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La vie des autres ne vaut pas tant pour la reconstitution (qu'on imagine) fidèle de l'ex-RDA, malgré les intérieurs marron/vert les plus réussis depuis La clinique de la forêt noire, la mise en scène poussiéreuse à souhait (à dessein ?) et les stéréotypes attendus (le fonctionnaire mécanisé jusque dans ses mouvements, son supérieur vil et corrompu, l'opposant écharpe au vent...) : aussi bonne soit-elle, la partie documentaire ne suffit pas à faire un bon film, même si c'est assez réjouissant de voir des espions aussi nuls, en butte à des méthodes aussi kafkaiennes, et complètement infoutus de fabriquer une preuve.
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Le scénario, vague resucée de Conversation secrète de Coppola, n'est pas non plus celui du siècle : on comprend vite comment tout ça va finir et les ficelles ont souvent la finesse de l'architecture de Kaliningrad.
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Ce qui emporte l'adhésion, c'est plutôt la confusion explicitée entre la politique et le théatre, entre la surveillance d'opposants et le voyeurisme de spectateur, comme l'explique ouvertement l'officier de la stasi à l'actrice dont il surveille les moindres gestes : "ne décevez pas votre public".
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Le film prend alors une dimension supérieure et résonne (raisonne) singulièrement en cette période de grand-guignol électoral : on finit clairement dans le rôle de la Stasi, à épier les failles des supposés héros comme on épie les candidats à la présidentielle dans leurs grands oraux à mi-chemin entre Loft Story et un gala de Candeloro, où le seul intérêt réside dans l'attente de la boulette, d'une bonne grosse explosion de médiocrité humaine.
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Et on y prend un mal(sa)in plaisir.
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