Quand on attend le métro à Bastille à minuit en semaine, on ne croise pas de bandes égrillardes ni de couples accolés. Trop tôt, ou trop tard. On croise des individus, sereins, sages. On les imagine entre-deux, en plein âge des possibles quelque soit leur âge, et plutôt content d'en être. On les sent tirer des bilans lucides, sans atermoiements, on devine que jusqu'ici, les choses ont assez bien tournées, somme toute. Ca donne envie d'écouter des sucreries et de savourer cet entre-deux. Parce que c'est bien vrai que jusqu'ici, tout a plutôt bien tourné, et que ça valait la peine, à chaque fois. Oh bien sûr, certaines plus que d'autres, comme celle, partie un jour trop loin et jamais vraiment revenue. Mais bon. Alors autant flotter un peu dans le courant porteur, la foule des individus.
