Comme disait Tony Micceli à sa fille qui hésitait entre le pantacourt et le corsaire pour aller galocher cette endive de Chad : "Sam, ma fille, prend une feuille, trace deux colonnes, pour et contre, et tu sauras". "Mais surtout, quoi qu'il arrive, pas de sodomie le premier soir, ça fait mauvais genre" ajoutait-il parfois. Bref. Donc, Batman Begins :
Pour :
- Cillian Murphy, déjà aperçu dans La jeune fille à la perle, est vraiment inquiétant
- Christian Bale campe un Bruce Wayne plus qu'honorable, même s'il joue plus l'obsessionnel que le schizophrène - on peut regretter Michael "Lepers" Keaton, ou pas
- Gary Oldman, qui, comme Michael Caine, a le bon goût de ne pas en faire des caisses, et qui ressemble de plus en plus à Tommy Lee Jones, ou l'inverse
- la première demi-heure, malgré un petit côté dépliant touristique, est visuellement réussie
- pas d'esbrouffe ou d'abus d'effets speciaux à la con (l'anti-Schumacher quoi), sauf dans l'emballement final, indigeste bouillie visuelle
- les retours pas si lourdingues sur l'enfance du super-héros-aux-oreilles-pointues, à la manière de Burton
Contre :
- Liam Neeson, pas crédible pour deux ronds en méchant, et qui a du mal à retirer son masque de cire (modèle Costner 97) taillé par Georges Lucas
- Katie Holmes, avec ses yeux de cocker neurasthénique qu'on meurt d'envie de renvoyer à la fourrière de Dawson Creeks, et à qui, en plus, ont été réservées les pires lignes de dialogues du film, "mais il faut des gentils pour combattre les méchants", ambiance parodie Bioman des Inconnus
- vraiment, Nolan ne maîtrise pas les scènes d'action virevoltantes ; d'une manière générale, la mise en scène est assez quelconque, le réalisateur semblant hésiter entre l'emphase qui sied aux Comics et l'intimité qu'il essaie d'insuffler. Plutôt qu'un "Batman begins", un "Before Batman" lui aurait peut-être mieux convenu
- la Batmobile Jouéclub est un peu pourrave, et les gadgets sont fabriqués en Chine - Marie-Georges va encore râler
- certains pourront regretter que ce Gotham relève moins de l'imagerie gothico-futuriste burtonienne que du New-York actuel auquel on aurait juste ajouté un métro aérien
- la musique reste honnête, mais on est loin de Danny Elfman quand même
