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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 23:55
 
 
Hier comme musique d'ambiance du shopping mall où je cherchais en vain une paire de Converse couleur beurre frais ils ont passé tout le Movement de New Order, et c'était assez étonnant d'entendre Doubts even here même ici chez Bloomingdale's, comme un air de fin du monde qui se répand dans les rayons de chaussures à talon compensé, comme au début de Phénomènes quand mère Nature distille dans l'air un pousse-au-suicide pour se venger du consumérisme, et si les vendeuses brushinguées s'étaient soudain figées avant de se jeter dans le vide par-dessus les rambardes, ça m'aurait surpris mais pas tout de suite.
J'ai moins marché aujourd'hui, j'ai trop marché la veille à vouloir arpenter les quais et le parc et Saint-Mary, faut dire aussi cette cathédrale gothique plantée là m'étonne toujours, une copie de Notre-Dame en plein SF, bref, aujourd'hui repos, je discute à la fenêtre face au soleil avec un plaid en faux-vison sur les genoux, c'est bien mieux que de rouler du cul dans Castro à cause des courbatures, j'essaie d'envoyer le bon message vois-tu.

 
 
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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 16:04

 
 
Si j'habitais ici, évidemment je pèserais quinze kilos de plus.
Minimum.
*pub ProActiv avec Avril Lavigne avant et après l'acné, mais toujours avec son sourire de truite*
Non parce que certes junk food, mais putain de bonne junk food.
Et jolie, au Moma ils font par exemple des gateaux Mondrian trop bons, ils les vendent un bras parce que c'est au Moma et que bon, la culture, c'est pas non plus pour les pauvres, mais enfin, trop bon le Mondrian (surtout les lignes rouges).
*pub The Gold Enveloppe où des étranglés du crédit revolving échangent toutes leurs vieilles breloques de famille contre le quart de leur valeur en cash*
Donc, le Moma, les clips de Bruce Bonner, les mongolitos (et un nain proxénète latino portrait craché de Ticky Holgado) de Diane Arbus, les tryptiques de Lichstenstein, la lumière de Luc Tuymans. Et les gâteaux Mondrian savourés à l'ombre d'une araignée de Louise Bourgeois (dont j'ignorais l'existence il y a encore deux ans et qui me poursuit désormais avec une régularité inquiétante)
*pub YourBabyCanRead où des gamins de 14 mois trop chelous déchiffrent des bouquins - des vrais sans images - devant leurs parents médusés et peut-être bien infoutus d'en faire autant*
Evidemment hier c'était pas le jour officiel de l'art moderne mais bien celui du Super Bowl, donc j'ai été voir ça au bistrot du coin (genre j'ai besoin de prétextes pour y aller) et ces gens sont vraiment de grands enfants au sens grands concons, c'était plein de gros gaillards en maillots officiels que t'as pas intérêt à balancer le ketchup de ton BBQ sandwich dessus sinon ils t'arrachent la verge avec les dents, et plein de filles qui se mettent à crier aussi à chaque first down mais juste parce que les garçons crient (elles regardent pas les écrans, elles regardent les garçons), une ambiance de summer break,
*pub pour une bière light explicitement présentée comme l'élément décisif d'un régime minceur*
et au bout d'un moment tu sens bien que ton manque d'implication sonore fait tâche dans la foule, alors tu tentes un "uh uh" mais sur un touchdown des Colts alors que le bar s'avère franchement Saints, toi tu t'en fous un peu de qui gagne, des deux côtés ce sont des gros noirs qui essaient d'enpêcher des noirs moins gros de rattraper la balle lancée par un blanc, mais apparemment il faut choisir son camp et comme déjà on te regarde de travers parce que tu bois de la bière importée tu cèdes à la majorité, Go Saints.

