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9 septembre 2005 5 09 /09 /septembre /2005 00:00

C'est joli, Amsterdam, c'est humain.

J'ai vu le gris du ciel qui n'a rien à voir avec le gris du ciel d'ici.

J'ai vu les canards partout sur les canaux.

J'ai vu des sèche-cheveux en forme de pistolet.

J'ai vu des huguenotes protester contre le manque de choix de bières.

J'ai vu des bateaux, des barques, des palettes attachées sur des bidons, des navettes militaires reconverties... tout est bon à flotter, tout le monde a sa coque de noix.

J'ai vu Estelle Lefébure, sa voix est douce et ses amis adipeux.

J'ai vu des hollandais crâne rasé, plein.

J'ai vu des hollandaises taillées comme des digues, plein aussi.

J'ai vu au Schipol, en plein milieu de la foule, un énorme panneau lumineux où défilaient sans fin des messages tels que :

Dying and coming back gives you a lot of new perspectives

Emotional responses are as valuable as intellectuel responses

Even your family can betray you

Expiring for love is beautiful but stupid

Extreme self-conciousness leads to perversion

Fear is the greatest incapacitor

Gouvernment is a burden on the people

Guilt and self-laceration are indulgences

J'ai vu, dans le guide touristique rédigé par la police, ces conseils à propos du quartier rouge :

Urinating in public : dirty habit, always commited by men. Rather use public toilets or even go to a police station.

Prostitution : il you visit one of the women, we would like to remind you, they are not always women. In case you have any problem with a girl or a pimp, don't hesitate to ask a policeman/woman, we know why you're here and you can hardly surprise us anymore.

Je n'ai pas vu un million de choses encore, par manque de temps.

Projet : aller passer quelque temps à Amsterdam avec ma chère et tendre.

(Axiome : trouver une chère et tendre)

 

(photos : boultan)

 
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17 août 2005 3 17 /08 /août /2005 00:00

 

Dans mon quartier, y'a

- un restaurant Japonais qui s'appelle "Takayalé"
- des gamins qui planquent des morceaux de papier alu au pied des rosiers de St Vincent-de-Paul
- une chocolaterie fréquentée en leurs temps par Proust et Balzac et dont l'actuel chef, menacé d'expulsion, a fait une grève de la faim dans sa vitrine pendant des mois, sous les yeux des passants
- un vendeur de journaux black qui hurle "qui n'a pas pris son p'tit noir" le matin à la gare
- des amies chères à proximité
- le square Vuillemin, frontière perméable entre branchouilles du canal et basketteurs de HLM
- un traiteur allemand qui importe du haddock, des weisswürsts et de la Pils de contrebande
- des boutiques de saris, de petits boudhas hilares et de DVD pornos en hindi
- un jardin squaté par des kurdes qui, depuis la fermeture de Sangatte, bossent à la journée dans les boites d'intérim BTP du coin, et jouent au foot le week-end avec mon gosse
- un restaurant libanais qui s'appelle "A la vieille France"
- des clochards qui chantent en canon
- une boutique qui ne vend que des piles
- une librairie où s'improvisent des concerts de pianos et des pièces pour enfants
- le plus petit ascenceur du monde, dans mon immeuble
- la Pinacothèque, bientôt réouverte

 (photo boultan)

 
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10 août 2005 3 10 /08 /août /2005 00:00

A dix jours de la reprise, premier bilan des vacances :

- 96 bouteilles vidées - le Pouilly gardant ma préférence malgré quelques incartades, notamment des Pessac-Leognan qui se reconnaitront

- 17 nouveaux disques écoutés - tout ça pour finir l'été en passant Revolver en boucle

- 7 bouquins lus, Gary en tête

- 1 coup de coeur

- 2 excursions à la mer pour autant de coups de soleil à la con

- 3 cigarettes fumées par jour - et 20 par nuit

- 1 manteau d'hiver acheté, pour faire revenir le froid plus vite

- 7 critères déposés sur le portrait-robot (kiné, brune, vaguement alcoolique, parents décédés ou très très lointains, intra-murosienne, drôle à ses heures perdues, carte UGC) - envoyez candidature à miette qui triera avec délectation

- 5 blind tests et toujours des fortiches pour tout trouver

- 1 saison entière de Desperate Housewives visionnée

- 4 musées (re)visités

- 1, 2, 3, pleins de gens biens croisés deci-delà

- 2 matchs nuls de l'Estac pour son retour en L1

 

Jusqu'ici, tout va bien...

