène du deux sur mes compétences ma motivation ma charge de travail supposées tout ça pour réclamer un beau chiffre rond en brut annuel correspondant à une augmentation assez délirante au vu de mes compétences ma motivation ma charge de travail réelles, et je mentais tu peux pas savoir à quel point, en vrai je vais pas claquer ma dem' si j'ai rien, limite je m'en fous, j'ai d'autres trucs à espérer là tout de suite de l'existence, mais j'en faisais des caisses, du grand Actor's Studio à faire chialer James Lipton, comme quand j'ai négocié un télétravail inédit à l'échelle du groupe en racontant que la mère de mon fils allait l'emmener limite le kidnapper là-bas loin en province et vous vous rendez compte madame (à l'époque c'était une madame)(c'est plus facile à manipuler la madame quand t'es un garçon)(surtout quand tu lui dis que les autres madames sont rien que des méchantes, elle adore), vous vous rendez compte, vous avez des enfants vous aussi, vous me comprenez, je ne le verrais plus sinon, madame, à la fin elle avait les yeux embués je te jure, une semaine après j'avais mon télétravail signé, deux semaines après elle était virée.
Je me suis rendu compte que je ne mentais plus qu'au boulot.
Je ne sais pas à quel moment on arrête mais on commence tous bien tôt, il parait que tous les gosses s'avèrent de puissants mythomanes,
je n'étais pas le seul ne mens pas toi aussi tu t'inventais une vie des amis des secrets de quoi crâner, le mensonge comme première expérience de la liberté disait je-ne-sais-plus quel psy (je crois que c'est dans le dernier Darrieussecq ou alors je confond), de l'imagination appliquée au réel pour le modeler à volonté quand il l'est trop, réel.
Je ne sais pas à quel moment on décide de ne plus se mentir qu'à soi-même, ni surtout quel raisonnement tortueux
laisse croire que ça prête moins à conséquence, alors même que et d'une j'aimerais bien arrêter de me raconter des bobards, et de deux le monde est plein de gens qui n'attendent que ça, qu'on leur mente.
(J'espère que mon chef fait partie du lot)
(Parce que j'avoue, quand je disais que limite je m'en fous d'avoir une énorme augmentation, je mentais un peu)
  
 
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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 00:09
 
 
C'est vrai, il faut bien l'admettre, on (on est un con, donc on supposera que c'est de moi qu'il s'agit, mais j'aime pas me sentir seul dans le rôle alors j'use du on qui est un peu plus rassembleur, ne t'offusque pas, ça m'aide) a passé un cap quand on commence à aller voir pas mal de groupes qui se reforment, quand on commence ces diners (où désormais les gens arrivent tous en couples ou tous seuls mais on mélange plus les genres, ça foutrait la merde) en évoquant comme des anciens combattants telle émission, telle musique de sa folle jeunesse, quand on compte les appareils photo qu'on a eu et bordel y'en a déjà eu un pacson presque autant que de bonnes photos, quand on sort de certains bar qui gloussent trop fort à notre goût désormais si sûr.
Quand tout nous rappelle quelque chose.
L'anti-Alzheimer, avant le vrai.
On est con (j'avais prévenu), on voudrait retrouver l'ivresse de la première fois avec les choses qu'on connait déjà par coeur.
Et puis, c'est quoi cette nostalgie de la première fois, franchement, c'était si bien que ça la première fois ou c'est juste qu'on pleure sur sa jeunesse perdue, hein. Parce que, quand on y pense. Honnêtement.
La première fois au lit, ça a duré le temps de lire cette phrase, et j'avais un préso vert, vert te dis-je, j'en ris encore, elle aussi, et ça n'aide pas, j'te prie de croire. La première grosse grosse cuite, j'ai fini en t-shirt en novembre sur la montagne de Reims, le cul dans les vignes, avec une fille dans les bras qui vomissait doucement sur mes chaussures et qui me serrait très fort en me disant lâche-moi. Le premier film, c'était Joyeuses Pâques et Corinne T., la brune du CM1 qui portait la coupe au bol des sweats Breizh trop larges et un air pas aimable et que j'aimais bien, forcément, déjà le radar bien réglé, bah ses parents ne l'avaient pas laissée y aller avec nous. La première galoche, c'était dans une cave éclairée avec des loupiotes à vélo et elle avait le plus imposant dispositif orthodontique de la région Champagne-Ardennes. La première clope a été suivie de dix-neuf autres en deux heures jusqu'à aboutir à la première gerbe de l'ère pré-ado.
Alors bon.
Moi je veux bien être nostalgique, mais de la seconde fois.
J'suis bien mieux la seconde fois.
Des fois.
 