 
 

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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 15:05
 
 
A deux mètres de moi dans l'avion, débordée par son gosse chiant sous le regard bovin de son mari dont le caleçon vert bouteille à motifs cowboys dépasse de son jean pourtant remonté trop haut, se trouve le sosie quasi parfait de Robin Wright, époque Forrest Gump.
C'est assez perturbant.
Robin Wright.
Kelly Capwell, bordel !
(et avec la même tristesse dans l'oeil)
Forcément je ne peux pas m'empêcher de la regarder, comme un jeu des sept erreurs vivant (et blonde), note bien que le sosie d'Alain Peyrefitte m'aurait interloqué aussi mais enfin, tu vois quoi.
(Robin Wright.)
Bref.
Je passe une partie du vol à regarder à travers le hublot, le survol de l'Amérique du Nord par temps dégagé peut généralement être décrit par l'épithète wouaouh.
(Oui, comme Robin Wright, mais tu ne m'aides pas, j'essaie de penser à autre chose).
Comme j'ai moyen envie de mater Le Petit Nicolas sur un écran vert/jaune de neuf centimètres de diagonale ni sur n'importe quel écran d'ailleurs (QUI choisit les films diffusés dans les avions ?!), je lis, en jetant un coup d'oeil au hublot à la fin des chapitres pairs et en jetant un un coup d'oeil à Robin Wright à la fin des chapitres impairs, je lis le Retour d'URSS de Gide (tu l'crois tu l'crois pas c'est pareil mais ce Staline n'était pas si sympatoche que ça en vrai), je lis le dernier Nicolas Rey et dieu sait que ce garçon m'est sympatique à cultiver son côté nounours-brillant-drogué-fragile mais enfin de là à justifier ce genre de littérature sous-beigbédienne il faut pas non plus pousser Nico, tu m'as pris pour la première trentenaire désillusionnée venue ou quoi. J'ai lu aussi Tijuana mon amour parce que c'est un chouette titre et que je lis toujours du Ellroy quand je viens en Californie même si je suis trop couard pour aller à Los Angeles.
Ma voisine (pas Robin Wright, celle qui nous sépare Robin et moi) oublie sa terreur de l'avion (à l'atterrissage l'explosion de stress transformera cette responsable marketing bien mise en machine à injures) en rigolant trop trop bien devant Le Petit Nicolas, tandis que sa copine distante de quelques sièges, claustrophobe shootée à mort avec des médocs que visiblement elle ne supporte pas, vomit toutes les heures comme un coucou suisse sous l'oeil étonné des enfants alentours.
Je suis d'une humeur de fée.
La première clope en descendant de l'avion, c'est comme la première clope de ta vie, avec le soleil dans les yeux ça tourne un peu mais j'aime bien, et franckly, I could use some dazzling these days.
(Et comme là je me suis réveillé à 3 h du mat', j'ai pu renouer avec TBS, la chaine qui ne passe que des films avec Sandra Bullock, Jennifer Anniston ou Drew Barrymore, uh uh uh)
 
 
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6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 00:02

 
 
Bon, j'ai les billets, j'ai l'hôtel, j'ai le passeport, j'ai l'appareil photo pour en louper plein, j'ai l'ordinateur pour faire semblant de bosser un peu, j'ai la place de concert pour je-ne-sais-plus quel groupe mais qui m'avait l'air d'un Pipettes meet Lush donc sympatique, j'ai les paquets de gâteaux parce que tu peux te foutre de moi avec mes gâteaux dans la valise mais crois-moi plus d'une m'ont chaudement remercié d'avoir de quoi apaiser leur fringale à l'heure où le room service est fini, j'ai plein de livres trop bien j'espère, j'ai l'ipod plein comme un cosaque, j'ai les habits légers vu qu'il fait beau et doux là-bas.
Je crois que j'ai tout.
Back to SF.

Ma retraite. 

