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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 17:11

 

depuis une semaine ou deux
(je ne t'en ai pas parlé, non, je ne voulais pas t'inquiéter pour si peu)
J'avais le cafard donc, je le voyais tous les soirs ou presque, toujours seul, le plus souvent sur le plan de travail de la cuisine
(oui, j'appelle pompeusement "plan de travail" les 50 cm séparant l'évier des plaques de cuisson)(le luxe, c'est d'abord une question de vocabulaire)
Il semblait parfois petit, parfois plus imposant, mais enfin il était là, qui me regardait (m'admirait ?) à l'heure où les grands fauves du Katanga partent chasser la gazelle de Thomson dans la savane
(et où je vais chercher un Kinder Bueno dans le frigo)
Un lien s'est tissé, jour après jour, il m'attendait, quand bien même il me voyait parfois saisir un mouchoir funèbre dans lequel je l'enserrais (oh mais avec quelle délicatesse !) avant de lui faire découvrir l'exotisme turquoise des eaux tourbillonnantes de mes waters
(j'aime bien dire "waters")(à chaque fois je visualise Georges Clooney en dame pipi)("waters ?")
Le lendemain il revenait d'entre les morts, enfin pas tout à fait le même, ni tout à fait un autre, bref je lui récitais du Verlaine en attrapant un mouchoir et nous coulions des jours heureux.

 
Mais tu sais l'ingratitude des idoles.
Je me suis lassé.
J'ai voulu recouvrer mon intimité vespérale.
Surtout, je n'étais pas prêt à partager mes Kinder Bueno.
Je lui ai signifié la fin de notre cohabitation :
"Jean-Pierre, il faut que tu partes, si la maréchaussée découvre que j'héberge un sans-papier, qui plus est polygame (oh ne me racontes pas de carabistouilles Jean-Pierre, je suis sûr que tes moeurs sont des plus légères), je vais avoir des soucis administratifs sans fin".
(oui, j'ai mis ça sur le compte de la pression gouvernementale, ça m'a paru plus délicat que de le confronter à mon conformisme petit-bourgeois)
En guise de repas d'adieu, je lui ai patiemment concocté des petites boulettes de lait concentré sucré (et d'acide borique pour faire le liant, sinon c'est un peu écoeurant et je ne voulais pas aggraver son cholestérol) que j'ai disséminées, ça et là, sur le passage qu'il avait coutume d'emprunter quand l'espoir de nos rencontres nocturnes le poussait à dégourdir ses six petites pattes.
Repu, il est parti, pour un monde meilleur.
Sans un mot, sans une lettre d'adieu, tout simplement.
(c'est tout Jean-Pierre ça)

 
Adieu mon cafard

 

 

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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 20:35

 


que la jeunesse nous sorte le cul des ronces si tout ce qu'on leur fait apprendre, ce sont des listes dénuées de sens.
(je m'emporte)
En anglais, mon fils se cogne des listes dignes du Mot et L'idée, par exemple là il sait dire joue, sourcils, fossette et menton dans la langue de Mariah Carey, par contre il sait à peine dire my name is Luca
(et oui, il habite à l'étage).
En Histoire, là, il apprend la Révolution par les dates : il sait quel jour on a proclamé la 1ère République et quel jour Napoléon a pris le pouvoir, mais pourquoi et comment, ça, que d'pouic.
Je me revois à son âge, apprenant par coeur des résumés d'histoire, allongé sur le parquet de l'entrée aujourd'hui enfoui sous de vilaines dalles (mes parents, comme tant d'autres, ont la vieillesse carreleuse), j'étais imbattable sur Du Guesclin et Louis XIV mais je n'aurais pas su dire qui était là avant l'autre.

 
(Enfin, à cet âge-là, je croyais mordicus que le Garde des Sceaux tenait une station-essence)
(J'étais simple)

 

 

 

 

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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 22:11

  

en ce moment, c'est d'intégrer le fait que je n'ai pas d'objectif
je veux dire, si j'étais bon à marier, ça se saurait
je n'ai aucune envie de me re-reproduire, je ne suis pas une photocopieuse et puis cet enfant me comble tout à fait, franchement, franchement, j'aurais peur de tomber sur moins bien
(là si t'as pas d'enfant tu lâches un gros "roooh" de désapprobation)
ma carrière file bon train, surtout le matin
je vais pas t'infliger un livre, quand bien même j'en serais capable, si c'est pour l'offrir à ma mère et à mes trois amis, les mains tremblantes, et leur casser les couilles dès le lendemain pour savoir ce qu'ils en pensent, hein
et puis on aura tous notre statue un jour
(à part ceux qui se font incinérer)
donc voilà, pas de grand objectif


je vais plutôt me consacrer au subjectif
 

 