 
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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 00:47

 
 
"I am Peggy Olson and I want to smoke marijuana"
C'est la dernière chose dont je me rappelle, après je me suis endormi, assez vite je pense, vivre fatigue et les pots de départ aussi, genre 22h pouf parti rompuche avec l'ordi en vrac sur le lit qui continue tout seul la série, qui tient compagnie à l'autre oreiller, celui qui garde les traces de coloration et qui s'emmerde ferme.
Du coup, hyper frais ce matin, et hyper efficace, mais en fait trop frais, trop efficace et vite l'esprit n'arrive pas à s'en tenir au taf et vagabonde, s'éparpille.
Genre là j'ai arrêté de bosser pour écrire une note qui raconte que j'ai arrêté de bosser pour écrire une note.
Je sais pas toi, moi je suis bien plus productif avec un reste de rhum(e) ou un petit retard de sommeil ou un léger mal de crâne, parce qu'alors je deviens monotâche, je n'ai pas l'énergie suffisante pour faire autre chose, autre chose de forcément plus intéressant comme d'écouter Marilyn en buvant du thé les yeux dans le vague et la tête dans le précis, qui mouline mouline déborde, heureusement pas de marijuana. C'est vrai pour le boulot mais pour plein d'autres trucs aussi, par exemple faut pas croire qu'on débande parce qu'on n'a pas envie, non, le pas envie on sait gérer depuis la nuit des temps, une espèce à perpétuer vois-tu alors le reptilien prend le relais et crois-moi le reptilien il lit pas Cosmo il sait pas les canons il ignore la fatigue et les doutes il se les carre au cul, il fonce tête dressée quoi qu'il en coûte le reptilien. Par contre débander parce que trop d'envie trop de possible trop d'enfin trop de c'est parfait oui ça arrive, et alors ça déborde ça se disperse ça implose ça submerge et, bon, écoute ma chérie, si on attendait plutôt une petite demi-heure avec les yeux flous, hein dis, ok.
Enfin, il me semble, autant qu'il m'en souvienne.
L'éparpillement c'est quand même un putain de désastre moderne.
(Et la majiruana n'aide pas)
Apprendre à canaliser, que tout ça parte dans la bonne direction.
(note pour plus tard : trouver une direction, la bonne si possible)
(ils disent qu'il y a une application pour tout dans l'iPhone, il y en a peut-être une qui donne le sens de tout ça)
(il neige du sucre glace sur Montreuil)
  
 
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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 00:18
 