 
 
 
Ah, merde, j'ai pas l'adresse de cette foutue conférence...
(bah, je trouverai bien)
  
 
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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 00:01
 
 
Avec tous ces grippés/crevés j'ai annulé la soirée j'avais pas envie d'un quasi tête-à-tête j'avais envie de plein de monde que ça parle fort que ça étourdisse un peu. Je crois que j'ai quitté la phase "je maugrée en prenant l'air profond et vaguement cynique", pourtant fort productive en termes bloguesques, pour entamer une période que je qualifierais avec optimisme de printanière, laquelle sera à n'en pas douter suivie d'une phase "ok je fais plein de trucs sympas mais j'aimerais bien les raconter aussi à quelqu'un qui ne serait pas complètement hostile au fait de mettre sa langue dans ma bouche", phase qui pourrait bien démarrer au lancement de Duke Nukem Forever ou du prochain My Bloody Valentine, ce genre de non-calendrier.
En même temps, le printemps est une chouette saison, à savourer.
Sinon la crise est toujours là qui mordille nos mollets voracement, j'en veux pour preuve les appels désespérés (trois cette seule semaine) des banques qui "en ce début d'année contactent leurs voisins, dont vous faites partie môssieur Boultan, pour les rencontrer, connaitre leurs envies et leur faire bénéficier de patatipatata", je me dis que le téléphone des gens qui gagnent vraiment bien leur vie ne doit pas refroidir, et je me dis aussi que ma foi, si les banques jouent la carte Voisins Voisines, y'a peut-être moyen de parfois sans prévenir leur caser le gosse en baby-sitting à 18h57 ou de venir leur taxer trois oeufs pour les crèpes à l'improviste ce genre de choses, après tout, hein, j'imagine déjà la guichetière de la Banque Populaire Montreuilloise sonner à ma porte à l'heure de Motus, le peignoir entrouvert et le visage ahuri-mais-maquillé-quand-même, juste pour me parler de mes aggios et de son robinet qui fuit, oui ma vision de la banquière se situe à mi-chemin entre Romy Schneider et un vieux Dorcel, que veux-tu, j'ai pas dû bien interpréter la notion de service de proximité, faut dire j'ai fait exprès de garder mon agence à des kilomètres, je croise déjà mon proprio tous les jours, ça me suffit bien.
 
 
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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 00:01
 
 
(oui je cherche à me faire embaucher chez Arlequin, j'ai une science du titre concon très enviable)

Monsieur l'Internet,
Je voulais juste te dire, autant j'aime bien quand t'es le premier à me souhaiter un bon anniversaire (des fois même, sur certains réseaux sociaux programmés avec les pieds, tu me rappelles de souhaiter un bon anniversaire à moi-même)(ce que je fais bien évidemment, c'est pas toujours inutile de s'écrire un grand mail pour se souhaiter un bon anniversaire)(qui a dit pathétique ?), autant là, à la cinquième offre promotionnelle spéciale St Valentin, je t'arrête et je te dis tout net, remballe les boîtes de chocos fourrés, les bouquets de fleurs turgescentes et autres fines symboliques, moi le 13 j'ai requiem et le 14 je t'emmerde.
En te remerciant.
PS : et si tu t'emmerdes dans la boîte à spams entre les roumaines nymphomanes, les béninois dans le besoin et les pilules bleues, voici une énigme :

 
 
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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 00:01
 