 

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3 août 2005 3 03 /08 /août /2005 00:00

 

 

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27 juillet 2005 3 27 /07 /juillet /2005 00:00

 

Quand on attend le métro à Bastille à minuit en semaine, on ne croise pas de bandes égrillardes ni de couples accolés. Trop tôt, ou trop tard. On croise des individus, sereins, sages. On les imagine entre-deux, en plein âge des possibles quelque soit leur âge, et plutôt content d'en être. On les sent tirer des bilans lucides, sans atermoiements, on devine que jusqu'ici, les choses ont assez bien tournées, somme toute. Ca donne envie d'écouter des sucreries et de savourer cet entre-deux. Parce que c'est bien vrai que jusqu'ici, tout a plutôt bien tourné, et que ça valait la peine, à chaque fois. Oh bien sûr, certaines plus que d'autres, comme celle, partie un jour trop loin et jamais vraiment revenue. Mais bon. Alors autant flotter un peu dans le courant porteur, la foule des individus.

 

 

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13 juillet 2005 3 13 /07 /juillet /2005 00:00

 

(photos boultan, ici)

 

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30 juin 2005 4 30 /06 /juin /2005 00:00

Tel un phare dans la nuit qui tombe dans le frigo quand on ferme la porte, tel une vigie infatigable scrutant l'horizon culinaire de ses deux gros yeux de veau lobotomisé, il était toujours là, impertubable, fidèle comme un vieux chien galeux. Joel Robuchon. Joel. Mon ami Joel, oserai-je. Toujours prêt à t'expliquer, pendant les préliminaires de 23:30, les secrets d'une mayonnaise bien montée à la force du poignet. Minuit, flirt poussé aux dernières extrémités, les lasagnes baignent doucement dans la crème, s'humectant sensuellement, se frôlant dans la casserole. 01:00, l'affaire est dans le sac, et Jojo farcit des encornets avec leur assentiment tacite et de la tapenade faite maison. 02:00, une gorgée d'eau glacée pour l'entracte, ou plutôt non, ce petit Pouilly fuissé conseillé avé l'assent par quelque sommelier pied-noir de passage. 03:00, rebelote, et session de rattrapage sur les piments, leur vie, leur oeuvre. 04:00, dix de der, fin de partie, dernier afflux de nicotine, devant un jambon à l'os cuit dans son jus.
C'était Gourmet TV, et c'était bien.
En plus ça marchait aussi pendant les insomnies en solitaire, les retours de bistrot-où-on-a-oublié-de-diner-mais-pas-de-boire, et caetera.
Et puis un jour, fini.
Pfiout.
Gourmet TV arrête d'émettre.
Les enculés !!
Décidemment, ce Sarko ne reculera devant rien.
Obligé de se remater La grande bouffe en boucle, mais non, manque le côté bergmanien de Robuchon - si, bergmanien, rien de moins.

 

 

L'autre jour, à midi, j'ai recroisé par hasard Robuchon sur une chaine publique à vocation régionale que je ne citerai pas. Il discutait avec un copain cuistot, nippon et assez mauvais, qui ne savait dire que "oui" et "non" en français, et encore, sans trop faire la différence entre les deux. J'ai bien vu son désespoir, à Joel, ça suintait ses pupilles de mérou mort. M'est avis qu'il se prépare une fin à la Loiseau si on ne lui rend pas fissa son faisceau nocturne.