 
J'ai souvent juré que jamais je ferai de pot de départ, si jamais un jour je quittais un boulot autrement que par perte et fracas s'entend, et ma foi, je commence à mettre de l'eau dans mon vin.
(c'est une expression)
Et pas seulement parce que le pot de départ, c'est une des rares excuses socialement acceptables pour zigzaguer dans les rues à même pas vingt heures, rapport aux deux bouteilles et demi de champagne eclusées à vitesse grand V - et en plus j'ai droit au "tiens le champenois, ouvre donc une bouteille", c'est systématique, ça permet de remplir sa flute en premier.
Nan mais c'est vrai, sans les pots de départ, le nombre de commerciaux à cravates Disney auxquels j'aurais jamais adressé la parole, c'est incroyable. Alors que ces gens-là te mettent de bonne humeur, si peu que tu aies déjà deux grammes pour supporter leurs vannes lourdasses, ils sont épatants, ces gens ne doutent de rien, ou du moins leurs doutes ils les placardent à triple tour si bien qu'il n'en parait rien, c'en est impressionnant, moi à deux grammes je craquèle de partout et je commence à raconter des trucs qu'il faudrait pas comme non tu sais je n'y vais plus là-bas et non j'ai pas envie d'en parler, eux ils tiennent bon, l'habitude sans doute, les déjeuners arrosés au Madiran devant les clients qui n'ont pas encore signé le chèque, à force, total contrôle. Là par exemple, deux commerciaux, le premier au bout de cinq minutes à peine il réussit à faire tomber le frigo, tomber le frigo, t'imagines, le second, égal à lui-même, le Convenant fan du PSG de Johnny des blagues mysogines et de Citroën, que j'ai haï si longtemps jusqu'à apprendre au détour d'une phrase, à un pot de départ évidemment, qu'à côté il gérait aussi des assoces de descendants de déportés rapport à une partie non négligeable de sa famille partie en fumée mais ça il n'en parle jamais, il te raconte comment il a fini la séminaire son slip sur la tête au milieu de la rue en hurlant la blague des deux putes mais ça il n'en parle jamais, la schyzophrénie du commercial. Et l'autre aussi, pas commercial mais qui aurait pu, qui fête justement son pot de départ à lui ce soir, qu'on voyait par la vitre trimballer consciencieusement des sacs et des sacs de bouteilles pendant qu'on émasculait les drosophiles en réunion, lui qui part en retraite, bonne retraite qu'on dit, et bon divorce qu'on pense, laminé qu'il est, la cinquantaine bien mûre et un chtiot tout petit et le divorce payé par les indemnités de départ, il continue de vanner les filles de l'équipe, qui le pratiquent depuis si longtemps, qui savent, il vanne sec mais là il a les yeux qui brillent, il ne veut pas partir, c'est raide, s'il pouvait tous les soirs il reviendrait faire son pot de départ, pour pas partir.
Donc, peut-être que je ferai un pot de départ, quand même, pour tous les schyzophrènes professionnels. Et moi en preum's.
 
 
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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 00:23

 
 
Je sais pas pourquoi, y'a des matins comme ça, de trop, pourtant c'était samedi et la ville était blanche et je n'avais rien d'autre de prévu que de la regarder une tasse de thé à la main en matant des vieux sketchs d'Amy Poehler donc rien qui puisse mettre en rogne a priori, et bah si, j'étais en rogne, humeur de merde, patience zéro, grumpy power, je sais pas pourquoi, peut-être le livre fini la veille au soir tard très tard, un livre trop costaud peut-être, trop plein, comme quand on va se coucher après trop de tabac et d'alcool, le matin on est encore dedans mais sans l'excitation, avec seulement l'âcreté qui reste tenace, ça collait dans mon palais, bref, tête de con quoi.
Sauf que maintenant mon radar à humeur s'est perfectionné et au lieu de m'entêter de faire comme si de m'engluer je prend les devants et je retourne au lit, plouf plouf, reset, luxe immense, je sais. Une heure après tout allait bien, passé le quart d'heure tout bouffi comme sorti d'une gangue d'air trop lourd, passé ce quart d'heure, enfin du frais, les compteurs remis à zéro, bon t'as déjà fait la sieste, la sieste idéale, celle qui dure pile-poil le temps nécessaire, tu connais.
Et je me dis, je crois que c'est un peu ça actuellement, dans certains domaines, de ma vie, j'ai appris à faire la sieste, pouce, je joue plus j'ai mal au genou je récupère, pas une hibernation non, des fois la sieste tu dors pas tu lis tu écoutes de la musique tu penses, tu penses, juste, recentrer les choses, de la perspective, du calme, pas subir, choisir son heure, maître du temps, essayer du moins.
(Oui, "comme les maîtres du temps dans Fort Boyard", putain, on peut jamais discuter sérieusement avec toi)

