- Bordel, si on sait plus calmer simplement et efficacement les hormones de bandes de jeunes prépubères, et qu'on a des opérations de police qui ressemble à "Tempete du désert", c'est sûr que les scores du borgne et du nabot vont pas redescendre en dessous des 15% de sitôt...
- Un homme politique se doit de faire ce pour quoi les gens qui l'ont élu attendaient en votant pour lui. Et ni toi, ni moi ne votons pour Sarkozy. Mais je soupçonne que ceux qui votent pour lui attendent précisément ce genre d'attitude.
- Reste encore à savoir si ces gens seront guéris de la délinquance après leur passage dans le formidable système pénitencier français. Permettez-moi de craindre plutôt l'effet inverse.
- En tout cas, il semblerait que les autres pays européens ne connaissent pas de quartiers aussi aliénants que nos grands ensembles du type les 4000 ou le Val Fourré. Cela m'a étonné car j'aurais cru que ce genre d'urbanisme était présent dans tous les pays qui ont connu une urbanisation/immigration importante dans les annnées 50/60. Apparemment on a particulierement merdé en France, il y a quarante ans.
- La chance de la France, c'est que dans les cités il n'y a pas de conflits sévères (à l'américaine) entre les blancs, les arabes et les noirs. Comme quoi, c'est d'abord une bonne vieille lutte des classes, même si pimentée de pleins de choses.
- Si on compare l'époque des blousons noirs, dans les années 1960, avec la période actuelle, on est frappé par quatre ressemblances. On reprochait aux blousons noirs d'agir en bandes très nombreuses, jusqu'à une centaine d'individus, comme les groupes qui sont descendus sur le quartier de la Défense, en début d'année. On leur reprochait également des viols collectifs, comme on parle de "tournantes" aujourd'hui dans les cités. On leur reprochait des vols qui ciblaient les nouveaux biens de consommation des années 1960 (voitures, mobylettes), comme les portables aujourd'hui. Enfin, on leur reprochait du vandalisme, des actes dits déjà "gratuits".
- C'est le gros du problème (une fois qu'on a mis en tôle les méchants casseurs méchants, bien sûr). La majorité des français, à mon sens, s'accomode très bien du fait que 5 millions de pauvres vivent en cité, tant que c'est loin de chez eux. La majorité des français, s'ils sont mis en position d'embaucher, va spontanément choisir Robert à Youssouf. La majorité des français, s'il loue son appart, préfèrera la famille Duchemin à la famille N'Guyen. La majorité des profs d'expérience n'a aucune envie d'aller enseigner en ZEP, la majorité des médecins chevronnés part s'installer sur la côte. Ce qui ne veut pas dire que la majorité des français votent FN ou sont franchement belliqueux à l'égard de ces populations, non, simplement, elle les tolère, tout juste. Si demain, une banlieue imaginaire peuplée à 100% d'immigrés et d'enfants d'immigrés part en fumée, la majorité des français n'en aura strictement rien à secouer.
- Miam miam le zapping aujourd'hui, avec un flic (pris en caméra caché) qui arrete 2 jeunes, les tutoie (alors que eux le vouvoient) et qui dit toutes les 3 minutes pour menacer "tu veux qu'on t'emmene à un transfo comme tes petits copains?"
- Venez voir reellement les cités. Moi, je connaissais pas avant de bosser dans le 93, et bien la realité est pire que ce que montre la tv. Non pas en terme de criminalité ou de violence, mais en terme de qualité de vie.
- Nous en sommes arrivés au stade où l'on casse pour faire parler de sa cité et espérer passer à la télé... On ne m'otera pas de l'idée que si les journaux "oubliaient" de parler des destructions pendant 48 heures, tout s'arrêterait.
- Je m'etonne de voir votre extremisme quand des jeunes brulent des bagnoles, mais aucun quand des bouseux saccagent une mairie ou une prefecture, symbole de l'Etat, ou bien quand des corses font péter un centres des impôts. Les faits sont pourtant beaucoup plus courants que la flambée de violence actuelle, qui elle est exceptionnelle.

(photo : Julien Chatelin)