Walk the line vs Brokeback Mountain, les mérites comparés de deux films plaisants et dispensables qui, à défaut de faire avancer le schmilblick d'un iota, s'en tirent quand même avec les honneurs.
Les scénarii : cousus de fil blanc, le mélo mou (quitte à faire de la guimauve dans le Midwest, autant partir sur la route de Madison) et le biopic élogieux s'avèrent ultra-classiques et n'hésitent pas à enfiler les clichés les plus éculés. On sait ce qu'on vient voir, on en a pour son argent, on oublie assez vite en sortant.
La réalisation : là aussi, tout ça reste très conventionnel. On croit voir quelques idées au début de Walk the line (quand Johnny court après Jude à travers les rideaux et décors d'un théatre, par exemple), mais la mise en scène ne décolle pas vraiment par la suite, traitant sur un même pied la destruction d'une loge sous emphéts et un concert rigolard dans une salle des fêtes texane. On est encore plus déçu par Ang Lee, qui n'est tout de même pas la moitié d'un tâcheron, mais qui exploite assez mal les grands espaces, et, en 2 heures, peine à délivrer autant de jolis plans qu'un Wenders (pourtant en roue libre) en 5 minutes de Don't come knocking.
Les premiers rôles : d'un côté, deux cowboys semi-autistes qui se prennent le cul sans qu'on sache trop pourquoi, de l'autre une légende monstrueuse de charisme. Victoire par KO de Joaquin Phoenix donc, qui incarne Cash à la perfection et qui donne plus envie d'être homosexuel que tous les musculeux gardiens de moutons du Wyoming. L'oscarisée Reese Witherspoon, parfaite tant qu'il s'agit de yodeler, affiche vite ses limites de comédienne pour le reste.
Les seconds rôles : Phoenix mange tout, y compris ses petits camarades. A part un Jerry Lee Lewis hâbleur, on ne sauvera ni les familles, caricaturales au possible, ni les "guest stars" (le pseudo-sosie d'Elvis, aussi convaincant que Barbara déguisée en Depardieu). A contrario, les seconds rôles sont peut-être ce que Brokeback Mountain a de mieux à offrir, tant les sales ordures, les cowboys burinés, les épouses délaissées et les maitresses obstinées éclipsent sans mal les deux héros.
La musique : Ang Lee s'est senti obligé d'enrober son film de cowboys dans la pire soupe country possible. En face, quelques-une des meilleures chansons de Cash (bien) chantées pour de vrai par Phoenix. Je crois qu'on s'est compris.
Perso le Brokeback m'excite absolument pas... et pas parce que chui pas PD, hein !!<br />
Walk the line j'vais le voir ce week end (enfin !) mais j'ai déjà mon avis, faut dire que je suis pas super objective !!<br />
Disons que je veux bien que Joaquin me scotche par terre ...hum...
je me demande bien pourquoi il faut tout le temps TOUT comparer dans la vie...Hein? Pourquoi? Comme ça? Tout le temps? (dit-elle en plongeant ses yeux dans sa tasse de thé fumante...pftt, c'est pas facile de sortir du coltar aujourd'hui...)