 
 

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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 00:09

 
 
Mon fils, mon chéri,

Il faut que tu saches, au début j'écrivais ce blog par pur souci narcissique, ce qui constitue une aspiration très commune, après tout le monde méritait bien de tout savoir de ma vie passionnante.
Et puis j'ai continué au-delà de ce stade où normalement les blogs s'arrêtent parce que l'auteur un brin humilié se rend bien compte que son narcissisme n'intéresse personne, hormis des fâcheux et quelques proches qui ont l'amabilité de le lire, ou qui ne veulent pas être pris en flagrant délit de l'avoir ignoré ("comment ça t'as pas su que j'avais un ongle incarné, mais enfin, j'en ai fait quatre feuillets sur mon blog, et avec des supers photos en plus !"), ou qui se disent qu'il y a peut-être quelques détails croustillants à y trouver, des choses qu'on ne se dit pas de visu entre proches mais, va savoir pourquoi, qu'on écrit à la terre entière, bref, tout ça n'est pas très passionnant et on s'en rend douloureusement compte et on met un terme à cet exhibitionnisme chronophage et on revient à des passe-temps plus essentiels à l'enrichissement de l'âme humaine comme par exemple mater l'intégrale des Maçons du coeur une bière à la main.
Donc je me suis demandé pourquoi je continuais et j'ai réalisé que c'était essentiellement pour toi, mon fils mon chéri, pour qu'à un certain âge que je n'ai pas encore déterminé mais qui viendra trop vite, tu puisses savoir deux-trois choses sur ce paternel que tu détesteras alors parce qu'il en va ainsi, des choses que j'aurais oublié alors, qui ne seront plus moi, des reliquats d'une autre personne, d'un autre temps, mais un temps que tu auras partagé, sans parfois tout comprendre.
(Oui, ça reste narcissique, je sais, mais je vais te dire, on n'en sort pas du narcissisme, l'altruisme ça n'existe pas, pas du tout, et si les gens font des enfants, c'est pour ne pas mourir tout à fait).
Or aujourd'hui je dois te dire quelque chose d'important, mon fils, mon chéri.
Quand, malgré mes recommandations incessantes, tu laisses dans les poches de tes pantalons sales des mouchoirs qui après être passés à la machine à laver viennent consteller d'un million de petites chiures blanches toute une semaine de fringues, nécessitant de ma part une bonne heure d'inspection minutieuse pour les en retirer, à ce moment-là, mon fils mon chéri, je te le dis tout net, je te collerais bien en pension, comme me disait ta grand-mère à ton âge.
(Pour de rire hein, elle aussi me le disait pour de rire et j'avais pas peur, même quand j'avais vraiment fait une grosse connerie et ne le répètes pas mais tu m'arrives pas à la cheville, mais elle, elle y a vraiment été en pension, chez les soeurs comme on dit, crois-moi en vrai c'est pas tes soeurs, méchantes comme des teignes elles étaient, elle en est ressortie anorexique à moitié morte, à une époque où ça ne faisait pas la une des magazines, l'anorexie, c'était une pionnière la grand-mère, alors quand elle disait ça, et elle me l'expliquait heureusement, c'était une manière de relativiser la connerie, et un peu pour gueuler a posteriori contre ses parents, aussi).
Mais putain, les mouchoirs, bordel.
 