 
J'avoue, je suis une fiotte et les deux allers-retours Paris-Londres en deux jours entrecoupés d'un concert m'ont coupé les pattes, et c'est pas comme si j'arrivais à dormir avant deux heures même quand je me lève à cinq, et puis hier soir, comprend-moi, quand Don Draper s'est mis à pleurer je pouvais pas le laisser comme ça et il ne restait plus que deux épisodes de Mad Men, donc ce matin malgré un réveil à une heure moins antipathique j'avais quand même la caboche dans le séant pour aller à la conf' de la société Trucmuche (cherche pas sur google j'ai évidemment changé le nom, on sait jamais avec les ritals, pas envie de me réveiller avec une tête de cheval dans mon lit)(mon lit tout neuf en plus merde), zou quand même, Maison de la Chimie, rien que ça j'avais pas envie, la chimie et moi ça fait douze, à l'oral de Centrale je me rappelle j'avais répondu à tout noirci deux tableaux et le monsieur m'avait dit "merci, ce sera tout" alors j'étais limite confiant et j'ai eu genre 4, d'ailleurs on se demandait l'autre jour pourquoi dans les écoles d'ingés la seule matière où tu trouves des filles c'est la chimie, bref, Invalides, Maison de la chimie, je vois les panneaux Trucmuche à l'entrée, je dis mon nom à la demoiselle je suis pas sur sa liste mais elle me fait un badge quand même trop de la chance, je monte à l'étage, je vais prendre un café dans le coin de la salle dévolu à, je me dis "tiens, c'est rigolo, y'a plein de moustachus en pull-over pour assister à ce bilan financier", je pioche un croissant, tranquille, et d'un coup je regarde le panneau devant moi, devant moi depuis cinq bonnes minutes le panneau, parfaitement immobile et super lisible, et je réalise que sur le panneau c'est pas écrit Trucmuche avec le logo de la société Trucmuche, mais Tricmoche avec un autre logo qui doit être celui de la société Tricmoche donc, dont je n'ai strictement rien à carrer et qui n'a rien à voir avec Trucmuche hormis un nom presque pareil, je ressors et je prend l'autre entrée de la Maison de la Chimie pour arriver à la bonne conférence et je me planque dans un coin de la salle parce que visiblement, ce matin, j'étais pas assez frais pour me lancer dans des questions en anglais devant cent cinquante analystes.
 
 
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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 03:09
 
 
Tu répètes pas mais j'te raconte les dernières mésaventures de junior.
Ce couillon n'a rien trouvé de mieux que de piquer quatre euros que l'amoureux de sa mère avait laissé trainer. Evidemment il s'est fait topé (c'est pas comme si il savait monter un bobard correct ni résister à un interrogatoire musclé), méga-punir, hyper-sermonner de tous côtés, mais il a juste oublié de dire à sa daronne pourquoi il avait fait ça.
Par contre il me l'a dit à moi.
Rappel : il est raide dingue d'une demi-japonaise de sa classe, qui elle est croque d'amour d'un fayot gominé ("comme Nadia dans Titeuf" il m'a dit)(évidemment le mien endosse le rôle de Titeuf aka le loser rigolo). Donc mon fils a eu cette idée que je ne serais pas loin de trouver assez géniale si elle n'impliquait pas le vol qualifié : il voulait utiliser lesdits euros pour acheter un paquet de fèves fantaisie repéré chez le chinois du coin et cuisiner pour sa Roxanne (sic)(ça s'invente pas) un gâteau avec dedans une fève en forme de coeur.
Jésus Marie Joseph.
Enfin, l'air de rien, il a deviné tout seul l'une des brèches principales de l'armure féminine : l'estomac.

  

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22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 00:01
 
 

