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Une douceur infinie ce matin. Les pieds qui chauffent sur le parquet ensoleillé. Le café qu'on laisse refroidir alors qu'on l'a englouti bouillant 4 mois durant. Bouger quand même, jouer le jeu, 11h. So here we are dans les oreilles, oui, so here we are, pas en si mauvais état. La foule cotonneuse, les filles juste heureuses de ne plus mettre de chaussettes plus jamais au grand jamais de tout l'été.
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Métro. A ma droite le sosie du tueur de Virginia Tech feuillette le Marianne anti-Sarko, mais ce matin la campagne est mise de côté. Les tailleurs blancs de Ségolène ; le numéro d'équilibriste de François ; la campagne par procuration de Jean-Marie ; l'épilepsie tous azimuts de Nicolas ; le sacrifice utile de Dominique ; envolés, dans ce matin doux. Juste, on s'est rappelé que l'élection, c'est aussi le signal du départ de l'été. La fille en face de moi arbore un air à demi-amusé, on dirait une Emilie Simon compressée par César avec le sourire de la Joconde. C'est l'été.
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Mais demain, après-demain, au moins, on n'aura pas droit à la stupeur glaciale de 2002 : c'est l'été et Le Pen est à 12 %. Et la vie continue, qui fait sourire, une amoureuse qu'on va rejoindre, une amie qui se confie, la douceur d'une soirée.
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Vive la France.
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