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Hier, j'ai vu Paranoid Park et j'ai bien aimé et je suis en colère contre lui. Simultanément.
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Je l'ai bien aimé parce que l'acteur est parfait, parce que le quota de beaux plans à-la-Van-Sant est largement atteint et que le travail sur la bande-son est assez passionnant malgré un certain maniérisme.
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Et je suis en colère parce que Van Sant se fout de la gueule du monde.
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Passe encore les insupportables scènes esthétisantes en pseudo-super 8 de skateurs au ralenti : c'est pas parce que t'as pécho le chef op' de Wong Kar-Wai que tu sais faire du Wong Kar-Wai. Juste, tu filmes des grands dadais à jeans trop larges qui font des ronds sur une planche de bois, et ça ne sert absolument, strictement, définitivement à rien.
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Passe - plus difficilement - la scène ridicule du demi-tronc (tu la reconnaitras, tu verras).
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Ce qui ne passe pas, c'est que l'unique ressort du film (dont le scénario remplirait à grand-peine un demi-épisode de Premiers Baisers)(et pour éviter de tout balancer en une demi-heure, bah on répète les scènes dans le désordre)(les critiques adorent), le seul intérêt, disai-je, réside dans l'empathie ressentie avec l'adolescent. Empathie à laquelle on ne peut pas échapper, vu qu'il est relativement parfait comme ado, alors c'est un peu toi ou moi mais en beaucoup mieux et forcément tu gobes toutes les bulles de vide arty autour et tu ne gardes que l'évocation très réussie de l'adolescence mêlée aux souvenirs cotonneux de la tienne.
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Mais tu ressors avec l'impression de t'être fait émotionnellement arnaquer, comme si on t'avait projeté la vie d'un chaton-mignon avec des zolies images et de la musique hype : tu sais pas trop si le flingue du pathos était braqué sur le chaton ou sur ta tempe.
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Je sais, c'est confus.
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