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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 22:12

 

 

Dans les plaquettes on te prétendra que Santa Cruz bénéficie d'un climat méditerranéen mais n'en crois pas un mot, le nord de la Californie c'est plutôt la Bretagne niveau météo, et aujourd'hui c'est disons très très breton, ambiance Tahiti douche une bonne idée de soirée à thème, hier j'ai cru que j'allais me faire tabasser durant une interview, j'ai d'emblée posé la question qui fâche et ça a trop bien marché, très fâchés ils étaient, le texan et l'indien, pendant un quart d'heure le texan m'a répondu par oui ou non tandis que l'indien serrait les molaires compulsivement en me regardant comme un intouchable, ensuite il a pris le relais pour me dire que je trouverais mes réponses sur le site web de la boite, bah oui, c'est pour ça que j'ai fait dix mille bornes connards, enfin il a passé vingt minutes à me détailler en débit mitraillette tout son catalogue de produits, sans ciller sans reprendre son souffle, il tenait à me montrer qu'il avait la plus grosse, je suis parti poliment, nice to meet you guys, ah ah, après la sieste j'ai retrouvé mes quelques collègues fréquentables pour profiter de l'open bar, la rouquine ouvrait des grands yeux devant les tours du magicien (y'avait un magicien, plutôt bon d'ailleurs, accessoirement c'était un des fondateurs d'eBay), le londonien chauve abandonnait tout espoir de passer pour hétérosexuel, quand la bavaroise a commencé à voir les lumières de la ville bouger en cercles concentriques on a levé le pied sur la boisson, dedans il y avait des tables de jeu mais on jouait pas du vrai argent alors hein, pfff, quelqu'un a suggéré de tracer jusqu'au Nevada, il faudra faire ça un jour, je crois que c'est l'une des rares motivations qui pourrait me convaincre de passer le permis, la traversée en décapotée, côte est - côte ouest, et on s'arrêterait dans des motels ringards et on

 

 

 
 

 

 

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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 22:28

 

 

L'avantage du jet-lag, c'est qu'aux Etats-Unis je parviens enfin à être matinal.
L'inconvénient, c'est que cette matinalité consiste principalement à mater Big Bang Theory à 4 heures du mat' en me gavant des (délicieuses) productions de la Pacific Cookie Company arrosées de café confectionné en concentrant les trois dosettes disponibles sur une seule tasse (une astuce gustativement insatisfaisante).
Donc Santa Cruz c'est une sorte de Babylone californienne, l'énergique serveuse m'expliquait hier en remplissant mon verre de vin blanc pour la cinquième fois (ce qui ne manqua pas de créer avec cette aimable sexagénaire aux joues rouges un lien certes fugace mais amicalement et viticolement prolifique)(en plus elle vomissait Sarkozy et d'ailleurs, contrairement à ce qu'indique régulièrement la cellule marketing du quai d'Orsay, la côte de popularité de notre président pourrait bien s'avérer encore plus abyssale à l'étranger que dans l'hexagone), m'expliquait donc que dans les années soixante on ne croisait guère que des retraités et quelques surfeurs à Santa Cruz, alors qu'aujourd'hui il faut ajouter à ce mélange déjà fort hétérogène toute une bande de vieux hippies scotchés depuis 1971 aux acides, des yuppies de la Silicon Valley venus acquérir à prix d'or des vieilles bicoques en bois pourri, des monocyclistes dotés de guidons miniatures fixés à leur selle qui leur donnent l'air de s'agripper à leurs parties intimes, des chicanos s'étant fait tatoués l'intégralité des Frères Karamazov sur le dos (je ne puis certifier qu'il s'agisse bien des Frères Karamazov, je n'avais pris que mes lunettes de soleil et j'étais trop apeuré pour m'approcher de ces musculeuses calligraphies), bref c'est un joyeux bordel, un peu comme si on avait greffé le Cap-Ferret au milieu de Royan, ou Paimpol au milieu du Havre, ou (bref t'as saisi l'idée), mais enfin j'ai pu tremper mes pieds dans le Pacifique avant de rentrer au resort qui sent bon le lilas et la résine

 

 

 

 

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25 avril 2010 7 25 /04 /avril /2010 21:18

 

 

