Hier on a vu I'm not there et, comment dire, on n'y était pas non plus. C'est superbe, virtuose, très bel objet, acteurs formidables, clap-clap, à exposer dans toutes les bonnes salles d'art contemporain. Le souci de ce kaleïdoscope qui se targue de brasser 20 ans d'histoire américaine et 20 ans de Dylan, c'est qu'il ne sort pas vraiment du montage malin pour raconter une histoire, une vraie. Comme je l'ai compris, c'est précisément le sujet du film : I'm not there, Dylan n'est jamais où on l'attend, l'Amérique est une mosaïque disparate plus qu'un ensemble fini et résumable, et tout ça sent l'arnaque à plein nez, tant pis pour ceux qui y croient et qui veulent y plaquer leurs propres fantasmes. Sauf qu'in fine on a l'impression de regarder un tableau impressioniste de trop près, et les patés de couleur ne font pas sens. Pas s'empathie non plus avec des incarnations qui se succèdent trop souvent comme dans un tunnel de clips, avec des transitions qui cherchent plus l'effet que l'idée.