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Hier on a vu Gone baby gone, dont le grand mérite est de refuser son destin de gros polar/mélo, avec son quota règlementaire de larmes et de poursuites, pour arriver à quelque chose de plus intéressant à long terme - ce qui est artistiquement et commercialement admirable.
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Ben Affleck axe le scénario sur tout autre chose que l'enlèvement de la gamine : le combat entre moralité et justice, la paternité, la fidélité à soi-même et à sa "famille", la culpabilité... le tout sans coincer le spectateur dans une solution type, sans morale clairement affichée, sans déballage de pathos. L'ensemble n'échappe pas à quelques péchés de jeunesse logiques pour un premier long-métrage : une mise en scène parfois un peu molle et impersonnelle, le personnage de Michelle Monaghan sous-exploité (ce qui empêche la compréhension de son revirement et retire au film sa seule présence féminine potentiellement sexuée)(mais c'est aussi vrai pour le personnage de Casey Affleck, on aimerait en savoir un poil plus sur lui au début du film)(pas beaucoup, juste ce qui justifie par exemple la quête de Jake Gyllenhaal dans Zodiac)(mais j'imagine que l'excellent générique du début est censé combler ce vide, dans un sens)(bref), le jeu de Morgan Freeman trop monolithique, une ou deux séquences freaks dont on espère qu'elles sont exagérées sans en être trop sûr... mais l'honnêteté et l'humilité qui s'en dégagent le rende très attachant et le scénario fonctionne à plein dans la seconde partie.
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Et Casey Affleck, s'il continue de choisir des personnages allant au-delà de ses yeux et de sa voix pleins de larmes, s'imposera définitivement comme un très grand acteur et constitue presque à lui tout seul un modèle assez inédit de masculinité incarnée à l'écran - il ne faudra pas longtemps pour qu'on entende "Mais si, Ben Affleck, le frère de Casey !".
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