-
- Reconquête de l'audience féminine, phase 2 : des durs, des tatoués
-
- Quand tu sors de l'UGC des Halles, le soir, la moitié de la salle se déverse illico dans les couloirs carrelés du métro, et ça créé une drôle d'ambiance, presque une intimité, entre les quelques dizaines de gens et de gentes rassemblés sur le quai sinistre du 4, ils ont les yeux embués après un drame, le sourire aux lèvres après une comédie, et, toujours, se regardent à la sauvette, sans oser se raconter "leur" film mais sentant, tout de même, que quelque chose les relie les uns aux autres, avant de se disperser lorsque la trame arrive avec son cortège de touristes hurlants, de clochards odorants et de minets minaudants. Bref. Après Jarhead, dernier opus de l'intéressant Sam Mendes (American Beauty, entre autres), les quidams restaient songeurs au moins jusqu'à Strasbourg St-Denis, un peu interdits, pas bouleversés non plus mais conscients d'avoir vu un film intelligent, un film de guerre (ou de non-guerre) décent, ultra-classique dans sa construction mais honnête et juste dans son discours, sans cynisme ni glorification, sans en faire des caisses non plus sur l'absurdité de la guerre du Golfe (en clin d'oeil, L'Etranger finit dans une cuvette de chiottes et le Voyage au bout de l'enfer de Cimino en porno familial). Un bon film sur la frustration, physique, intellectuelle, sexuelle, qui frustre aussi le spectateur constatant que Mendes se refuse à balancer la purée du tchakapoum et des gros sentiments, à juste titre.
-
-

(si les filles, promis, le troisième au fond à droite est top canon)