J'étais parti pour te raconter ce rêve étrange mais non seulement y'a rien de plus chiant que les gens qui racontent leurs rêves et surtout les interprétations auraient pu s'avérer sinon déplaisantes du moins gênantes pour moi ce qui n'est évidemment pas le but de ce blog dévolu à mon nombril fastueux, tout juste avouerai-je que dans la scène finale je jouais au baby-foot avec Lino Ventura, Benoit Delepine et une brune au visage inconnu dont seuls les seins nus tressotant au-dessus du baby-foot dans un remake assez réussi du clip d'Osez Joséphine m'évoquaient des souvenirs précis quoique changeants (car ses seins se modifiaient d'une partie sur l'autre)(bref) et où je m'engueulais assez sérieusement avec Lino qui n'arrêtaient pas de faire des pissettes alors qu'on avait dit pas de pissettes putain Lino, j'aurais aussi pu te raconter mon calvaire de douze heures enfermé dans un avion britannique et donc forcé de consommer de la nourriture britannique mais je te conseillerai juste d'éviter les sushis réalisés à partir de riz dur, enfin j'aurais pu te raconter Santa Cruz mais j'arrive à peine et hormis un écureuil de la taille d'un coyote aperçu dans le parc de l'hôtel je n'ai pas encore eu le temps de voir grand chose, donc en somme j'aurais pu t'éviter la peine de lire cette note mais hé, que veux-tu, c'était plus fort que moi

 

 

 

 

 

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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 20:58

 

 

Donc je les ai, les affiches de La reine des pommes, scandant GROSSE BALTRINGUE, FILS DE PUTE et GROS BATARDS, chacune dans un sage format A3, j'en suis positivement ravi mais enfin je ne sais pas trop où les coller, ça doit faire deux semaines qu'elles dorment dans leur boite et que je me creuse les méninges, dans les parties communes de l'appartement ça m'emmerde un peu d'avoir à expliquer la référence à chaque fois, les proches comprendraient mais imaginons qu'un soir j'invite à diner Bernadette Chirac, Henri Leconte et Francis Heaulme, comment le prendraient-ils, hein, tu vois, c'est délicat.
(Encore que, je ne doute pas de la jovialité de Francis Heaulme)
Donc à part la solution consistant à faire une série sur un mur de ma chambre (en entrecalant éventuellement la Vierge et la Bavaroise), rapport au fait qu'il y a nettement moins de passage dans ma chambre avouons-le sans détour, je suis un peu perplexe et si t'as des idées, j'suis tout ouïe.

 

 

 

 

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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 18:07

 

 

Outre la tête écrevisse j'ai même chopé un coup de soleil sur le dessus des pieds, que je sens à chaque pas dans mes converse, je l'ai un peu fait exprès, de rester trop longtemps au soleil, parce que le premier coup de soleil de l'année c'est presque un plaisir, d'en être marqué, comme un suçon d'été, ces temps-ci je ne suis pas du genre à snober une bouffée de chaleur, d'autant que les fumerolles islandaises dressent une noire menace sur Santa Cruz, en attendant je suis déjà presque habillé pour l'été, enfin, pour l'été dernier, et ça m'a touché, le soin avec lequel tout cela avait été plié et le suremballage du carton, ça valait de bien grands discours, le poids des mots, le choc des gestes.

 

 

 

 

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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 19:33

 

 

Je suis au bureau, je m'emmerde à cent sous de l'heure, je regarde la lumière traverser l'open space mais la lumière est plus jolie chez moi, chez moi elle se teinte d'orange et semble comme brumeuse, ici elle est grise et nette, j'ai envie de vacances, la vacance je ne sais pas trop la gérer mais les vacances oui, je vais passer le week-end à la campagne, dans une semaine Santa Cruz, je suis sûr que la lumière est belle à Santa Cruz, j'ai acheté un netbook juste pour te dire la lumière de Santa Cruz, et aussi comme un élastique relié au vrai monde, parce que là-bas il n'y aura que des chinois et des marcoms, le marcom étant une ethnie à part entière, qui te vend son produit jusqu'à la pissotière, là-bas on va passer beaucoup trop de temps enfermés à faire semblant d'ignorer la lumière du dehors, à attendre que la cloche sonne l'heure de tremper ses pieds dans le Pacifique, il y a une grande fête foraine sur la plage, il y a forcément des hot-dogs terribles, voilà c'est ça mon ambition du moment, manger un hot-dog terrible les pieds dans le Pacifique, et du vrai coca, ici je bois que du light du zero du lemon ici j'aime pas le vrai coca c'est trop sucré, là-bas par contre ça passe très bien, c'est une question de paysage, c'est comme le sexe oui, c'est pas le sexe qui compte c'est la manière dont il s'inscrit dans le paysage, le coca c'est pareil, tout dépend où il prend sa source.