 

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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 12:21

 

 

qu'on me dit

la foule impatiente (des milliers d'admirateurs transis selon les organisateurs, cinquantes fils rss oubliés selon la police) se plaindrait de mon peu d'implication sur ce blog

moi je dis : doucement, c'est la rentrée hein

déjà, reprendre les mails et facebook

le poker et starcraft

la bière et le vin

(non, ça j'avais pas vraiment arrêté)

et le reste

(surtout le reste)

et puis déjà j'ai mis à jour la musique

alors hein

 

 

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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 11:33

 

 

qu'il me dit mon fils
C'est même la première chose qu'il me dit à la sortie de l'école, après les politesses d'usage.
Par contre on n'est plus dans la même classe qu'il ajoute, en cherchant dans mon regard s'il s'agit de s'en inquiéter.
Mon historique personnel de la distance sentimentale ne m'aide pas à répondre très clairement à ce soupçon d'angoisse, mais je m'applique.
Après il me raconte les vacances et les canards sans abri qui venaient taper du bec contre sa fenêtre à la nuit tombée pour qu'il leur offre le gîte et le couvert en échange de quelques déjections intempestives.

(Pourtant, sauver des canards sans abri, c'est clairement une mission doublement destinée à Emmanuelle Béart)
Dans le métro il déplie consciencieusement un mouchoir à l'eucapyptus sur ses genoux pour manger sa mandarine sans en foutre partout - mon fils est une brute chichiteuse.
Et dotée d'une énorme calculatrice orange estampillée "Collège Plus".

Mince, il est à un an des "grèves de solidarité" passées à manger des bananes écrasées au Nesquick devant la télé.

 

 

 

 

 

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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 11:12

 

 

que la rentrée, la vraie, c'était aujourd'hui.
Fini la fenêtre de poker à côté de Thunderbird et les humiliations sur Battle.net.


Mais ce n'est pas la première fois que je me leurre, hein.

 

 

 

 

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 15:19

 

 

je n'était absolument pas considéré comme maniaque.
(Tout le monde range ses livres et ses disques par ordre alphabétique, non ?)
(Les moules vides, tu les insères bien l'une dans l'autre au bord de l'assiette dans une partouze bien ordonnée ?)
(Toi aussi tu cites régulièrement Nadine de Rotschild dans les diners en ville ?)

 
(Ah bon)

  

  

 

 

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18 août 2010 3 18 /08 /août /2010 09:55

 

 

un bronzage, j'en aurai fait quoi exactement ?

Crâner devant les collègues ? De toute façon, ils aiment mieux que je bosse de chez moi (t'inquiètes, il en faut plus pour me vexer).
Ensuite, c'est très surfait, la comparaison des marques de maillot devant la machine à potage - est-ce que j'expose mes plus beaux morceaux de peau pelée, moi ? J't'en garnis un oreiller l'an prochain ?
 
Et puis, qui voudrait crever à 70 ans d'un cancer de la peau après toute une vie passée à être confondu avec Cathy Guetta ?
J'te l'dis tout net, je préfère rester blanc comme un cul à entretenir mon cancer du poumon et ma cirrhose au bar d'une plage du Nord.

 

Pfff.

 

(C'est cher les cabines à UV ?)

 

 

 

 

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13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 16:33

 

 

je manque singulièrement d'organisation dans ma vie en général et dans mon travail en particulier - mais souvent je penche plutôt pour la thèse du Dieu vengeur multipliant les épreuves sur mon destin de mécréant.
Parce que reprendre le boulot en même temps que Mad Men et Weeds et alors que mon niveau à Starcraft 2 ne dépasse pas encore celui d'un Sud-Coréen de quatre ans, hein.
(ils sont fortiches, aussi, ces Coréens)
J'ai quand même trouvé une parade à la dispersion et à la déconcentration chroniques qui nous rassemblent, moi et le cocker spaniel : les coups de cloche du Texas Hold'em de Facebook, c'est rudement pratique pour rester alerte entre deux mails.
Quand je pense que certains remettent en cause l'apport de l'informatique à la productivité professionnelle.

 
Mécréants.

 

 

 

 

 

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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 13:59

 

 

Un été de fraîcheur moite, orange vif et bleu rieur, frites et muffins, un été de restauration ludique, l'écran en veille, les mots en permission, qui prennent le temps, de s'accumuler, les trains de vie, pas plus haut que le nord, la mer quand même et les cris des mômes, champagne et biafine, un nouveau monde, encore

 

 

 

 

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