 

 

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25 juin 2005 6 25 /06 /juin /2005 00:00

Chanson de la pluie, attente taraudée, Taroudant

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Love will tear us apart, sous les tristes toits tricasses

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Cigarettes and Alcohol, tour de roue en banlieue ouest

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Nude as the news, Yatzee & Leffe aux Quinconces

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Ca valait la peine, certes, mais encore

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Pyramid song, vautré dans l'herbe à Union Square

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Do you remember the first time, hiver rémois, même pas froid

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Fox in the snow, Barcelonette, chasseur, même pas peur

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La disparition, pour l'ora(n)ge, tout de suite

 

 

Dans des temps immémoriaux, on écoutait un disque d'un bloc, sauf à se lever sans cesse pour déplacer le rubis ou remplacer la galette. Forcé de suivre l'ordre imposé, les hauts et les bas. Quelque chose d'aussi aberrant que de regarder un film dans toute sa longueur sans pouvoir sauter un chapitre, ou de lire un classique autrement qu'en collection Profil. A peine si on zappait en regardant la télé, c'est dire ! Bref.
Aujourd'hui, on case sa discothèque dans un demi-paquet de clope nippon équipé d'une prise jack et de cette terrible fonction : le cheufeul. Le cheufeul, c'est la dawa, le bronx, le portnawak, les orgues de Staline qui te bombardent de morceaux cul par-dessus tête. Des morceaux de musique, oui, mais pas seulement, ça serait trop simple, tu penses. Souvent, ce sont carrément des morceaux de vie qui te tombent sur la gueule. Des pépites, des noyaux, des grumeaux, tout ensemble. Ca touille pas, le nippon, ça t'envoie tout tout cru comme des sashimis d'une fraîcheur douteuse, démerde-toi après pour faire le tri.

La bande-son de ta vie dans un demi-paquet de clope. On verra plus tard si ça nuit gravement à la santé, pour l'heure on bêta-teste.

(la semaine prochaine, nous parlerons de maquillage, de Joel Robuchon et de Romain Gary)

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15 juin 2005 3 15 /06 /juin /2005 00:00

T'es là, assis, tranquille, dans ton repère, pépère.

En train de penser à cette soirée, à cette nuit, à ce matin, avec le demi-sourire cotonneux qui sied à cette heure ô combien aubinale (ie 10:35am sur le fuseau légèrement décalé de l'assimilé-cadre parisien intra-muros).

Songeant qu'une véritable sociologie des toilettes d'entreprise restent à écrire. Bon, il y a bien eu des essais dans Ally Mac Beal, mais qui se limitent malheureusement à des gesticulations vaudevilesques de jambes soufreteuses entre deux portes battantes, avec Vonda Shepard beuglant en bruit de fond, en plus.

Et puis, il faut voir la vérité en face, ta voisine de bureau ressemble davantage à Chow Yun-Fat qu'à Lucy Liu, d'où, j'imagine, ton empressement très limité à demander lors des dernières réunions du CE le lancement d'un happening "toilettes mixtes" digne de ce nom au sein du septième étage de l'immeuble, entre la compta et service du personnel.

Bref, tu médites à des choses sacrément importantes.

Et là, soudain, ce bruit.

Chttchoouuuuuuuuufffff.

La première fois, t'as cru à un collègue vaguement attardé qui soulagerait sa vessie dans une pissotière contigüe en imitant le côté obscur de la trachéite d'Anakin.

Mais non.

Chttchoouuuuuuuuufffff.

Ou alors, c'est la stagiaire qui s'est assise sur le rebord de l'évier en carrelage et qui fait ventouse. Vu le gabarit tout à fait poméranien du type qui vient la chercher le soir en Ford Transit, la chose semble parfaitement plausible.

Mais non.

Chttchoouuuuuuuuufffff.

Et là, tu sens comme une présence. Le bruit vient du confinement de la pièce. L'ennemi invisible est tapi dans la place forte. Tu sens déjà son odeur pestilentielle, qui rappelle un peu celle des pelotes de poils et d'herbe à chat prédigérées que ton soi-disant compagnon à quatre pattes aime à disséminer dans les endroits les plus inaccessibles de ton appartement biscornu ("original" disait l'annonce). Bientôt, cette infection semble t'envelopper d'un halo nauséabond, faisant disparaitre, selon le jour, l'odeur amicale d'un épiderme étranger, le parfum de cette eau de toilette offerte par ta mère à Noël et qui se trouve être également celle de ton père (ce qui amuse beaucoup ton psy), ou simplement la non-odeur de l'après-douche matinale qui n'aurait pas encore cédé la place à la tiédeur un peu rance de cette putain de climatisation dont les filtres ont été changés pour la dernière fois sous Pompidou et qui prend son aspiration directement sur le périphérique.

