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Hier on a vu Sweeney Todd, et c'est comme quand on croise cet ancien pote de lycée qui était si drôle mais qui raconte toujours les mêmes blagues, la verve de la jeunesse en moins. Ou alors c'est nous qui avons vieilli, va savoir.
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Le principal problème de ce film réside dans l'absence de Danny Elfman : en remplaçant l'un des deux ou trois plus grands compositeurs de cinéma par un nazebroc (*), Burton nous inflige d'insupportables ritournelles, maellström irritant et répétitif couvrant une grosse moitié du film de niaiseries qui rappellent davantage André Rieu au pays des touffes grises que l'Etrange Noël de Mr Jack.
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Déjà bien lesté par cette soupe poisseuse comme le fog londonien et par vingt premières minutes assomantes, l'estomac du spectateur subit en outre les lourdeurs d'une histoire des plus prévisibles (pourtant, la traversée express de Londres, au tout début, laissait espérer une mise en scène plus nerveuse), d'une satire sociale (et si les pauvres se nourissaient des riches, pour une fois ?) sous-exploitée et d'une esthétique gothique certes assez réussie, mais réduite à deux décors et demi et tellement déjà vue, et souvent en mieux, chez Burton.
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Les regrets sont d'autant plus vifs que les quelques scènes originales et dynamiques (l'irruption de Borat en barbier italien, la rêverie balnéaire de Ms Lovett) sont particulièrement réussies. Reste, aussi, des acteurs qui font ce qu'ils peuvent : Johnny Depp concerné mais peut-être pas assez vicieux pour le rôle, Helena Bonham Carter toujours aussi touchante, et des méchants assez méchants - c'est déjà mieux que dans Chansons d'amour où, en plus de chansons insupportables, on se coltinait des acteurs principaux mauvais comme cochons (*). Alors que le personnage du barbier se trouve limité à son unique dessein (c'est, physiquement et mentalement, un Edouard déniaisé qui se venge, disons), celui de sa complice, le plus riche du film, aurait d'ailleurs gagné à être mieux exploité.
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Ca donne envie d'aller revoir Sleepy Hollow et Edouard aux mains d'argent.
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Ca donne aussi envie de tuer toutes les Johaaaannaaaaaa du monde.
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(C'est qui cette blondasse d'ailleurs, on dirait une Christina Ricci étirée en vertical ?!)
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Bref, comme dit mon amoureuse avec concision et à-propos : "que c'est tarte".
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