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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 15:48

 

 

Donc hier j'étais parti acheter des lunettes pour remplacer les actuelles qui me donnent un peu trop l'air d'un ingénieur chimiste de Karlsruhe et j'ai l'impression que c'est la crise aussi chez les opticiens déjà parce que c'est vide de chez vide dans les boutiques (mais peut-être que les gens ont en ce moment précis envie de rester dans le flou exprès) et aussi parce que le "non merci, je regarde" poli mais ferme que tu leur envoies quand ils te sautent sur le paletot dès la porte passée n'est suivi d'aucun effet tangible, comme dans ces rêves où les mots n'ont plus aucune prise sur la réalité, là le gars reste sur tes talons et commmente les caractéristiques techniques de chaque paire sur laquelle se porte vaguement ton regard, t'es bon pour le cours magistral de lunetterie. Mais le truc, qui m'a presque gêné j'avoue, c'est leur propension (que je n'avais pas remarqué auparavant, c'est peut-être une spécialité de Montreuil)(le communisme comme vecteur de chaleur humaine), c'est leur insistance à te chausser eux-mêmes les lunettes, dans un geste non seulement très signifiant (vois le monde à travers mes yeux) mais aussi assez intime, les mains qui effleurent ton visage, prennent soin de poser délicatement les branches sur tes oreilles, cette manière qu'ils ont de te regarder droit dans les mirettes comme pour sonder jusqu'au fond de ton cortex avec un petit sourire béat une fois l'objet en place (parce que forcément chaque paire te va très bien), je ne suis tombé que sur des garçons mais ça m'aurait peut-être chatouillé si une fille à corsage m'avait enfilé dix paires de lunettes d'affilée (je suis un garçon sensible aussi), et quand tu hésites entre deux paires et seulement deux paires ils t'en refilent quand même dix autres juste pour te signfier te gênes pas ici c'est la grande partouze du globe occulaire, et quand tu lances le terrible "je vais réflechir" dont ils savent parfaitement qu'il signifie en fait "je vais aller voir en face", la panique sur leur visage, d'un coup ils feraient tout pour te retenir quelques minutes de plus, des devis, des photos imprimées de ta tronche avec plusieurs paires, face/profil comme en prison, et toi finalement, après toutes tes photos effrayantes et toutes les haleines de ces opticiens déçus, tu finis par prendre la paire que tu voulais dès le départ, en trois minutes, dans une boutique où on t'emmerde pas.
(la semaine prochaine, médecine du travail)

 

 

 

 

 

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 23:37

 

 

des fois je me demande si je ne me racornis pas un peu mais ça ne m'angoisse pas, j'ai pas de plan prédéfini au-delà du mois à venir, et déjà c'est le bout du monde
je suis de très bonne humeur, le soleil me met de très bonne humeur, ça y est c'est parti (souviens-toi de te foutre de ma gueule d'ici deux semaines quand je me plaindrai d'avoir trop chaud)
j'ai envie du stade juste avant l'ennui, le stade serein où l'on ne se sent pas obligé de remplir chaque heure libre et où tirer des plans sur la comète ne demande pas une énergie et une foi délirantes, le stade où tu ne cours plus après tes idées mais où ce sont elles qui te rattrapent, même si ce ne sont pas toujours les bonnes
(oui ça doit s'appeler les vacances)
t'aurais vu ce matin, la crainte dans l'oeil de mes collègues parents venant me demander des nouvelles de mon fils pas épileptique mais presque, ils m'ont presque foutu les jetons, moi pour qui tout ça ne peut pas être grave puisque je l'ai décrété, le mélange de leur commisération louable au demeurant et de mon déni à moi n'était pas très agréable à subir à l'heure où d'habitude je dors encore en rêvant à des brunettes plus ou moins floues
ce matin il était fatigué mais ravi de ne pas se réveiller à l'hôpital, d'ici quelques jours il n'y paraitra plus trop
on a la digestion lente dans la famille

 

 

 

 

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 11:24

 