C'est officiel, samedi, j'ai un lit. Tout neuf. Hyper grand.
Et la bonne affiche de Mata-Hari aussi (celle qui fait juste joli, pas vieux libidineux amateur de lesbiennes en toges).
J'ai reçu une carte de voeux (dieu merci il existe encore des gens qui maintiennent ces traditions)(je n'en suis pas, j'ai honte), une carte de voeux avec un vieux chien dessus, ça m'a fait sourire ce qui avant midi tient du prodige.
Il devrait faire une quinzaine de degrés à San Francisco début février (oui je regarde tous les jours les prévisions et alors).
Il devrait faire tout mochito à Londres la semaine prochaine as usual mais Londres sans la pluie, en même temps, hein.
J'ai une demi-douzaine de billets de concerts pour les deux mois à venir que le monsieur de la Fnac m'a donnés, donnés, j'adore ça qu'on me donne des trucs, évidemment j'avais payé à la réservation mais c'était il y a des jours j'avais oublié alors ça m'a fait l'effet d'un cadeau, tu sais c'est comme quand tu va claquer les chèques Cadhoc du CE ou de la grand-mère ou quand ta carte de fidélité de la librairie arrive au taquet, j'adore, c'est simple, tu veux tu as.
Bref.
Hier ça n'allait pas parce que j'avais croisé au pince-fesses vingt gusses (dont je n'avais vraiment pas envie de pincer les fesses et) qui m'avaient tous dit l'un après l'autre "ah c'est vous qui habitez là-bas" en espérant faire copain-copain et loupé mon gars, c'était vraiment pas le truc qu'il fallait me sortir pour me rendre amical, et j'avais dû à chaque fois expliquer poliment que non, je n'allais plus là-bas, oui c'est dommage c'est joli là-bas je sais, vingt fois, j'exagère j'avais bu mais quand même, un paquet de fois, trop, j'étais pas venu pour raconter ma vie à ces tartempions, même si j'aime bien ce mot, tartempion, j'étais venu parce qu'il fallait et qu'il y avait du champagne et quand même quelques gens sympatiques et la tour Eiffel qui brillait en sortant et j'aime bien la tour Eiffel qui brille, tu vois je ne suis pas difficile à contenter.
Mais aujourd'hui, donc, en pensant plutôt à tout ce qui est devant, j'avais beaucoup de mal à être de mauvaise humeur.
(Pourtant j'y mets du mien, je te promet)
 
 
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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 00:04

 
 
Little darling, it's been a long cold lonely winter
Little darling, it feels like years since it's been here
Here comes the sun, here comes the sun

 
J'écoutais Nina Simone, plus exactement je me la jouais dans ma tête et je l'écoutais en même temps, dans cet amphi plein, trois cents gusses, tous les professionnels de la profession, du vieux barbu chauve en veux-tu en voilà, la grande soirée de lancement, et moi devant eux sur l'estrade avec mes cinq collègues en train de présenter la nouvelle pravda du secteur, sauf que je n'entendais rien des discours pompeux des sous-entendus balourds et du cirage de pompe, j'écoutais Nina, j'étais loin, loin loin loin loin loin, si loin, des fois je fais ça je pars c'est assez agréable personne ne sait, quelques minutes qui semblent une vie.
Sauf que tout d'un coup on m'a donné la parole avec l'intention clairement affichée que je la prenne, évidemment j'avais pas écouté la question, panique intérieure je commence à préparer une échappatoire, mais en fait non, c'était pas moi c'était un autre qui était de corvée, heureusement parce que moi je sais pas ce que j'aurais répondu sans la question, j'aurais trouvé un moyen mais j'aurais cru que tout le monde savait que j'étais loin, pris la main dans le pot de confiote.
Peut-être j'aurais eu un vrai moment d'inconscience, comme dans les films, d'un air très décidé de quitte ou double j'aurais enjoint tous ces vieux messieurs et ces rares jeunes filles à arrêter là le calvaire et à chanter du Nina Simone à fond tous ensemble en se dirigeant tranquillement vers le buffet, au moins ça aurait fait le tri net, j'évalue à une demi-douzaine ceux et celles qui seraient venus me dire merci, les autres auraient ronchonné interloqués méfiants, je sais pas toi mais moi je fantasme souvent ce genre d'incongruité, d'irruption du réel vrai dans la comédie sociale, évidemment je n'en fais rien, je me contente d'attendre le buffet où, là, on peut identifier les personnes vivantes ravies de parler d'autre chose que de la profession, souvent j'ai remarqué que ces personnes portent des jupes, les garçons dans ces environnements-là ont du mal à parler d'autre chose que de ce pour quoi ils se pensent importants, on leur intime depuis tout petit il faut que tu assures mon fils alors ils assurent, leurs arrières, et gardent le masque coûte que coûte, les filles elles n'en font pas une telle histoire, elles savent que pour arriver au poste du vieux barbu chauve elles devront le plus souvent devenir de vieux barbus chauves et merde non, elles font la part des choses.
C'est important de faire la part des choses, la part belle aux choses à part.
(Le champagne rend lyrique)
 
 
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