 
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6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 00:15
 
 
Piccoli, Piccoli quoi. Profitons-en tant qu'il est temps. Il est épatant dans Le bel âge, alternant le vieux grigou libidineux et l'ours à la plaie mal lêchée, et la jeune Pauline Etienne, déjà très bonne dans Qu'un seul tienne et les autres suivront, impressionne aussi, pourtant mal servie par un scénario trop léger et elliptique (français quoi). Mais profitons de Piccoli. On ne sait jamais quand c'est le dernier, c'est peut-être ça le plus dur à avaler.
Après il faisait tellement froid que je n'ai pas eu le courage d'aller lire le journal au bistrot d'en face, pourtant il est agréable et j'avais envie, de sentir des gens, c'est un fameux mélange de vieux alcooliques, de jeunes révolutionnaires, de filles un peu décaties et de comptables pas pressés de rentrer au foyer, tu te poses là sur une banquette fatiguée comme une chaise longue, avec un vrai cocktail de pétasse (c'est affectueux) et tu fais semblant de lire le journal et t'as un pur panel, représentatif je sais pas trop de quoi, mais sympathique, oui sympathique, dis-moi où tu peux trouver encore aujourd'hui un lieu public, à part les bistrots, pas ceux d'Oberkampf avec que des comme moi où est l'intérêt, non, des gens qui te parlent sans vouloir ton fric ou ton cul, une nana qui m'explique qu'elle créé des bijoux (elle me montre une affiche, ils sont assez laids, je lui dis "oh, c'est bien dites donc, c'est créatif"), une autre qui me voit lire un (mauvais) Dubois et qui me raconte qu'avant de venir ici, elle a lu tout Dubois au Sénégal et tout Hugo aussi, et l'autre soir il y avait à ma droite un couple qui sentait fort le premier rencard Meetic, lui pérorait en racontant sa vie in extenso, entre le content de lui et le tendu qui en fait trop, elle s'emmerdait poliment, des fois elle riait un coup tellement il se donnait du mal ça valait bien ça, et à ma gauche trois jeunes, deux garçons qui lorgnaient une fille, deux garçons assez ingrats qui lorgnaient une fille très jolie, comme m'avait dit un jour une amie "à 17 ans même les moches elles sont belles, elles ont un truc, une fraîcheur aux joues, après lequel elles pourront bien courir ensuite, ça sera trop tard", et les garçons refaisaient le monde, il fallait pendre les méchants patrons et donner des papiers à tout le monde ce genre de récit merveilleux, et la fille je crois qu'elle s'en foutait un peu, elle regardait en biais, elle espérait quelqu'un plutôt que le grand soir.
Mais là ce soir c'était pas possible, il faisait trop froid, ce bistrot en fait c'est moitié salle et moitié terrasse fermée d'une bache transparente, entre les deux des portes battantes grandes ouvertes qui laissent passer autant le froid que la fumée mais qui sauvent les apparences et la maréchaussée ferme les yeux, mais du coup ça pèle sa mère même en salle et vraiment, froid quoi, putain de temps de droite.
Alors je suis rentré et j'ai vu à la télé Rachida Brakni qui regardait son Cantona parler, il disait un peu n'importe quoi, des trucs à la Cantona, tu sais, du vague censé en dire long, mais tout le monde écoutait religieusement parce que bon, c'est Cantona, il inspire ça, il parle tu te tais, et elle, Rachida, elle le gobait, je te jure, mais d'une force, c'était presque indécent d'être témoin de ça, elle l'embrassait tout entier rien qu'avec les yeux, j'ai éteint et j'ai lu un chapitre qui s'intitulait "on est vraiment soi-même que face à des cacahuètes" et après j'ai relevé mes mails et après j'ai écrit, moi aussi, en écoutant Sigur Ros puisque les héros des Chats persans, leur rêve ultime, c'est d'aller en Islande voir un concert de Sigur Ros, comme on les comprend, mais en chaise longue alors, et dans une salle bien chauffée, avec des cacahuètes et des cocktails de pétasse.
(Merde tout ça sonne presque triste alors que non, grand Dieu non)
 
 
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