 

et tu vas me dire ouais tu pourrais donner des nouvelles quand même, ou des anciennes à la limite mais enfin faire un signe et pas le mort comme ça depuis que tu es parti depuis que tu es revenu et je te dirais que c'était bien mon intention avant-hier soir jusqu'à ce que mes jointures usées ne tombent dans le sommeil en tout début de soirée, et au lieu de me réveiller en pleine nuit sur le canapé devant la mire (ah non c'est vrai, y'a plus la mire, ils nous ont même pris ça) le téléphone m'a réveillé avant que le jour ne change de nom, ne panique pas mais il faudrait que tu viennes à Debré, forcément je panique un peu quand même et je dis quoi, encore Debré, je racroche je met mes chaussures j'enlève mes chaussures je mets des chaussettes puis re-mes chaussures puis j'enlève le tout à nouveau pour pouvoir troquer mon pantalon de pyjama contre un vrai pantalon enfin bref je suis un peu confus, je finis par arriver aux urgences pédiatriques où je retrouve mon fils pimpant, attendant son tour (le point commun entre l'hopital et l'armée, c'est l'apprentissage de la patience), il a bien la joue gauche un peu gonflée et une voix un peu pas pareille mais enfin rien de visuellement violent comme sa tête de chow-chow du mois dernier, et on me raconte ce qu'il a fait une heure avant, la paralysie faciale les tremblements erratiques la bave la bave, vingt minutes d'ailleurs incontrôlable, il ne pouvait plus parler mais il essayait d'écrire, vingt heures de consultation, d'examens et surtout de vide à combler plus tard on pose enfin des mots presque rassurants par leur seule existence même, figure-toi que c'est assez courant en fait, figure-toi que les urgences pédiatriques sont pleines de gamin de cet âge qui s'offrent parfois une petite crise convulsive, que savez-vous en fait sur l'épilepsie, j'ai failli répondre il a grandi en écoutant Joy Division, il appelait ça le monsieur triste, mais ça n'a rien à voir, ça ne reviendra peut-être jamais et si ça revient ça ne devrait pas être plus spectaculaire que ça, pas de traitement de fond d'ailleurs, juste une fiole de valium à administrer par voie anale avec la seringue ad hoc, tout un poème, et je me dis quand même, la pharmacopée familiale commence à prendre de l'envergure, entre le shoot d'adrénaline et le valium dans le cul y'a moyen de faire le con, bref, rien de très immédiatement grave, soulagés on a même accepté lorsque l'infirmière, sans doute heureuse de voir autre chose qu'une petite fille cassée en mille morceaux ou un bébé infoutu de respirer, se pointe avec une paire de croc's vert pomme, tiens luca prend-les si tu veux on en a plein, on a même accepté les croc's, te dire si ça allait mieux, il m'a regardé pour l'approbation et j'ai dit oui tu peux les prendre si elles restent chez ta mère, comme quoi je commençais à être moins confus, hier soir j'ai ri, trop bu et tant dormi.

 

 

 

 

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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 15:53

 

 

Des moineaux pillards de l'anse de la Malmousque aux téméraires bébés baigneurs de la plage des Catalans en passant par les ruines encore fiérottes de Valbelle, ça souffle un peu trop fort dans ce sud-là pour qui n'aspire qu'à la légèreté et au vin de Bandol, mais le temps d'une escapade, le temps d'une escapade

 

 

 

 

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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 10:51

 

 

Christ monte au ciel, je descend dans le sud, décidément nous n'étions pas faits pour nous entendre.

 

 

 

 

 

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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 22:56

 

 

Malgré toute l'horreur salariale de la situation, ce pot de travail obligatoire parce que big boss s'invitant il valait mieux être là et poli, ces quatre bouteilles de mauvais champagne glacé et ces assiettes en plastoc remplies de gâteaux mous Auchan (oui, un peu comme dans l'excellent Mammuth), y'a quand même un truc qui m'a titillé pendant une bonne demi-heure (soit cinq ou six coupes, l'ennui donne soif), et soudain l'illumination, je demande à l'oreille de mon collègue de confiance dis, le big boss, il n'aurait pas exactement la même voix et le même phrasé que Roland Giraud, il écrase difficilement un gros rire et acquiesce, et là on se retourne, on observe le chef de pub hableur et lourdingue comme Boujenah et le rédac'chef gentiment pince sans rire comme Dussolier, putain on a la triplette, manque plus que le couffin, vite on a saisi des coupes pour se donner une contenance mais on avait bien du mal à ne pas pouffer et peu après j'ai fui, je suis faible j'ai fui avec ma coupe en rigolant dans les couloirs

