Alors, Free Zone. Dès le départ, t'aurais dû avoir un pressentiment : plan fixe sur Natalie Portman qui pleure, bon, elle pleure très bien, c'est beau, ok, mais gâché par Amos Gitai qui balance en bande son une litanie abominable sur un homme qui tue un boeuf qui piétine un chien qui boulotte un chat qui égorge un agneau, ça dure dix minutes, un léger "au secours" te traverse l'esprit, mais bon, ça finit par finir. Natalie a cessé de pleurer, tu réalises qu'elle est dans une voiture, et la voiture démarre. Et là, c'est le drame, parce que la caméra est scotchée dans la voiture et que pendant tout ce road-movie à travers la rocaille tohu-bohutante du Proche-Orient, elle va te filer une de ces migraines terribles, ou alors t'es parkinsonien et tu te synchronises, mais bon, statistiquement, l'espoir est mince. Le récit, lui, s'étire comme un lézard sur le Sinaï, il ne se passe à peu près rien, on enfile les clichés sur le conflit israélo-palestinien à travers des bribes de vie de trois femmes réunies par un casting digne d'Endémol - une jeune bourge américaine en quête de racines, une israélienne gironde en quête d'argent, et une palestinienne échappée d'une pub Porto Cruz et qui cherche son fils-arabe-énervé-qui-brûle-tout. Ah si, à un moment on croise une famille de dromadaires très expressifs. C'est maigre, comparé aux éloges dithyrambiques reçus par ce film.
