Hier, victime du marketing naissant et déjà lourdingue du rugby élevé au rang de sport cuculturel devant lequel il est convenable de s'affaler une canette à la main là où le foot vous fait illico passer pour un alcoolique fasciste, j'accordai à ma progéniture l'insigne honneur de regarder la cérémonie d'ouverture de la coupe du monde de rugby - enfin, du monde, plutôt des dix pays qui en connaissent les règles plus quelques autres invités à prendre des bourre-pifs en disant merci. Ladite cérémonie ayant été sciemment pas du tout organisée en hommage posthume à l'amateurisme ovale, faut croire. Atterré devant ce spectacle digne d'un quatorze juillet dans un centre d'handicapés moteurs daltoniens, je décidai de meubler la conversation en expliquant qu'un de nos amis communs est au stade : junior décida aussitôt de plisser les yeux tel Lee Van Cliff pour trouver son pote dans la foule. "Mais tu sais, y'a bien 80000 personnes, on va jamais le voir", l'avertissai-je. "Mais si, dans la vie, faut toujours y croire" m'asséna-t-il. Avec raison. Nous plissâmes donc de concert, lui y croyant dur comme fer, moi regrettant de ne plus toujours y croire comme quand j'avais 7 ans.