Dans la série "l'oeuf et la poule", je demande l'intimité ou l'attirance. Non pas ce qui est indispensable, les deux le sont. Mais ce par quoi il conviendrait de commencer dans le meilleur des mondes possibles, quand tout débute et que ce tout, d'abord, n'est rien, ou si peu, mais déjà mieux que rien, bien mieux. Evidemment
L'intimité et l'attirance, donc.
Rassuré et intrigué.
La cristallisation et la surprise.
L'exactitude des rythmes et la maladresse des heurts.
Se comprendre d'un regard et ne pas toujours trouver les mots.
Etre nu déjà, mais se dévoiler à peine.
La destination ou le voyage.
Les livres qu'on a lu, et ceux qu'on écrirait si.
Le sms ponctuel ou l'oeil inquiet sur le portable.
La récompense et l'épreuve.
Partager Rachmaninov et dénicher un Toppaloff.
Comprendre, apprendre.
Les casseroles déclarées d'emblée et les couscoussières avouées sur le tard.
L'odeur de son parfum, et ces goûts-là, là.
Le récit de la journée, l'élude de l'enfance.
Le fond de teint soigné et l'épiderme à vif.
Etre là, enfin bientôt.
En même temps, ce n'est jamais qu'un balancement de l'un à l'autre...

(Manu Larcenet, Le combat ordinaire, tome 1)