Le plus grand souvenir de ma douzième année, ça doit le pénalty de Luis Fernandez contre le Brésil, sa course folle à travers le terrain tel un setter un peu con mais content-content, Thierry Roland beuglant "oui mon petit, oui mon petit !" à s'en péter la rate (qui tint bon, malheureusement), et mon père qui brisait mes rêves de titre mondial d'un "ouais mais les boches, c'est autre chose que ces danseuses, tu verras" plombant quoique visionnaire.
Pour d'autres, les douze ans s'avèrent un passage légèrement plus traumatique, à croire 12 and holding, beau film sur la crudité (plus que sur la cruauté) de cet âge, de ces enfants, américains en l'occurence, qui jouent leur vie, déjà. Chose rare, 12 and holding ne craint pas d'être désagréable, ne recherche pas la moralité et le pathos à tout prix, ne juge pas. La réalisation très sobre, cadrage serré et effets minimums, compense le scénario et la galerie de personnages un peu trop chargés.
Sinon, les USA s'apprêtent à construire un mur de 1200 kilomètres le long de la frontière mexicaine. Difficile de ne pas penser à Land of the Dead, la cité de riches emmurée prise d'assault par les pauvres et les zombies, alliés de circonstance. Ca va saigner.
DTC : La Symphonie concertante et la Petite musique de Nuit pour de vrai, musiciens au bord du fou-rire, chaussures étincellantes, baignoire deux places.