 

 

 

 

 

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13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 21:45

 

 

Donc c'était au saut du lit (vers 13 h)(j'ai un problème avec les sauts du lit : le premier n'est pas toujours couronné de succès)(et des fois le second s'avère aussi un échec), je n'avais même pas bu un seul litre de café quand la mère de la chair de ma chair (et un peu de sa chair aussi du coup) m'appelle.
Elle m'appelle depuis un camion de pompiers.
Et pas parce qu'elle réalise un vieux fantasme et tient à me le faire savoir, non, ce n'est pas ce genre de fille, elle ferait ça en toute discrétion.
Non, elle m'appelle d'un camion de pompiers rapport à la chair de ma chair qui a à peu près triplé de volume, suite à une allergie alimentaire dont la dernière occurence, fort lointaine, laissait espérer rien de moins qu'une rémission pure et simple.
Rien de grave a priori, quand je suis arrivé à Robert Debré (accessible seulement aux voitures, soit dit en passant, si t'es malade mieux vaut avoir le permis, sinon tu peux tourner autour en cherchant un accès piéton et finir par décéder mortellement de manière léthale avant de l'avoir trouvé), l'enfant avait déjà pas mal dégonflé, il avait juste les yeux de Stallone dans Rocky IV après que Dolph Lundgren a passé quelques rounds à l'avoiner pour lui apprendre la politesse soviétique.
Non mais, est-ce qu'on a idée d'être allergique aux petits pois, hein ?
Surtout que là c'est juste le jus de petits pois qui a touché la viande et a transformé cet enfant en sharpei en un quart d'heure (ce qui, en plus de l'escorte en camion pin-pon, aura définitivement assis sa coolitude sociale jusqu'à la fin du primaire).
(Après coup on m'a suggéré l'idée de lancer une grande enquête pour savoir enfin ce qui se cache dans les sauces de légumes servis dans les cantines, mais je crois ce dossier trop explosif, le monde n'est pas prêt)
Et c'est là qu'est advenu le grand moment de solitude, dans la salle d'attente, quand entre deux quintes de rire j'ai dit à mon fils rooh c'est rigolo, avec tes yeux tous fermés tellement ils sont gonflés on dirait un bébé chinois obèse, j'ai immédiatement senti sur moi le regard meurtrier de la maman chinoise qui se tenait juste derrière lui avec ses deux rejetons rondouillards, et d'un coup l'étudiant face au char sur la place Tien-Anmen, c'était moi.
Mais sinon.
Je réitère mon idée d'implanter un débit de tabac accolé à chaque service d'urgence pédiatrique de France : que ce soit les parents ou le personnel hospitalier, tout le monde clope comme un malade là-dedans.
(ah ah ah, comme un malade)

 

 

 

 

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 00:03

 

 