 

 

 

 

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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 21:18

 

 

Le Monoprix est un monde de surprises. A ma dernière visite j'ai découvert qu'Hansaplast s'était lancé dans le préservatif (avec un truc à bout torsadé assez chelou, j'avoue, ça ressemble vaguement à un poulpe contrarié), et bon, toi je sais pas mais moi Hansaplast ça m'évoque davantage le gros sparadrap que ma mère collait sur mon genou en sang qu'une rencontre horizontale avec un individu de sexe opposé (ou pas, chacun voit midi à sa culotte), j'imagine bien le challenge marketing pour arriver à rendre ça vendeur, un peu comme si Cochonou s'attaquait au marché des barres minceur, et puis j'ai repensé à ce mot, affection, qui désigne à la fois ce que le corps éprouve dit mon Littré mais aussi une maladie, comme si les deux étaient forcément liés, si notre génération souffre d'une poisse c'est bien celle-là, mais quand même, Hansaplast quoi, à quand du gel à cul Mercurochrome et des godes Black & Decker ?

 

 

 

 

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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 18:16

 

 

Je crois que je suis allergique à l'allergologue de mon fils, je veux dire, elle essaie d'être sympatique mais on sent bien que c'est pas son truc, la sympathie, elle t'envoie chier une phrase sur deux, tu sais les gens oui-mais-non, c'est insupportable les gens oui-mais-non, et puis les quinze coups de fil durant la séance (putain à 80 boules la demi-heure t'as pas les moyens de te payer une secrétaire ?!), bref, après quinze piqures sur chaque bras elle réalise que ah oui effectivement ça réagit super bien sur celle des petits pois, et bah j'vais vous dire, j'ai un paquet de kiwis, des floppées d'arachides, même des pommes et deux ou trois épinards, mais là c'est mon premier p'tit pois, voilà, remarque c'est un moyen comme un autre de se distinguer dans la vie hein, l'allergie rarissime...
Mais quand même, elle a un côté sympatoche l'allergologue, c'est que sans broncher elle nous a refilé triple (le père, la mère, l'école, sainte trilogie) stock de médocs rigolos pour se défoncer si l'hiver perdure et qu'à force d'à force on n'en peut plus, entre les cachetons qui rendent ultra-zen et les shoots d'adrénaline (certes pas dosés comme dans Pulp Fiction mais enfin laisse-moi rêver), y'a de quoi faire.

 

 

 

 

 

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 23:52

 

 
Donc je vérifiais le site du troquet du coin et j'ai vu cette expression, massage intuitif, j'ai trouvé ça fabuleux, comme si ça pouvait être autre chose qu'intuitif, oh je sais qu'ils vendent des dvd pour t'expliquer tout bien comment il faut palper la cinquième lombaire dans le sens inverse des aiguilles d'une montre mais enfin franchement le plus souvent t'as même pas le temps d'arriver jusqu'à la cinquième lombaire n'est-ce pas, bref oui y'a des troquets où tu peux t'initier au massage intuitif entre un brunch vibratoire et un atelier peinture aborigène, je n'invente rien, je n'ai jamais bien compris ce que ça voulait dire bobo mais je crois tenir une piste, je dis ça sans cynisme hein, l'avenir est sans doute effectivement au massage intuitif.

 

 

 

 

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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 22:12

 

 

Les téléphones de l'hôtel ont exactement la même sonnerie que ceux du CTU, si quelqu'un m'appelle dans ma chambre il se pourrait que je réponde - Jack Bauer avec ma voix d'Annie Girardot imitant Fanny Ardant imitant Dark Vador, l'ambiance est un peu étrange ici, un peu something's got to give mais sans Marilyn, toutes ces boîtes renouent avec de gros profits sans vraiment comprendre pourquoi, seuls les chinois s'en foutent, les chinois visitent la Californie en futurs propriétaires des lieux, personnellement je m'en tiens à ma bande d'européens plus intéressés par la Napa Valley que par la Silicon Valley, ce soir wine tasting sur la plage de Capitola, c'est joli aussi comme nom, Capitola, comme quand on capitule devant le paquet de Pépito en sirotant une téquila capiteuse

 

 

 

 

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