Bref, ça schlingue.

Et, soudain, l'ennemi est là.

Devant tes yeux, qui s'étaient levé vers le ciel dans un reflexe judéo-chrétien mal refoulé, ou alors telles les mirettes de Bruce ligoté sur sa chaise dans l'armée des douze singes, c'est selon, ce blog est multi-confessionnel.

Et là, enfin, tu visualises la chose, qui a pris la forme apparemment innofensive (mais on ne te la fait pas, ça non !) d'une boîte en plastique rigide, d'une couleur, disons, crémasse, fixée à deux mètres de hauteur, et dont l'orifice crachotant fait face à l'émail légèrement jauni qui constitue la pièce maitresse de ce lieu d'aisance. Dans une perspective freudienne, c'est l'Armageddon.

Ces salauds des Services Généraux ont installé en douce des pschi-pschitteurs désodorisants dans les chiottes. Des saloperies qui vaporisent à intervalle parfaitement régulière leur pestilence musquée sur ton petit corps surpris dans sa plus grande vulnérabilité.

Tu tressaute même en remarquant soudain la recharge "Country Club" posée comme une menace sur le dévidoir à PQ, et qui arbore une splendide illustration de golfeur lancé dans un swing majestueux - une posture pourtant peu commune dans le huit-clos des wawas.

Ca y est. On y est.

Le fin du fin : la synergie corporate par l'odorat. De quoi reconnaitre un collègue à vingt mètre les yeux bandés au milieu du salon de l'Agriculture.

'M'est avis qu'ils en profitent même pour bromurer tout ce petit monde, les salauds.

Bientôt les code-barres, pour sûr, rien ne les arrêtera.

Et comme par hasard, tout ça seulement quelques jours après le retour de Sarkosy.

Voilà, il fallait que le monde sache.

 

En plus y'a presque plus de papier.
 

 

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13 juin 2005 1 13 /06 /juin /2005 00:00

Par le pouvoir du crâne ancestral et du grand Stratégaire réunis, mon blog, ce héros, il troue le cul. Si. Y'a qu'à voir : samedi, une vanne à deux balles pour faire relâcher Florence Obi-Wan et son chauffeur Mansour Barami, et vlan, qui s'est-y qu'est libéré dimanche ? Hein ? Trop puissant j'te dis. Limite, ça fout les j'tons. A peine démurgé, je démiurge ! Donc, ça urge, faut pas laisser refroidir les super-pouvoirs, vite, une liste non exhaustive de trucs-à-demander-au-Saint-Blog :

- Que toutes les fraises du monde aient le goût de celles du jardin de ma grande-tante de quand j'étais petit
- Que Jonnhy Marr arrête ses conneries, fasse un gros poutou à Morrissey et relance l'affaire
- Que mon rédac'chef soit arrêté en rase campagne par un garde-chasse moustachu et affectueux pour zoophilie envers lapins nains non consentants, et mis à l'ombre jusqu'à la retraite, avec rempotage du bambou quotidien par un codétenu serbe surnommé "le boucher de Dragomir"
- Qu'on me laisse enfin emménager gratuitement dans ce triplex de 400 m² en plein 14ème, lieu de douce débauche du dernier réveillon
- Qu'un séisme déplace la région Champagne-Ardennes de 800 km à l'ouest, face à l'Océan
- Que les cheat codes "crédits illimités" de Sim City fonctionnent également sur le site internet du Crédit Lyonnais
- Que me soit rendue l'entière maitrise de mes muscles et assimilés, de mes terminaisons nerveuses, de mes neurones. Et de mes cheveux, tant qu'à faire, parce que ça va mal finir cette histoire de golfes clairs à sa mère
- Que Chirac dissolve l'assemblée - et Sarkosy dans l'acide d'urine d'âne priapique

Je crois que l'essentiel est là.

 

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