Les bistrots, forcément, mais il ne faudrait pas négliger les vieilles brasseries mi-tradis mi-décaties, surtout le dimanche, j'aime bien aller au Général le dimanche, parce qu'il y a encore des repas de famille, à l'instant une maman trop blonde pour être blonde vient de souffler à l'oreille de son fils il faut que tu ailles dire merci à papi, c'est lui qui nous a invités au restaurant, souvenirs, le papi frétille d'aise sous les baisers moyennement spontanés de ses petits-enfants, il n'est pas idiot il se souvient et absout cette gratitude obligée, il y a aussi une dame d'un certain âge qui déjeune seule près de la fenêtre, guettant la rue en engouffrant un veau marengo ou des joues de boeuf braisées ou ce qu'on sert à manger dans ce genre d'endroits, mais toujours guettant, il y a aussi quelques couples de quarantenaires fashion venus cultiver leur street credibility auprès des permanentes pastels, il y a deux habitués qui causent politique au bar, des boiseries partout et des appliques très vaguement art nouveau, dehors le sosie de Balkany fume une clope, si ça se trouve c'est vraiment Balkany d'ailleurs, si ça se trouve cette même bouche qui tire sur la clope a un jour embrassé le cul de Bardot, vraiment le monde est petit, les serveurs s'engueulent toujours un peu entre eux pour rester alertes, le vieux carrelage est à tomber le jour du cambriolage c'est ce que je volerai en premier, plus tard j'irai trouver une connexion au MacDo voisin, ils font de fort honnêtes muffins sais-tu, l'après-midi c'est devenu salon de thé dans les MacDo, pour les permanentes pastels réduites aux pensions congrues, derrière moi une d'entre elles discute assidûment avec un jeune papa maghrébin très beau et son jeune fils très beau aussi, je reste persuadé que ce pays exploserait sans ses bistrots, et puis enfin dans le métro, station Oberkampf avec 5 minutes d'attente, une trentaine de personnes sur le quai, et cet incroyable silence, un silence assourdissant, comme une fanfare qui réveillerait un village désert, pas un bruit dans la station, au bout de deux minutes on commence à se regarder, à se sourire, à entretenir ce miracle, happening mutique, tous ensemble dans le silence, j'aime ces irruptions de réel.

 

 

 

 

 

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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 17:04

 

 

Après deux jours de vie de garçons j'ai accompagné celui avec qui c'est si facile jusqu'au métro, je pensais bêtement y acheter des clopes, j'avais même zappé le lundi de Pâques, alors je suis rentré sous le soleil, enfin le soleil, ça m'a mis d'une humeur excellente, déjà que alors en plus, une femme tout sourire m'a demandé le chemin pour le salon du livre puis j'ai pensé à prendre l'avion puis j'ai pensé qu'il faudra poser mais je ne sais pas bien quoi poser puis j'ai pensé à la lâcheté et au hasard puis j'ai pensé aux jambes des filles bref c'était un peu le bordel alors une fois rentré j'ai tout ouvert en grand, mis la musique très fort, les Ronettes et CSS et Datarock et Cypress Hill, le bonheur inouï de l'absence de voisins, et j'ai fait le ménage en chantant faux, en pensant au mardi de Pâques, j'ai zappé le lundi reste le mardi, je commence à croire que je suis plutôt du mardi de toute façon

 

 

 

 

 

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 00:14

 

 

C'est étrange mais j'ai appris à presque aimer ces moments-là, parce que je les contrôle maintenant, où je deviens gris, gris, à faire peur, où j'ai d'un coup la tension dans les chaussettes et d'un coup il n'y a plus personne, souvent c'est l'alcool et la chaleur combinés, des fois juste la chaleur, des fois juste le cul, la dernière fois il a suffi d'une bière et d'une caïpirinha, c'est un peu léger voire au bord de l'humiliant mais enfin ça ne se commande pas, l'espace d'un instant je ne tenais plus debout j'ai été faire semblant de tripoter mon portable sur le canapé rouge, je pouvais à peine lire ce qu'il y avait sur l'écran, juste respirer doucement l'air soudain épais et attendre que ça passe, la suée, attendre que le sang parti dieu sait où revienne si doucement, le chat est venu me demander ce que je foutais là, au bout de dix minutes j'ai enfin senti qu'il faisait ses griffes sur ma cuisse, tu sais comme ils font, doucement, en ronronnant, en écartant bien les orteils pour sortir toute la griffe, en te fixant presque amoureusement, quand je l'ai enfin senti c'est que ça allait mieux, et ce que j'aime en fait dans ces petites perditions c'est qu'après c'est open bar, comme un coup de fouet, je peux boire tout l'alcool du monde après, je ne suis plus jamais fatigué, un shoot de je sais pas quoi, je manque d'expérience en shoot mais enfin ça c'est du costaud, j'ai demandé pourquoi il parait que c'est la coqueluche, la coqueluche quand t'es nourrisson c'est pas le top apparemment, ça rend les artères et les bronchioles un peu sensibles et erratiques, ça m'arrive rarement en même temps et quand je vois les tares familiales ça va, mais j'avoue que, pour des symptômes assez voisins, à tout prendre, j'aime mieux quand j'ai le coeur qui bat un peu trop fort.

 

 

  

 

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